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Maître de carrières : inhumé dans l'église de Lives-sur-Meuse

Le village de Beez et l'église de Lives-sur Meuse où la pierre tombale de Jean junior de Try subsiste. Gravure de Jan De Beyer, 1740
Le village de Beez et l'église de Lives-sur Meuse où la pierre tombale de Jean junior de Try subsiste. Gravure de Jan De Beyer, 1740

Jean junior de TRY, maître de carrières et marchand à Brumagne dès 1685 en association avec Jean-Baptiste de la Fontaine, marchand de bois à Beez, propriétaire à Beez, mambour du Très Saint-Sacrement à Lives-sur-Meuse, bourgeois de Namur le 4 octobre 1670, baptisé à Lives-sur-Meuse le 26 février 1641, y décédé et inhumé dans l'église 24 octobre 1709, y épouse le 16 janvier 1667 Marie-Françoise MINET, baptisée à Lives-sur-Meuse le 2 août 1629, décédée à Beez le 3 novembre 1717, fille de Georges et d'Hubertine Buret. Sans descendance.

Fils de Jean senior de Try, propriétaire du « Grand Trieu » et censier du sieur de Jamblinne à Beez, bourgeois de Namur le 16 octobre 1629, probablement né à Boninne à la fin du XVIe siècle, décédé à Beez (Lives-sur-Meuse) le 12 avril 1660, et de Jeanne Buret, y décédée en 1659, jean junior de Try est leur cinquième sur dix enfants parmi lesquels le chanoine de la collégiale Notre-Dame à Namur Guillaume de Try, Thomas de Try, bourgeois de Namur le 25 juin 1669, auteur de la première ligne de la famille, et Pierre de Try, bourgeois de Namur le 19 juin 1686, auteur de la seconde ligne de la famille.

Maître de carrières à Lives associé à Jean-Baptiste de la Fontaine

Procès entre Jean junior de Try et Jacqueline de la Perle, 1696
Procès entre Jean junior de Try et Jacqueline de la Perle, 1696

Marchand de bois mais aussi maître de carrières, Jean junior de Try s'associe en 1686 avec Jean-Baptiste de la Fontaine, petit-fils d'Henry, seigneur de Maizeret, qui épouse en 1673 Jacqueline de la Perle, fille d'Etienne et d'Anne Cuvelier, nièce de Nicolas Cuvelier, seigneur de Boneffe et de Sorinnes, et échevin de Namur. Le contrat passé devant le notaire Matholet le 14 octobre 1685 entre les associés la Fontaine et de Try et des maîtres tailleurs de pierre pour l'extraction des pierres de la Falize dite « Au Jetoy » entre Brumagne et Lives, a été analysé en profondeur par l’historien Jean-Louis Van Belle. L'association porte sur l'exploitation des « falizes » entre Lives et Brumagne ainsi que le commerce de pierres de tailles par bateaux, mais un long procès intervient ensuite entre eux, en 1696, alors que Jacqueline de la Perle est veuve. Les témoins appelés signalent bien se souvenir que « Jean-Baptiste de la Fontaine, venait chez ledit de Try au lieu de Bay où il demeurait. Parfois deux ou trois jours pendant lesquels ils alloient ensemble auxdites carrières prendre garde à ce qui s'y passoit et comme le déposant demeuroit pour lors chez ledit de Try en qualité de son valet, il a très souvent entendu lesdits Lafontaine et de Try, après qu'ils étaient retournés auxdites carrières, parler du commerce qui s'y faisoit come d'une chose qui les touchoit tous deux et regardait en commun ». Le procès dure plus de trois ans. Jean de Try semble assez procédurier car en 1690, c'est un procès, qu'au nom de la communauté de Beez, il soutient devant le Conseil provincial, contre Gaspar Wodon, « fermier du Coup du baston ».

Inhumé dans l'église de Lives-sur-Meuse

Le 2 septembre 1709, Jean de Try teste devant le curé de Lives qui signale qu'il a assisté « personnellement Jean de Try, de Beez, gisant au lit malade, néanmoins dans ses bons sens mémoire et entendement, lequel considérant qu'il n'y a rien de plus certain que la mort et de moins certain que l'heure d'icelle, et ne voulant mourir ab intestat, a fait son testament et déclaré sa dernière volonté. (...) Premièrement après avoir recommandé son âme à Dieu, son créateur, à la bien heureuse Vierge Marie, à Saint-Jean, et à Saint-Quentin, ses patrons, quand elle partirat de ce monde, il choisit la sépulture de son corps dans l'église paroissiale de Lives, voulant que ses exeques y soient faites honestement selon son estat ». Il laisse sa maison d'habitation à sa femme et si celle-ci meurt avant sa belle-mère la maison lui retournera. A charge toutefois par elle ou ses ayant droit de payer à perpétuité à l'église de Lives une messe solennelle avec bénédiction, en leur souvenir. Il laisse par ailleurs à son épouse le reste de ses biens pour qu'elle en dispose au mieux.

Marie-Françoise Minet fait approuver ce testament par la Haute Cour de Namur en 1715. Décédés successivement en 1709 et 1717, ils reposent sous une pierre tombale encastrée dans le pavement de l'église de Lives et porte l'épitaphe ci-dessous accompagnée d'une croisette au sommet et d'un crâne à la base, de marbre blanc incrusté : « Icy reposent les corps de Jean De Try, en son vivant mambour du Saint-Sacrement, décédé le 24 octobre 1709 et Marie Minet, son épouse, décédée le 3 novembre 1717, et de Théodore Delwiche, bourgeois maître tailleur de pierres, décédé le 9 juillet 1766 âgé de 81 ans et Marie-Françoise Close son épouse décédée le 17 novembre 1764 âgée de 82 ans ».

Théodore Delwiche sans doute nommé aussi « Thiry » qui repose aux côtés du couple de Try doit être un proche parent et sans doute le neveu de Marie-Françoise Minet car le 27 novembre 1747 « Thiry » Delwiche, bourgeois de Namur et propriétaire à Beez, et son épouse Marie-Françoise Close, neveu et nièce de Jean de Try et Marie-Françoise Minet, se présentent devant la Cour foncière de Beez, pour céder à leur neveu Jean-Jacques Delwiche les biens hérités de la famille de Try « au titre de la charge presbytérale dudit Delwiche ». En outre leur parent, « Messire Barthélémy-Joseph Close, Chanoine de la collégiale de Namur », affecte une rente au profit de Jean-Jacques Delwiche, sur une demeure lui appartenant rue Notre-Dame à Namur. Les Delwiche, fournissent des pierres pour l'église et le cimetière de Lives.

Galerie de photos et de documents


P.-E. Detry, La famille namuroise Detry, autrefois de Try. Cinq siècles d’histoire, Namur, 2015, pp. 53-55 ; AEN, Beez au XVIIe, Cartes et plans manuscrits, numéro 354 ; AEN, Enquêtes du Conseil provincial, numéros 8169 et 8187 ; AGR, Appels de Namur, particuliers en 1699, numéro 3938 ; AEN, Echevinages de Beez, numéro 696 ; AEN, Enquête 7908 du Conseil provincial, juillet, août et septembre 1690. Sur la dalle de Jean de TRY (DE TRY) toujours visible dans l’église de Lives-sur-Meuse, voir OGHB, Fonds Huart (verbo TRY) ; Répertoire photographique du mobilier des sanctuaires de Belgique, Province de Namur, canton de Namur, I, Bruxelles, 1982, p. 35 ; J.-L. Van Belle, « Aspects économiques et sociaux de l'exploitation d'une carrière namuroise à la fin du XVIIe siècle » in Annales de la Société archéologique de Namur, 1983, pp. 96-113 ; H. Kockerols, Monuments funéraires en pays mosan. Arrondissement de Namur, Fleurus, 2001, p. 318. Sur les La Fontaine associés aux de Try, voir Le Fonds Albert Huart, in Le Parchemin, Bruxelles, 1991, pp. 103-104 ; B. La Fontaine, « La famille de Servais-Joseph Lafontaine, greffier du magistrat de Namur » in Le Parchemin, 1994, pp. 386-400 ; sur les Delwiche, voir : AEN, Echevinages de Beez, numéro 697 ; AEN, Archives ecclésiastiques, numéro 613 ; J.-L. Javaux, « Un presbytère en vallée de Meuse : Lives (1775) » in De la Meuse à l'Ardenne, 2002.


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