« Mon époux, j'irai où tu me conduiras, dans l'exil, dans la misère, si tu le veux. »
Alphonse Karr
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Auguste DETRY, fermier à Warisoulx puis à Villers-la-Ville et à Basse Heuval et enfin fermier de la ferme du château de Blérancourt (Aisne-France), né à Warisoulx le 9 mars 1854, décédé à la Ferme château de Blérancourt le 30 août 1922, épouse en 1) à Mehaigne le 27 juillet 1887 Sylvie STREUVE, y née le 29 avril 1861 [1], décédée à Warisoulx le 10 mars 1889, fille de François-Paul, fermier à Mehaigne, et d'Anne-J. Meunier, épouse en 2) à Daussoulx le 2 juin 1898 Marie-Joséphine GERARD, y née le 14 avril 1865, décédée à Chauny (Aisne-France) le 25 mai 1954, fille de Pierre-Joseph, fermier à Daussoulx, et de Pauline Hougardy.
Frère d’Alexandre Detry (1849-1914), directeur de l'École primaire communale de Chênée de 1879 à 1913, commune où un Prix DETRY est créé en 1914, Auguste Detry comme son frère Charles se consacre lui à l’agriculture à l’image de ses ancêtres tant paternels que maternels. Veuf moins de deux ans après son mariage et avec une petite fille d'un an, Auguste Detry engage comme gouvernante pour s'occuper d'elle, la fille d'un ami fermier, Joséphine Gerard. La jeune fille a vingt-quatre ans et s'attache à la jeune orpheline. Elle devient une mère de substitution et une maîtresse de maison parfaite. Et ce qui devait arriver, arriva, quelques années plus tard, fin 1891, Joséphine Gerard est enceinte. Le scandale éclate et toutes les portes se ferment au jeune veuf y compris celles de sa famille. Le fils né de cette union illégitime, Léon, voit le jour sous le nom de sa mère. En 1898, il vit à Daussoulx avec elle car elle a dû quitter Auguste Detry, une fois enceinte de lui. Il faut près de six ans à Auguste pour convaincre notamment sa mère d'épouser la mère de son fils et de le légitimer. Il y parvient mais la condition est de quitter Warisoulx où la famille réside peu de temps sous l'oeil réprobateur de tous, et de reprendre la gestion d'une ferme dans le Brabant wallon, à Tilly près de Villers-la-Ville. Ils quittent le lieu en 1913 pour Temploux et dès mai 1914, ils s'installent en France.
Nous ignorons en revanche, et sa descendance également, le motif de son installation dans l'Aisne en France où les siens vivent aujourd'hui encore. Une chose est certaine, Auguste Detry coupe les ponts avec les siens qui l'ont jugé sévèrement et il n'est pas impossible que son installation en cette terre d'accueil soit un exil définitif. Il prend en location la ferme du très beau domaine de Blérancourt, bâti au XVIe siècle sur les plans de l'architecte Salomon de Brosse pour les ducs de Gesvres, propriété fortement endommagée et nationalisée lors de la Révolution française. Installés dans cette propriété à l'aube de la Première guerre Mondiale, dont on sait les plaies qu'elle cause dans cette région, ils ne sont pas épargnés par la fureur guerrière. Le château est à nouveau meurtri mais néanmoins reprit sur la liste des bâtiments historiques, et restauré à partir de 1924. La ferme contiguë au ravissant pavillon d'entrée de gauche fait elle aussi partie de l'ensemble entièrement voué aujourd'hui au Musée national de la Coopération franco-américaine. Malgré ces mésaventures dans son pays d'origine, Auguste Detry conserve sa vie durant, la nationalité belge.
Pour une raison qu'on ignore, Léon Detry qui a suivi ses parents en France, est à nouveau fermier à Daussoulx en 1916 puis à Aische-en-Refail l'année suivante [2]. On perd alors sa trace car les registres de Population de cette commune pour cette époque ont disparu et ses descendants ignorent ses pérégrinations successives. Il fait son service militaire sous les drapeaux belges et vraisemblablement peu de temps après la fin de la Première guerre vient seconder ses parents dans la ferme du château de Blérancourt qu'ils exploitent toujours. Dès lors, il ne quitte plus la France. Né en Belgique, mais résidant en France, Léon Detry fait de son épouse, Française, une Belge par mariage, car il est inconcevable pour la mère de Léon, Joséphine Gerard, de renier la Belgique, sa patrie... Léon Detry finit toutefois, à l'insu de sa mère, par prendre bien plus tard la nationalité française que ses enfants reçoivent par ailleurs par leur naissance sur le sol français. Sa descendance porte depuis lors cette nationalité. Cette branche de la famille Detry repose dans un caveau de famille au cimetière de Blérancourt.
De ses deux mariages successifs, Auguste DETRY eut une fille du premier lit, Joséphine Detry (1888-1977) épouse d’Emile Lesire, sans descendance, et du second, comme évoqué, un fils, Léon Detry (1892-1954), fermier de la ferme du château de Blérancourt puis fermier à Chauny, combattant 1914-1918 pour l'Armée belge ; ce dernier par son mariage à Hallennes-lez-Haubourdin (Nord-Pas-de-Calais-France) le 16 mai 1924 avec Berthe LAMBIN (1901-1983), compte des descendants dans la famille Liverneaux mais aussi au travers de leur fils Marcel Detry (1925-2018), fermier-propriétaire de la Ferme Detry à Ognes (Aisne-F.) époux de Viviane Fossier (1932-2019), collaboratrice bénévole pendant plus d'un demi-siècle du Centre communal d'action sociale d'Ognes, membre active du Syndicat agricole et de la Mutualité agricole du canton de Chauny, membre du Secours catholique, médaille vermeil du Travail, membre du club de bridge de Chauny participant à de nombreux tournois. Ces derniers sont les parents de Francis Detry, (°1954) ingénieur électromécanicien de l'École Centrale de Nantes (Loire-Atlantique-France) et les grands-parents de Claire Detry (°1977), maître en Génie logistique de la Faculté de Saint-Quentin en Yvelines (Yvelines-France), Céline Detry (°1977), jumelle de la précédente, ingénieur diplômée en Organisation et Gestion de la Production de l'Institut Universitaire de Technologie à Argenteuil (Val d'Oise-France), diplômée de L'École Supérieure de Logistique Industrielle à Redon (Ille-et-Vilaine France), et Blandine Detry (°1985), ingénieur de l'Université de technologie de Compiègne (Oise-France). Leur descendance respective porte pour certains le nom Detry accolé au nom du conjoint perpétuant en France l’exil de leur ancêtre.
P.-E. Detry, La famille namuroise Detry, autrefois de Try. Cinq siècles d’histoire, Namur, 2015, pp. 417-419.
[1] Née sous le nom de Meunier, fille d'Anne Meunier, légitimée par le mariage entre cette dernière et François-Paul Streuve à Mehaigne le 28 novembre 1866.
[2] Archives de la ville de Namur. Registre de Population.