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Censier à Champion, du château et de la ferme de la Chairesse à Saint-Marc, à Cognelée, échevin de la Haute Cour de Saint-Marc au moins de 1755 à 1769, bourgeois de Namur le 23 novembre 1765

Jean-François de TRY (DETRY) dit Jean-François le Jeune de TRY, censier de la petite Cense à Champion en 1770 contenant environ 55 hectares puis censier du château du Château de Saint-Marc et conjointement de la ferme de la Chairesse en ce lieu, propriétaire à Saint-Marc et à Cognelée, échevin de la Haute Cour foncière de Saint-Marc au moins de 1755 à 1769, années au cours desquelles il intervient pour l’assiette de la taille du lieu, bourgeois de Namur le 23 novembre 1765, bourgeois de Saint-Marc en 1783, adjudicataire pour assurer la propreté des rues et des places publiques de Namur, adjudicataire pour assurer l'entretien et la réparation des chemins, ponts et pontelets de Saint-Marc au moins en 1770 et 1773 à chaque fois pour une durée de trois ans et pour un montant de 400 florins, caporal de la Patrouille de Saint-Marc en 1770 et 1771 aidé en sa tâche par son domestique, baptisé à Champion le 8 août 1735, décédé à la ferme de la Chairesse à Saint-Marc le 1er septembre 1827, épouse à Noville-sur-Mehaigne le 11 août 1764 Marie-Françoise LADURON, baptisée à Noville-sur-Mehaigne le 17 décembre 1741, décédée à la ferme de la Chairesse à Saint-Marc le 20 mars 1814, fille de Jacques-Bernard, fermier propriétaire, censier du château-ferme de l'abbaye de la Ramée à Jodoigne au moins de 1725 à 1739, échevin de la Haute Cour de Justice de Noville-sur-Mehaigne, et de Marie-Catherine Guyot.

Censier à Saint-Marc

Tout comme son père, son grand-père, son arrière-grand-père, Jean-François Detry est fermier. L’on sait que son père, Jacques (1708-1793) époux de Marie-Agnès de Hucorgne, descendante de Rassar de Hucorgne, homme de loy et de lignage (1408, 1418 et 1419), mayeur de Warêt-la-Chaussée, échevin de Marchovelette et lieutenant bailli de Wasseige, est fermier de la cense de Crolcu à Warêt-la-Chaussée et de celle de la Montagne à Champion connue sous le nom de Ferme Detry, où il est par ailleurs propriétaire, expert agricole pour la Haute Cour de justice de Bouge, bourgeois de Namur le 3 décembre 1734 et bourgeois de Cognelée ; on ignore par-contre s'il exploite, ce qui est probable, d'autres fermes, et notamment à Saint-Marc où son propre père, Mathieu, y occupe la ferme de la Tour. Cette dernière est toutefois reprise par Nicolas et Jean-François Detry, autres fils de Mathieu, et passe ensuite aux descendants de Nicolas, les Lambotte.

Dès 1761, Jean-François Detry, aîné de neuf enfants, s'acquittent avec ses frères des charges envers le desservant de Frizet qui précise : par compte fait avec Jean-François Detry, tant pour ce qu'il avait labouré et charrié pour moi que ce qu'il m'avait donné à bon compte avec ses frères, je lui ai payé jusqu'à la St-André 1760, ce qu'il promet de me reconnaître. Lancé dans l'agriculture, c'est assez tôt, à Saint-Marc, que Jean-François prend une exploitation. En effet, dès le 21 janvier 1764, il se présente devant le notaire Douxchamps à Namur, avec l'assistance de son père, et prend à bail la cense de la Chairesse appartenant à Mademoiselle de Lemède, pour un terme de neuf années. Cette cense est dite Petite cense en regard de celle du château.

Jean-François de Try en est renseigné comme étant le censier dès 1764, car avant cela c'est le sieur Nicolas Motteau qui l'occupe. Il s'engage à labourer toutes les terres et à entrer dans la cense, équipé de tout le nécessaire, et avec de bons chevaux en nombre suffisant. Il ne pourra laisser aucune terre en friche sous prétexte quelconque. Il s'engage en outre à fournir chaque année un demi cent de bon charbon, de terre, dont il fera cuire de la chaux en tirant les pierres et faisant à cet effet l'ouverture de la carrière telle et si difficile qu'elle puisse être. Il sera seul redevable de payer toutes tailles, aides, subsides, et autres impositions quelconques ordinaires et extraordinaires comme aussi de supporter seul tous logemens ou séjours, passage et repassage des gens de guerre, en ce compris les rations en nature, exigées. Il s'engage encore à payer tous les cens, chapons et rentes tant en grains qu'en argent, affectées sur ladite cens, et ce notamment aux domaines de Sa Majesté, ainsi qu'au prévôt de Saint-Aubain et aux Croisiers, de Namur. La propriétaire se réserve en outre les ressources en mines de plomb sur les terres de la cense. Il est en outre prévu que Jean-François ne pourra permettre à ses gens ou domestiques ou autres d'habiter dans les écuries, étableries et granges pendant l'obscurité autrement qu'avec une bonne lanterne bien fermée, sous peine de répondre du feu qui pourrait s'y occasionner par sa négligence ou celle de ses gens.

Il a par ailleurs la charge tous les ans du relèvement des fossés et de la réparation des chemins, tout en jouissant de tous les bâtiments de ladite cense, des prairies, jardins, closières, pachis en dépendant, ainsi que de la dépouille des arbres à fruits et de tous les grains généralement procédant du labour. Pour ce faire, il verse un loyer de 350 florins, s'engageant encore de faire annuellement six corvées avec ses chevaux et chariots pour le compte de la propriétaire, et il marque enfin son accord sur le fait de ne pouvoir prendre à son service des valets et domestiques ivrognes et fumeurs de tabac. Il achète aussi régulièrement des lots de raspes tant lors des ventes organisées à la Taille d'Arville qu'au Bois Bioqui.

Un mariage dans son environnement

Le 11 août 1764, il épouse à Noville-sur-Mehaigne Marie-Françoise Laduron, dont le père, échevin à Noville-sur-Mehaigne, exploite la ferme de l’abbaye de la Ramée à Jodoigne, magnifique domaine aujourd'hui classé dont la grange dîmière comportant quatre nefs et neuf travées est considérée comme la plus grande du pays, attestant de l'importance des lieux, et est issu d’une famille d'importants fermiers, échevins et maires de Hesbaye dont on ne compte plus les propriétés agricoles occupées : la cense du Pré à Leuze-Longchamps, les fermes de Warfusée à St-Georges et de Golzinnes à Bossière, la cense de l'abbaye à Boninne, le Moulin de Taviers, etc. Sa mère, Marie-Catherine Guyot appartient à une famille prépondérante de Noville-sur-Mehaigne, où elle donne des échevins, et y fait relief de la brasserie lui appartenant. Selon le Chevalier de Kessel, dans sa publication Namur et sa noblesse officielle et non-officielle, une branche de cette famille descend, via les Sarton, des d'Harscamp et peut prétendre à faire partie du conseil de famille ayant la collation des vacatures à l'hospice d'Harscamp.

L’oncle de Marie-Françoise Laduron, Laurent Guyot, décédé en 1782, censier de la ferme de Juppleu, puis de Rhion, à Leuze fait construire la chapelle de la Vierge, proche de la ferme et du château. Il est le père de Jean Guyot (1744-1798) époux d’Amélie Baugniet, le grand-père du Major Maximilien Guyot (1786-1863) époux de Jeanne Olivier, et l'arrière-grand-père d'Eugène Guyot (1820-1875), fondateur de l'imprimerie bruxelloise de ce nom en 1856, qui épouse la comtesse Mélanie de Looz Corswarem. Sa fille, Jeanne Guyot (1848-1903) s’allie au comte Louis-Désiré de Looz Corswarem, capitaine commandant d'artillerie, lieutenant-colonel de la Garde civique de Saint-Josse-ten-Noode, et compte une descendance dans les Looz Corswarem, Pirmez, etc. On le voit, l’environnement dans lequel évolue Jean-François de Try et Marie-Françoise Laduron est celui des grandes fermes, des fonctions scabinales, des alliances dans des familles semblables voire comme pour les Guyot dans l’aristocratie locale.

Les activités de Jean-François

Les activités de Jean-François, hors de son exploitation agricole, sont régulières et rien qu'en 1770, il paie à plusieurs reprises les droits de barrière à Champion, tantôt pour se rendre à Louvain ou Namur, attelé de cinq chevaux ou encore à Villers et Namur avec un chariot attelé de deux charrettes. En 1778, il paie diverses rentes à l'église de Frizet en tant qu'occupant de ladite cense dont les archives de la famille del Marmol nous apprennent que les terres couvrent en 1715 soixante-cinq bonniers et journaux lors de l'achat par le sieur Nicolas de Lemède. La même année, il fait également le commerce de bois et achète onze arbres marqués trois coups hauts et un bas à Saint-Marc. Le 26 décembre 1779, Jean-François atteste : je sous-signé déclare avoir reçu de M. Delemède (sic), prévôt de Walcourt, et de Mademoiselle sa sœur, quarante-huit florins qu'ils ont bien voulu me donner pour me désintéresser de la traite de la mine de fer et autres dégâts faits jusqu'à présent dans les terres de la cense de la Cheresse (sic) dont je suis fermier, au moyen de quoi je n'ai plus aucune prétention à former, sinon qu'il est convenu qu'annuellement, il me sera déduit de mon rendage, douze florins pour ultérieur dédommagement de la perte à souffrir par remplacement de laditte minne (sic) et pour la première fois, le quinze de may de l'an prochain. La même année, ils acquièrent des terres à Saint-Marc joignant du midy au bois des Croisiers.

Représentant de la communauté villageoise

Le 26 novembre 1783, Jean-François est mandaté par la communauté villageoise de Saint-Marc pour que le seigneur du lieu fasse abattre un mur qui empêche l'accès à l'abreuvoir public. Le 3 juillet 1784, il se présente avec son épouse devant le notaire Martin à Namur où Pierre de Lemède, prévôt de Walcourt, et sa sœur Marie-Constance, déclarent avoir remis à ferme qu'ils font par cette, à Jean-François Detry et Marie-Françoise Laduron, son épouse, leur ferme nommée la Chairesse, au village de Saint-Marc, pour en jouir un terme de neuf ans consécutifs, qui prend court le quinze de may dix-sept cent quatre-vingt-cinq. Les conditions sont semblables à celles de 1764, sauf une majoration du loyer porté à 450 florins de Brabant. Jacques Detry, censier résident à Crolcu, père et beau-père auxdits acceptans se porte caution pour ses enfants.

Les réquisitions ruineuses pour le fermier

Une trace est trouvée de l'occupation de la ferme par les mêmes, moyennant deux cents florins d'augmentation, payables pour la première fois à la St-Jean-Baptiste le 5 janvier 1796. La convention est signée par Jean-François Detry et la signature de Marie-Françoise Laduron se fait incertaine, ce qu'elle n'était pas auparavant. Le 27 mai 1790, le mayeur du village de Saint-Marc atteste qu'il a dû ensuite d'un ordre supérieur en datte du 19 may de cette année fournir pour le service patriotique la quantité de dix chevaux aux casernes de cette ville et que Guillaume Quinot en a fourni quatre, Charles Ippersiel trois et Jean-François Detry, trois. Un mois plus tard ce sont quatre chevaux que Jean-François, en tant que principal censier du lieu, doit fournir, attelés à un chariot là aussi pour le service de l'armée Belgique. On comprend que ces réquisitions permanentes, qui s'accompagnent de fournitures de denrées, de logements de soldats et de paiements de sommes en argent ruinent progressivement les agriculteurs.

Jean-François et Marie-Françoise Detry poursuivent vraisemblablement l'occupation de la ferme de la Chairesse sans discontinuer, car le 8 thermidor de l'an X, soit le 27 juillet 1802, un nouveau bail est conclu devant le notaire Malisoux, de Namur, entre le receveur Jacquet, mandaté par Mademoiselle de Lemède, et Jean-François et Marie-Françoise. Les conditions pratiques d'occupation, énumérées tout au long de 34 articles, restent sensiblement les mêmes que celles conclues dans le bail de 1784, avec toutefois des desiderata nouveaux tels que lesdits acceptants devront tous les ans faire chercher à Louvain deux cents mesures de terre de Hollande pour être semées sur les terrains de ladite ferme, en faisant conster chaque année par quittance de s'être acquittés de cette obligation. Ils jouiront des saulx et orneaux excroissants dans la prairie de Bricniot, à condition néanmoins qu'ils garniront bien les bords du ruisseau par des plançons de saule ; ils profiteront également des saules plantés le long des chemins près de la chapelle de la Tourlourette, l'un dit le grand chemin de Louvain et l'autre celui des morts.

Ils s'engagent encore à faire conduire en outre avec leurs chevaux la voiture de ladite de Lemède, tant et quante fois, qu'elle ou ses gens d'affaires le requèreront. Le loyer a doublé depuis 1784 et est fixé à neuf cents florins Brabant ou seize cent trente-deux francs soixante et cinq centimes de France. Le paiement se fera à Namur, au domicile dudit Jacquet, qualitate qua, en bon or et argent de France ou de Brabant et non en pièces de Luxembourg, ni en petites monnoyes ou papiers publics quelconques. Tous les frais liés au bail et les diverses charges y relatives s'élèvent en outre à deux cents et soixante francs par an. Pour garantir le bail, les preneurs obligent solidairement leurs biens meubles et immeubles au titre d'hypothèque, condition sine qua non du présent bail. On le constate, les conditions de bail pourtant déjà sévères, se sont durcies, allant jusqu'à imposer aux locataires l'hypothèque de leurs biens meubles et immeubles, et il est probable que les difficultés de plus en plus grandes rencontrées alors par les fermiers laissent craindre au propriétaire des manquements de loyer.

Chargé de la propreté des rues de Namur

Fin XVIIIe, Jean-François soumissionne, avec différents autres agriculteurs du Namurois pour faire assurer par ses gens, la propreté des rues de Namur. Un placard est publié et affiché à cet effet, précisant :

Les maire et officiers municipaux de la commune de Namur, considérant que tous les moyens employés jusqu'ici à l'effet de pourvoir à la propreté des rues et des places publiques de cette ville, ont été infructueux, et qu'il est plus que tems d'empêcher l'infection, et de prévenir les maladies épidémiques qui seront le résultat infaillible de la mal-propreté, ont arrêté ce qui suit, après avoir ouï l'agent national de la Commune, et sous l'agréation du Citoyen Favereau, Général de Division, commandant Namur et son arrondissement.
Article I : Qu'en attendant qu'il ait été pris des arrangements stables pour faire transporter les immondices de cette Ville par des citoyens qui se chargeront de l'entreprise, il a été résolu d'accepter l'offre et la soumission qui a été faite par les citoyens Piron, Denison, Begon, Gilbert, Destrée, Gerard, Detry et Decoster, tous fermiers résidants (sic) dans la banlieue de cette Ville, de se charger du transport desdites immondices gratuitement jusqu'au 25 ventose prochain.
Article II : Qu'en conséquence, et pour que cette besogne ne devienne pas onéreuse pour eux, qu'au contraire ils puissent retirer de leurs peines les avantages qu'ils ont droit d'en attendre pour le bien de l'agriculture, il est défendu à tous et un chacun d'enlever ou de faire enlever aucune partie d'immondices, cendres ou engrais quelconques réservés auxdits repreneurs, à peine de dix livres d'amende pour chaque contravention qu'on se permettroit à leur préjudice.
Article III : Que ces repreneurs ayant contracté la stricte obligation d'enlever journellement ces immondices, cette Ville seroit (sic) divisée en huit quartiers ou cantons, et qu'ils auront huit commissaires pour veiller à ce que les rues et les places publiques soient exactement balayées, et huit citoyens pour annoncer l'heure de cette opération qui devra se faire journellement et à l'instant qu'on entendra le son de la clochette, dont chacun de ces huit citoyens sera porteur.
Article IV : Les huit commissaires dénommés sont les citoyens Derroy, Piret, Linart, Collart, Voiturons, Muset, Casmand et Farine ; les huit sonneurs sont huit hospitaliers du grand hôpital.
Article V : Il est défendu à tous et un chacun d'apporter le moindre trouble ou empêchement dans les fonctions respectives qui leur sont attribuées, à peine de cinq livres d'amende pour chaque contravention.
Article VI : Lesdits sonneurs devront se trouver journellement à huit heures précises du matin munis de leur clochette, au commencement des quartiers qui leurs seront désignés et les parcourir d'un bout à l'autre, en sonnant de manière qu'ils soient entendus d'un chacun.

Fermier, entrepreneur, marchand de bois, Jean-François ne ménage pas ses peines pour compléter ses revenus d'agriculteur dont on sait, et d'autant à cette époque, comme ils peuvent être aléatoires. Régulièrement, il s'acquitte des diverses rentes qui frappent la cense qu'il occupe, que ce soit, le 3 juin 1803, où le sieur Delchambre déclare avoir reçu du sensier Detry, la somme de 81 francs et 9 sols et demi pour l'an onze, ou en messidor de l'an XII où le même atteste avoir reçu cent muids d'épeautre et neuf muids d'avoine et rente en argent pour un canon de rente sur la cense, alors que le receveur du sieur de Lemède atteste avoir reçu du citoyen Detry soixante-cinq francs soixante-six centimes pour prorata d'une rente de 7 muids d'épeautre, neuf muids un stier d'avoine et trente-deux sols argent de Brabant, provenant de l'ancien gouvernement.

Le 13 août 1808, Jean-François et Marie-Françoise Detry renoncent anticipativement, après huit ans, à la location de la ferme de la Chairesse, par la déclaration suivante : nous soussignés Jean-François Detry et Marie-Françoise Laduron, conjoints fermiers en la ferme ditte la Chairesse, située à Saint-Marc-lez-Namur, appartenante à M. et Mme Delmarmol à titre de la succession de feue Mademoiselle Delemède d'Hermoye, leur tante, déclarons pour éviter frais, de amiablement renoncer à laditte (sic) ferme et à l'exploitation d'icelle pour en sortir et l'abandonner le quinze may dix-huit cent et onze après huit années de bail.

Curieusement, de 1811 à 1813, il est rédigé des Etats des nourritures fournies par ordre de Monsieur del Marmol aux ouvriers, jardiniers et domestiques de son fermier Detry à Saint-Marc. Il semble donc que le congé de la ferme de la Chairesse n'a pas été mis à exécution, ce qui paraît confirmé, par un nouveau bail conclu par les intéressés, le 22 mai 1812, par-devant Henry Chantraine, ancien notaire demeurant à Wasseiges et mandé par Charles-Aloïs del Marmol. Les conditions restent quasi inchangées, si ce n'est que s'ajoute la charge pour les fermiers de nourrir, pendant l'absence du propriétaire, le jardinier ou le chasseur dudit château. Le bail est passé au château de St-Marc, approuvé et signé par Jean-François mais non signé par Marie-Françoise, qui déclare ne plus savoir écrire, ce qui atteste les problèmes de santé pressentis auparavant. Elle décède en effet deux ans plus tard, âgée de septante-trois ans.

Est joint au bail conclu le dénombrement des terres réunies à la ferme, et qui fixe la superficie à cinquante-sept bonniers. Le 1er mai 1817, Jean-François, alors veuf, reprend en location avec son fils Charles la ferme du Château, dite indifféremment grande cense ou château, et qui comprend environ cent-vingt-huit bonniers. Il en était déjà locataire de manière concomitante avec la cense de la Chairesse, car le bail utilise en effet la formule déclare remettre en location au profit de (Jean)-François Detry, père, et au profit de son fils, Charles Detry (...), mais nous ne savons depuis quand. Ce sont donc environ cent-soixante hectares qu'il cultive alors. Dix ans plus tard, Jean-François s'éteint à la ferme de la Chairesse, le 1er septembre 1827, à l'âge fort avancé de nonante-deux ans. Nous ignorons quelle a été sa succession, malmenée par les vicissitudes de l'époque. Seuls sont conservés dans les archives familiales deux feuillets marqués M. Detry et signés de Jean-Baptiste Fallon-Piron, orfèvre à Namur, et faisant état de pièces d'argenterie figurant dans la succession. Inventoriées parmi d'autres lots de mobilier dont nous n'avons pas connaissance, deux parts sont réalisées à partir de plats, chandeliers, écuelle, cafetière, huilier, couteaux et boîte de toilette. Philippe-Edgar Detry possède un plat en argent XVIIIe portant encore au revers une étiquette avec le numéro 6, correspondant audit inventaire. Sur deux autres feuillets portant une autre écriture, il est aussi question de couverts, d'un moutardier avec pot en bleu, de salières, d'une paire de boutons de chemise, d'une montre d'or, d'une paire de boucles et de deux bénitiers. Nous ignorons si ces pièces proviennent de la famille Detry ou des Laduron occupant à la Ramée une position enviable ou encore de la famille de Vergnies dont descend, par les Guyot, Madame Jean-François de Try.

Jean-François et Marie-Françoise de TRY (DETRY) ont huit enfants et une très large descendance, largement évoquée dans nombre de notices.

Galerie de photos et de documents


P.-E. Detry, La famille namuroise Detry, autrefois de Try. Cinq siècles d’histoire, Namur, 2015, pp. 496-502 ; Archives de la famille Detry ; Archives de la famille del Marmol détenues par le baron Yvan de Moffarts (1932-2021), ferme de la Tour à Saint-Marc ; AEN, Communes d'Ancien Régime, numéros 1902-1905, 489-490. AEN, Registre aux bourgeois de Saint-Marc (Jean-François de Try y relève la bourgeoisie, ce qui signifie que son père l'était aussi). AEN, Archives ecclésiastiques, numéro 2141 (Frizet), numéro 3462 ; AEN, Protocoles notariaux, n° 2693. AEN, Archives de la Ville de Namur, Placards communaux, XVIIIe publié par le Magistrat de la Ville, numéros 43-48 ; Recueil de travaux d’histoire et de philologie, UCL, 1980, p. 235 ; J-F. Houtart, « Les André-Dumont. Des minerais aux minéraux » in Le Parchemin, juillet-août 2025, p. 316.


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