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Industriel et bourgmestre de Gembloux : le dévouement dans l'adversité

Léon Detry

Hubert-Léon Detry dit Léon, industriel, propriétaire de la » Villa Detry » à Gembloux, propriétaire du moulin de Sart-Dames-Avelines, conseiller communal, échevin puis bourgmestre libéral de Gembloux, délégué du Commerce belge au Collège échevinal de Bruxelles pour la Bourse aux marchandises, président du Comité de Secours et d'Alimentation de Gembloux et membre du Comité provincial de Secours et d'Alimentation de Namur lors de la Première guerre Mondiale, président de la commission des logements militaires, membre de la commission des répartiteurs et experts pour la contribution personnelle, membre de la commission de la Police, des finances et de la bienfaisance, membre de la commission de l'éclairage public et de la distribution d'eau, membre de la commission pour l'érection d'une statue en hommage à Sigebert, commissaire aux comptes à la Banque Centrale de Namur (1879), actionnaire de la Société en nom collectif Detry, Everarts, Hambursin et Le Docte dit aussi Comptoir agricole de la Caisse Générale d’Epargne et de Retraite à Gembloux (1897), de la Société anonyme de banque, de dépôts et de crédit à Bruxelles « Comptoir du Centre », de la Société anonyme « Compagnie agricole de l’Ouest africain », de la Société anonyme « La sécurité de l’ouvrier » à Gembloux avec son gendre et les notaires Février à Sombreffe, cousins de Maximilien Detry, de la Société coopérative pour l’acquisition de la Récolte de la Province de Namur en 1915, de la Société coopérative pour favoriser les magasins communaux de la Province de Namur (1916), membre de la commission de surveillance des récoltes (1918), président de la société des Habitations à Bon Marché, actionnaire de la société des Auto-Transports [1], de la Maison libérale, des Habitations à Bon Marché et du Comptoir agricole de Gembloux, actionnaire de l'Union des Propriétaires belges, de « L’Africaine », banque d’Etudes et d’Entreprises coloniales, et de la Banque coloniale de Belgique, bienfaiteur de l’Hospice civil de Gembloux qui porte en façade son nom dans une pierre scellée (aujourd’hui Conservatoire de musique), médaille de 2ème classe du Comité National de Secours et d'Alimentation [2], né à Sombreffe le 10 décembre 1850, décédé à Gembloux le 3 septembre 1930, épouse à Walhain-Saint-Paul le 5 décembre 1882 Palmyre Philippe [3], née à la ferme du Chapitre à Boignée le 11 septembre 1857, décédée au château de Gembloux le 27 janvier 1937, fille de Victor, propriétaire de la ferme de Baudecet à Walhain-Saint-Paul, fermier à la ferme du Chapitre à Boignée autrefois propriété de la famille Mondez [4], bourgmestre libéral de Boignée, et d'Augustine Zebier (Zébière).

Un négociant prospère

Si le père de Léon, Antoine Detry (1816-1884) est devenu un négociant en grains prospère, il a commencé sa vie professionnelle dans la gendarmerie. A ce titre, Léon peut d’ailleurs être fier de son courage dans sa fonction première car lors d’un violent incendie qui se produit à Andenne le 10 juillet 1864, son père vole avec deux collègues au secours des sapeurs-pompiers « pénétrant dans le bâtiment qui brûlait et malgré l’immense danger que présentait la chute des tuiles et le bois de la charpente embrasée », ils « ont permis au commandant de la compagnie des pompiers d’Andenne de se rendre maître du feu ». Cette bravoure vaut à Antoine une mention honorable lors de la distribution des récompenses honorifiques décernées pour actes de courage, de dévouement et d’humanité qui a lieu dans le Temple des Augustins le lundi 25 septembre 1865 à une heure de relevée.

Ayant repris, et les développant considérablement ensuite, les affaires de son père, Antoine Detry (1816-1884), Léon Detry exploite à Gembloux un important commerce de grains, fournissant à ses voisins Descampe, propriétaires d'une malterie, une grande partie de leurs stocks. Léon soumissionne aussi pour des marchés publics et en remporte certains. Il est notamment fournisseur du ministère de la Guerre pour le froment nécessaire à la meunerie militaire d'Anvers [5]. En 1879, il est désigné avec Jules Douxchamps et Camille Henroz comme commissaire aux comptes de la Banque Centrale de Namur, et ils approuvent le bilan de l’année 1879. En vue de leur mariage, les futurs époux se présentent le 3 décembre 1882 devant Charles-Alexandre Debouche, notaire à Gembloux et cousin de Léon, afin d'établir leurs conventions matrimoniales, précisant qu'ils se font une donation mutuelle au profit du survivant de la pleine propriété des biens meubles et de l'usufruit des biens immeubles qui composeront la succession du pré-mourant, sans aucune exception. Est considéré comme acquêt de communauté, l'immeuble acheté par Léon le 24 novembre de la même année devant le notaire Gérard de Gembloux et financé en commun. Ce point administratif réglé, la cérémonie de mariage peut avoir lieu en présence d'Isidore Dricot, âgé de 56 ans, négociant, domicilié à Namur, oncle de l'époux, d'Émile Dupont, âgé de quarante-cinq ans, industriel, domicilié à Sombreffe, non parent des époux, de Nestor Philippe, âgé de trente-cinq ans, juge de Paix, domicilié à Charleroi et d'Omer Philippe, âgé de trente-trois ans, bourgmestre à Glabais, frères de l'épouse.

À l'occasion de leur mariage, Léon et Palmyre reçoivent en cadeau de la manufacture Pierard bien connue à Gembloux, vingt-quatre couteaux, douze grands et douze petits, en nacre et virole en argent, dont la lame en acier est marquée « Detry-Philippe », exemplaire personnalisé qui leur est offert. Le jeune couple s'installe à Gembloux et, en 1883 et 1884, naissent successivement un fils Victor et une fille, Léonie qui vient au monde trois mois jour pour jour après le décès de son grand-père paternel, Antoine Detry. En 1887, Léon Detry est le parrain de baptême de son neveu Léon Philippe. [6] Trois ans plus tard, il est porté, tout comme son cousin Jules Detry, directeur-gérant de la SA des Glaces d'Auvelais, sur la liste formée pour l'élection des membres du Tribunal de commerce de Namur. Il y est inscrit, pour Gembloux, aux côtés des tanneurs de Hemptinne et Gilisquet, des brasseurs de Lathuy et Docq, du distillateur Descampe, des banquiers Gailly et Misonne ou du fondeur de fer Cassart. De cette époque date un beau portait peint représentant Léon Detry, assis dans un fauteuil à tapisserie à haut dossier, son épouse debout, à l'arrière. Il a hélas disparu à la suite d’un déménagement. En 1893, Léon a la douleur de perdre à 39 ans son unique soeur, Clémence Detry, alors déjà veuve.

Le 28 décembre 1897, il constitue devant son cousin Charles-Alexandre Debouche, notaire à Gembloux (voir descendances féminines) la Société anonyme « Compagnie agricole de l’Ouest africain » avec notamment Eugène Le Docte, banquier à Gembloux, Mme Henri Le Docte née Mathilde Gomand, rentière en cette ville, Auguste Hermans-de Favereau, propriétaire à Genk, Eugène Everaerts, industriel et conseiller provincial à Blanmont ». Le siège social est établi à Bruxelles, et la durée fixée à trente ans. Quant à l’objet de la société, il vise au commerce et à l’élevage du bétail, toute opération concernant la production et le commerce de tous les produits de l’Afrique, les industries agricoles et les entreprises de transport. Le capital est fixé à 400.000 francs.

Le 9 juin 1900 devant le notaire Xavier de Lathuy à Gembloux, Léon Detry, Eugène Everarts, industriel et conseiller provincial à Chastres-Villeroux, Eugène Hambursin, avocat, ingénieur agricole et membre de la Chambre des Représentants domicilié à Namur, et Eugène Le Docte, banquier et candidat notaire à Gembloux, agissant ensemble comme seuls membres de la société en nom collectif Detry, Everarts, Hambursin et Le Docte constituée devant Maître Debouche, notaire à Gembloux, et cousin de Léon (voir descendance féminine) le 13 mars 1897 ayant outre la raison sociale, la dénomination de Comptoir agricole de la Caisse Générale d’Epargne et de Retraite à Gembloux où elle a son siège, aux fins de remplacer M. Le Docte retraité par M. Jules Bruyr, candidat notaire à Gembloux.

En 1916, il est très actif dans le ravitaillement de ses compatriotes et dans diverses sociétés à caractère social. Notamment en ce 25 août 1916 où il est actionnaire de la nouvelle société coopérative pour favoriser les magasins communaux de la Province de Namur créée devant le notaire Paul Jeanmart et qui a pour but la fabrication, l’achat et la vente de denrées de toutes natures nécessaires au ravitaillement de la population de la Province. Léon a la charge de localités précises qui sont Balâtre, Beuzet, Bossière, Bothey, Corroy-le-Château, Ernage, Grand-Leez, Grand-Manil et Ligny. Quant à son fils Victor, il est commissaire avec Jules Jacquet, ingénieur à Mons, de la Société anonyme « Gaz provincial » constituée à Gembloux le 1er février 1909. A Namur, le 25 janvier 1921, Léon Detry est encore administrateur avec MM. Higuet, Bologne, De Bay, de Thysebaert, Everard, Focquet, Wasseige de la Société coopérative pour l’acquisition de la Récolte de la Province de Namur constituée le 14 août 1915 pour gérer les vivres en temps de guerre, et qui est alors mise en liquidation. C’est le baron Albert d’Huart qui est désigné comme vérificateur aux comptes.

Un engagement dans la gestion communale

Industriel en vue, Léon est approché pour se porter candidat aux élections communales. Bien que catholique et pratiquant, il choisit pourtant le parti libéral. Très longtemps sous l'omnipotence de l'abbé comte de Gembloux, la population, depuis plusieurs décennies, penche en effet davantage pour les libéraux. Après les élections du 3 octobre 1903, Léon ainsi que Xavier de Lathuy et Maurice Le Docte sont élus « sans lutte » conseillers communaux. Xavier de Lathuy devient bourgmestre, Jean-Baptiste Detienne et Adolphe Damseaux sont désignés comme échevins et Léon, sous l'autorité du bourgmestre, est membre de la commission de la Police, des Finances et de la Bienfaisance au sein du conseil communal. Le nouveau bourgmestre ne manque pas de souligner les qualités de son prédécesseur, M. Docq, rappelant combien il a donné à sa ville natale. Il rappelle les changements si importants survenus depuis trente ans dans la commune, par l'établissement des routes notamment, qui ont vu fleurir de belles constructions, par l'établissement de marchés prospères favorisant le commerce et augmentant les revenus de la ville sans hausse d'impôts pour le citoyen.

Bref, conclut le premier magistrat : Gembloux est devenue une ville où l'étranger s'arrête, revient, s'installe. Poursuivant dans cette politique d'améliorations, le nouveau Conseil s'attaque à la problématique des égouts communaux et veille à améliorer l'éclairage public par le placement de réverbères nouveaux. Des études sont en outre demandées pour envisager l'opportunité d'installer l'éclairage électrique ou à l’acétylène. Un rapport est aussi commandé pour la restauration de certains bâtiments communaux. Afin de mieux cerner le problème d'éclairage public, une commission est établie le 8 avril 1904 et y sont désignés Léon et MM. Le Docte, Damseaux et Mélotte. Quatorze réverbères supplémentaires sont commandés, et il est par ailleurs prévu à titre de progrès technique, de relier par téléphone l'hôtel de ville au réseau bruxellois, à la condition que l'État prenne à sa charge les frais d'entretien en parfait état des toitures des bâtiments communaux occupés par les supports téléphoniques. En mai 1904, le Conseil reçoit communication d'un arrêté du bourgmestre interdisant d'urgence dans les rues principales la circulation automobile. Il examine aussi une pétition des négociants visant à demander que des taxes soient établies envers les colporteurs divers qui concurrencent déloyalement les commerçants locaux. Les taxes sont adoptées en juin. En juin et juillet de la même année, des projets d'extension aux lignes de chemin de fer vicinales sont envisagées, et le rachat de terrains au notaire Louis Ravet à Balâtre permet la construction rue de Coquelet d'une école gardienne. Aimant beaucoup la mer du Nord, et Ostende en particulier, Léon et sa famille y séjournent très régulièrement. Aimant les plaisirs mondains et la qualité des services qu'offre alors celle qui est la reine des plages, ils descendent dans les grands hôtels de la station balnéaire, l'Hôtel Royal du Phare, le Grand Hôtel de l'Empereur ou le Régina.

Le 19 août 1904 [7], Léon Detry et Alfred Mélotte sont désignés à huis clos pour faire partie de la commission appelée à choisir les répartiteurs et les experts de la contribution personnelle. Un mois plus tard, le conseil prend des mesures visant à taxer les serveuses des débits de boissons à raison de deux cents francs par serveuse. Cette mesure « s'impose dans l'intérêt de la moralité et de la santé publique » ! En septembre, il fait partie des délégués du Commerce belge en vue d’un entretien avec le Collège échevinal de Bruxelles à propos de la Bourse aux marchandises. Fin de l'année, c'est le dossier des festivités qui marquent les septante-cinq ans de l'indépendance de la Belgique qui est à l'ordre du jour. En mars 1905, et cela se répète ensuite, une taxe spéciale, ici de six cents francs, est imposée à l'usine Stévenart frères, Hambursin et Cie, pour les dégâts causés à la voirie communale par le transport des betteraves pendant la campagne sucrière 1904-1905. A la même époque, la problématique de la circulation automobile est à nouveau à l'ordre du jour. Il est rappelé que tout conducteur doit avoir dix-huit ans, que la circulation est interdite à toute voiture automobile ou motocycle dont le fonctionnement est incommode à raison du bruit ou de la fumée qu'il procure. Les automobiles ne sont finalement autorisées dans le centre de Gembloux qu'à condition que leur allure n'excède pas cinq kilomètres à l’heure ! Vitesse dite au pas de l'homme. En juillet 1905, le conseil de fabrique d'église demande à la commune des subsides pour la restauration de l'église. Le conseil décide de refuser une participation financière car le conseil de fabrique, qui disposait des fonds, a mal géré et a fait des dépenses somptuaires inadéquates : achat de tableaux, décorations, musique aux processions, etc. Si les dépenses ainsi faites avaient été consacrées à une réfection sérieuse des toitures, d'après un projet d'ensemble, celles-ci seraient depuis longtemps en parfait état. Au conseil du 15 mai 1906, Adolphe Damseaux annonce le décès de Xavier de Lathuy, survenu la veille à Grasse (Alpes-Maritimes). Avec l'assentiment de la famille, le corps est exposé à l'hôtel de ville la veille des funérailles qui sont organisées avec le concours de toutes les sociétés de la ville. Les réverbères sont allumés et voilés de crêpes et les cours sont suspendus dans les écoles communales. A la suite de ce décès, Léon devient échevin faisant fonction.

Une ville de province en plein développement

Quatre mois plus tard, c'est Gustave Docq, prédécesseur de Xavier de Lathuy, qui décède. Lorsque M. Docq décide de se retirer trois ans plus tôt, un hommage lui est rendu, mais ses bienfaits ne s'arrêtent pas là puisqu'en exécution de ses dernières volontés, les hospices de Gembloux sont dotés d'une somme de cent vingt-cinq mille francs et la commune d'une somme de cinquante mille francs, dont vingt mille francs pour le placement d'un bourdon dans le beffroi et trente mille francs pour l'exécution d'une statue sur la place Saint-Guibert en l'honneur de Sigibert. Il est rappelé ce que son père, conseiller communal pendant trente-cinq ans et bourgmestre de 1864 à 1868, a fait pour la commune, dont la laïcisation de l'Enseignement primaire, la couverture de l'Orneau, l'établissement de l'Institut agricole. En remerciement, la rue des Remparts prendra le nom de rue Docq.

En novembre, le legs Docq est accepté et une cloche dite bourdon du poids de cinq mille cent kilos est commandée chez un fondeur à Tellin. Le 15 mars 1907, ce sont Messieurs Dumont frères qui sont taxés pour dégâts à la voirie lors du transport des betteraves à leur sucrerie de Chassart en 1906. En avril, les devis pour l'égouttage sur la route de Namur à Bruxelles sont approuvés. Par ailleurs, le statuaire Herain est choisi pour la réalisation de la statue de Sigibert, mais à condition d'apporter des modifications à son projet. Une commission a été établie, composée de Léon, entouré de Godefroid Devreese, statuaire, Jules Barbier, architecte à Bruxelles, Bernard Lefèvre, conseiller communal, et Léon Tilis, secrétaire du conseil.

En mai et juin 1907, le conseil décide des circonstances dans lesquelles la sonnerie du nouveau bourdon du beffroi pourra s'effectuer, et propose un emprunt afin de finaliser la réalisation de la ligne de chemin de fer Nivelles-Gembloux. C'est aussi à cette époque qu'a lieu à Gembloux dans les salons de l'hôtel de ville un bal organisé par les jeunes gens de la ville. La presse relate que « cette soirée dansante fut très animée, très gaie et charma la grande affluence des invités. Les ravissantes toilettes des dames, aux tons claires et variés, s'harmonisaient agréablement sur les couleurs chatoyantes des fleurs dont elles furent couvertes ; c'était un coup d'oeil féerique. Il convient d'en féliciter l'organisateur de cette belle fête, M. Charles Grégoire, qui s'y est montré d'une réelle compétence ». La fille de Léon, Mme Franz de Lathuy est parmi les organisateurs et l'on signale à son propos que « Madame de Lathuy, qui fut la reine de la fête, portait une robe ravissante et fut très remarquée (…) Mesdemoiselles Mica et Marie Cassart, Valentine Robert, Nelly Wautier, Gabrielle de Lathuy et Mesdames Detry, Hubert, Damseaux etc assistaient à la fête. Parmi les habits noirs, citons Messieurs les membres du Comité : Bastaky, Bellefroid, Cassart, Grégoire, Hubert, de Lassel, Raeymaekers, mais encore MM. de Lathuy, Detry, Cassart, de Pernelmart, Descampe, Wautier, Damseaux ».

Le 16 juillet 1907, Adolphe Damseaux et Léon Detry sont désignés par le conseil communal pour rencontrer le directeur général de la Société Nationale des Chemins de Fer Belges pour évoquer ce point. En août, il est proposé d'octroyer un subside au cercle anti-alcoolique du canton, dont le but est de récompenser annuellement les ménages ouvriers de bonne tenue et de bonnes mœurs. De nouveaux projets de lignes de chemin de fer vicinal sont envisagés. Le 3 janvier 1908, à la suite des élections, Adolphe Damseaux est désigné comme premier échevin, faisant fonction de bourgmestre, et Léon Detry comme conseiller communal en charge de la commission des travaux publics, de l'éclairage et de la distribution d'eau. Il devient ensuite échevin faisant fonction des travaux publics. Le 14 avril, un subside exceptionnel est accordé à la société horticole pour fêter son vingt-cinquième anniversaire et organiser une exposition. Par arrêté royal du 29 juin 1908, Adolphe Damseaux est désigné bourgmestre et lors du conseil du 10 juillet, Léon Detry prononce l'allocution suivante :

« Cher bourgmestre,
À l'heure où vous prenez possession définitive du fauteuil présidentiel, je tiens à vous renouveler l'expression sincère et loyale de nos cordiales et affectueuses félicitations. Si votre élévation à la plus haute magistrature communale a été accueillie avec joie, avec sympathie par notre population si laborieuse et si éclairée, c'est parce que votre vie privée est pure et sans tache, c'est que votre vie professorale est extrêmement brillante et féconde, c'est que votre vie publique est toute d'honneur et d'intégrité et le Roi, en vous nommant bourgmestre de Gembloux, a rendu un éclatant et solennel hommage à votre intelligence, votre caractère, votre dévouement. Désormais, comme par le passé, nous inspirant des grands exemples que nous ont laissés nos anciens dans la carrière administrative, dans le calme de nos assemblées, sous votre sage initiative, nous travaillerons avec énergie pour faire de notre chère cité une ville toujours plus belle, toujours plus prospère, toujours plus riche. Avant de terminer, nous souhaitons, pour le bonheur de votre famille, pour le bonheur de vos nombreux amis, pour l'avenir de Gembloux, que vous viviez de longues années encore avec votre robuste santé, avec vos remarquables facultés cérébrales, avec votre ardeur au travail, avec votre enthousiasme si juvénile et si communicatif. C'est le vœu unanime de tous ceux qui ont l'honneur de vous connaître et de vous apprécier ».

Cette désignation nécessite qu’un nouvel échevin soit nommé. C'est Léon qui l'est lors du conseil du 17 juillet, avec sept suffrages et un bulletin blanc, soit à la majorité absolue. Le Conseil émet un avis favorable à l'approbation d'une délibération de la commission des hospices, qui sollicite l'autorisation d'accepter le legs fait par Jean-Joseph De Namur, en vue de la création d'un orphelinat. En octobre, le conseil approuve le contrat avenu entre le collège et le sieur Charles Tricot, ingénieur à Mons, pour la concession et l'entreprise de l'éclairage et du chauffage de la commune par le gaz. Un mois plus tard, le conseil suggère de faire pression sur l'autorité supérieure afin de hâter des travaux d'hygiène et de voirie entamés depuis longtemps. Léon fait ultérieurement des rapports à ce sujet. En février 1909, un débat a lieu sur la mention à faire figurer sur la statue de Sigibert. Un consensus est pris sur les termes « défenseur des droits du peuple au XIe siècle » inscrit sur le monument, qui est inauguré en octobre 1910. En avril, 110 candélabres au gaz sont commandés sur le modèle dit « de Moscou ».

En août, les hospices civils sollicitent l'autorisation d'accepter la libéralité qui leur est faite par la baronne de Woot, née Eugénie Piéton, par laquelle la défunte laisse la presque totalité de sa fortune aux pauvres de Gembloux, en vue de la construction d'un hospice de femmes. Un procès consécutif à ce don s'ensuit toutefois. Le 28 décembre, un hommage est rendu à la suite du décès du Roi Léopold II. À cette occasion, un courrier est envoyé au Roi Albert et à la Reine Elisabeth.

En mars 1910, le conseil décide, démarche progressiste, de constituer un fonds contre le chômage involontaire à Gembloux. En avril 1911, c'est un point important dont il discute : il estime en effet que le projet de loi scolaire est inconstitutionnel, qu'il viole l'autonomie communale et obère les finances publiques au seul profit de l'enseignement congréganiste. Libéral dans l'âme, Léon Detry prend part, en juillet 1911, à une « manifestation anticléricale » à Gembloux en vue des élections. Le Journal de Charleroi qui a envoyé un reporter sur place relève que « Gembloux, vieille citadelle libérale, a manifesté magnifiquement, dimanche soir. Dès cinq heures, un imposant cortège a parcouru les rues et les avenues de la cité (...). Le coup d'oeil était splendide. Tout le canton était présent et l'on put évaluer la foule à plus de 2000 personnes (...). En tête du cortège marchaient les orateurs accompagnés par les organisateurs, MM. Léon Hambursin, frère du député, Damseaux, bourgmestre de Gembloux, Detry, échevin, Tilis, secrétaire de l'Association libérale, et nombre de personnalités. (...) Monsieur Gillain, de Nivelles, fit avec énergie le procès du projet scolaire au point de vue de l'instruction obligatoire, dont il n'offrait qu'un simulacre.

(...) Le secret de la victoire définitive est dans l'union de toutes les forces progressives du pays. (...) M. Wuille qui lui succède, indique à la jeunesse libérale la nécessité de se préoccuper de donner au travailleur, par les oeuvres sociales, la liberté économique, clef de toutes les autres libertés. On entend encore Camille Huysmans et la foule se sépare au milieu d'un grand enthousiasme ». A la suite des élections et à la victoire libérale, la mise en place des conseillers communaux a lieu. [8] Il est procédé ensuite à la nomination d'un échevin en remplacement de Léon, dont le mandat est expiré. Lors de la séance du 2 janvier 1912, il est réélu avec six suffrages et devient second échevin. Adolphe Damseaux demeure bourgmestre. Léon se préoccupe du transport des immondices et suggère qu'un tarif soit établi à ce sujet. Le bien-être de la communauté est au centre des préoccupations, tant par les commodités mises en place que par la qualité du corps professoral ou de bien-être physique qui vise à la construction, en mai 1914, d'un bassin de natation.

Les affres de la guerre

Août 1914. La déclaration de guerre a lieu. [9] Le 5 août, le conseil reçoit les principaux fermiers de la localité, dont les Bedoret, Cassart, Hambursin, afin d'envisager avec eux ce qui peut être fait pour secourir la population. Il est décidé qu'ils ne peuvent se dessaisir de leur récolte de froment sans en avertir l'administration. La garde civique est convoquée et il lui est demandé de proscrire tout acte d'agression contre les troupes allemandes. Le 17 août, il est constaté que les rails de chemin de fer ont sauté, empêchant tout moyen de communication par ce mode de transport. Des mesures sont prises pour restreindre l'éclairage public et préserver les réserves de gaz. Des distributions de farine sont organisées, des communications sont faites aux habitants et une régulation des comestibles est mise en place au travers d'un comité de ravitaillement. Léon s'insurge, en tant que membre du comité de ravitaillement de la ville, contre le fait que ce dernier a décidé d'annuler l'achat d'escourgeon jugé trop coûteux, et dont le prix a entre-temps bien augmenté. Suite à un incident, il faut toute la diplomatie et la connaissance de la langue allemande du bourgmestre Damseaux, pour que Gembloux ne connaisse de sérieux incidents. [10] Léon Detry ne peut s'empêcher d'avoir à l'esprit le sort affreux réservé à Joseph Detry à quelques pas de là, à Bossière. Le 21 juin 1915, le conseil décide de divers emprunts à souscrire auprès de la société du Crédit communal, et ce pour la durée de la guerre. Le 28 juillet, Léon s'adresse au commandant du district militaire à propos des fournitures à faire à l'autorité allemande afin d'obtenir un certain nombre d'éclaircissements car les directives sont peu claires. Le 10 août, il dresse une statistique des renseignements relatifs à la saisie des céréales alimentaires provenant de la récolte de 1915. Quatre jours plus tard, il s'adresse au bourgmestre pour évoquer l'étang de sa propriété en précisant qu'il n'a plus de poissons, que l'étang a été mis à sec par l'autorité allemande.

Un Président du Comité de Secours et d'Alimentation attentif

Le 24 décembre 1915, Léon, au titre de président du Comité de Secours et d'Alimentation, adresse une circulaire à la population précisant les jours et heures de vente ainsi que le mercuriale des marchandises fournies par le Comité de Secours et d'Alimentation. Les denrées vendues sont le café cru, la farine, les haricots, le savon, le son, les tourteaux de maïs, le lait, le riz ou les pois. Il est précisé que « le Comité se réunit d'office tous les samedis à 16h ». [11] De nouvelles circulaires sont adoptées pour rappeler à la population l'obligation de déclarer ses véhicules. Léon est par ailleurs désigné dans la commission du logement pour examiner la problématique du logement des troupes chez l'habitant. Le 18 janvier 1916, Léon met en vente à la requête de son cousin, Charles Ermel, notaire à Fleurus, « 77 marchés d'arbres, peupliers et ormes croissant dans les prairies de la Ferme du Moulin à Buchet, sous Sart-Dames-Avelines. Un crédit est accordé moyennant caution solvable et connue du notaire ». [12] Mais la famine règne chez beaucoup et le 15 mai, le Comité de Secours et d'Alimentation de Gembloux placé sous la présidence de Léon Detry s'adresse « aux Ministres protecteurs » après un courrier reçu d'Émile Francqui, président du Comité exécutif du Comité national relatif à la défense d'exporter hors du territoire du Gouvernement général des vivres servant à l'alimentation humaine et à celle du bétail. Le Comité tient à spécifier que les quotas déclarés en son temps par les fermiers ne sont pas fidèles à la réalité.

Dès le 15 septembre 1915, le Comité l'a souligné et il tient à le rappeler ici : « La question des froments, au point où elle en est aujourd'hui, laisse complètement de côté la distribution et la répartition des excédents non déclarés. Les rendements indiqués par les cultivateurs lors des prévisions sont bien en dessous de la réalité ; certains fermiers disposent de grandes quantités de froment n'ayant pas reçu de destination, 150, 200, 300 sacs, ils chercheront à écouler cette marchandise cachément si le Comité national n'en dispose pas d'urgence. Déjà des transactions se font sous-main. La population ouvrière s'émeut de cet état de chose et s'énerve, la vision du passé la suit, la crainte de l'avenir la tourmente ». [13] Et de poursuivre : « (...) si notre courrier n'est pas resté lettre morte, le problème n'est toutefois pas réglé. A Gembloux, nous comptons près de 400 familles qui ne pourraient pas se payer un sac de froment… Il faut viser l'égalité pour tous ; il faut arriver si faire se peut, à augmenter le rationnement pour tous ; il faut surtout, et nous y travaillerons de toutes nos forces, lutter contre les faits honteux de spéculations qui se sont produits l'an dernier et qui recommencent malheureusement. (...) La pomme de terre manque et nous assistons journellement, sur la chaussée de Charleroi à Tirlemont, au triste cortège de centaines de personnes, femmes, hommes, adolescents, venant d'au-delà de Fleurus pour aller s'approvisionner dans les communes agricoles. Nous voyons chaque jour ces malheureux que la campagne rançonne, pousser péniblement charrettes ou brouettes, ou porter à dos, pendant des kilomètres et des kilomètres, une provision qu'ils ont obtenues en exagérant les prix. (...) La nouvelle récolte s'annonce prospère ; puissiez-vous faire en sorte que la moisson prochaine ne soit plus l'occasion de nouvelles fraudes, de nouveaux vols, mais qu'elle aille également cette fois, à tous les Belges. Tous les pauvres, les malheureux, toute la population si intéressante des cités industrielles, tous les petits employés lésés jusqu'à ce jour, vous béniront ».

On ne peut qu'apprécier d'autant plus ce dévouement de Léon Detry au bien-être commun et à la lutte contre l'enrichissement personnel qu'on se souvient qu'il est lui-même... un important négociant en grains. Le 17 juin, Madame Franquinet qui s'occupe de l'Hospice civil s'adresse à Léon car ses besoins sont criants : « Monsieur Detry, étant complètement au dépourvu de pommes de terre et n'ayant en fait de pain que la quantité réglementaire, ne pourriez-vous nous faire remettre une assez forte quantité de pois, haricots et riz dont nous n'avons plus que pour deux repas (...) » ?. [14] Le 3 juillet la presse publie toutefois un article sur « La vie à Gembloux » signalant que le Comité de ravitaillement composé notamment de Léon Detry permet « que les femmes et les enfants ne manquent de rien, la population nécessiteuse étant bien secourue. Les soins médicaux et pharmaceutiques sont assurés gratuitement aux indigents et des distributions de vêtements sont faites en temps utile. Plusieurs industries travaillent, les sucreries notamment. Les usines Mélotte s'occupent des réparations, mais ne produisent plus. La corderie n'a jamais subi d'arrêt et la fabrication a plutôt augmenté. Les usines Cassart, en revanche, chôment complètement. Quant aux entrepreneurs, ils sont sans travail mais la main d'oeuvre disponible est utilisée par la commune au réfectionnement des routes, au ravitaillement ou à tout autre travail d'intérêt général. La foire au bétail est interdite depuis août 1915 en raison d'une épidémie de stomatite aphteuse. Cinq ou six trains circulent journellement vers Bruxelles et vers Namur. Mais le service public est souvent interrompu pour des passages des troupes, de blessés ou de matériel. Les écoles sont ouvertes et les cours sont suivis comme en temps ordinaire. L'Institut agricole, depuis le départ des derniers blessés, a rouvert ses portes. Quarante élèves en suivent actuellement les cours ». [15]

Le 19 octobre, alors que le bourgmestre Damseaux est malade, Léon Detry officie comme premier magistrat de la ville et diffuse l'avis officiel suivant reproduisant une ordonnance allemande adressée au bourgmestre souffrant : « vous êtes prié de remettre jusqu'au 21 octobre une liste exacte des chômeurs et sans travail (hommes) au commandant allemand compétent. Y sont compris tous les hommes jouissant de la faveur d'une subvention quelconque par la commune, la province, l'État belge etc ou par le Comité for relief (Comité national). Les mesures les plus sévères contre votre personne seront prises prises pour le cas où la liste ne serait pas transmise au commandant allemand à temps ou incomplètement remplie, soit par mégarde, soit par malveillance (...) ». [16]

Bourgmestre au coeur des hostilités

Le 23 octobre 1916, Gembloux est en deuil et le Collège se réunit sous la présidence de Léon à la suite du décès du bourgmestre Damseaux. Le conseil décide que les funérailles du premier magistrat se feront avec le même cérémonial que son prédécesseur et une proclamation est faite en ce sens à la population. Léon Detry poursuit les fonctions de bourgmestre et publie ses premières proclamations, comme celle, douloureuse, le 20 novembre, des habitants de Gembloux appelés à la réquisition. [17] 1600 hommes sont rassemblés le lendemain à l'Institut agronomique pour être acheminés vers l'Allemagne car l'occupant procède à la déportation de la main d'oeuvre masculine. [18] En signe de protestation, Monseigneur Heylen, évêque de Namur, s'est introduit sur place sans s'annoncer et soutient par sa présence qui contrarie les Allemands, les malheureux déportés. [19] Le 23 janvier 1917, Léon est installé comme bourgmestre et l'autorité allemande entérine sa nomination. [20] Il précise qu'il n'accepte cette fonction qu'au vu des circonstances exceptionnelles du moment. Il prend rapidement des dispositions liées au ravitaillement de la population mais doit aussi dès le 12 janvier placarder des avis dans la ville signalant que « par ordre militaire de Monsieur le Kreischef, pour la période du 10 janvier au 10 février 1917 inclus, l'heure de police est fixée à 9 heures, heure allemande.

Toute circulation dans les rues est défendue à partir de 9 heures du soir. L'ordre doit être porté immédiatement à la connaissance de la population et tous les débits de boissons doivent en être avertis particulièrement. Cette punition est infligée parce que les lampes des lanternes du signal à distance de la gare de Gembloux ont été volées le soir du 20 décembre 1916 et que les recherches faites pour découvrir les coupables sont restées sans résultats ». [21] Quelques semaines plus tard, il a le chagrin de perdre sa mère, âgée de nonante-trois ans. Le 24 janvier 1917, c'est un nouvel édit que proclame Léon où il est amené à contre coeur à signaler à la population « que la ration quotidienne de pommes de terre par habitant est réduite de 300 gr à 200 gr. En conséquence, tous les habitants possédant, d'après les résultats du recensement fait en novembre dernier par l'autorité allemande une quantité de pommes de terre supérieures à 32k200g par personne, sont obligées de vendre tout leur excédent au Comité de ravitaillement, à raison de dix francs les 100 kilogrammes. A défaut de ce faire, vous y serez contraint par toutes voies de droit selon les ordres de l'autorité allemande, et vous serez éventuellement, privé des autres denrées vendues par le Ravitaillement communal ». [22]

Le 20 février 1917, Léon déclare en tant que bourgmestre : « je me suis rendu au local des Sœurs Notre-Dame à Gembloux, ou pour me conformer aux ordres, lisez instructions, reçues de la Kommandatur en exécution de l’arrêté de Monsieur le Gouverneur général en date du 14 courant, j’ai fait la perquisition du charbon destiné au chauffage des locaux scolaires. En présence et sur les indications de la Révérende Supérieure, j’ai constaté que dans la cave à charbon des locaux scolaires se trouvait une quantité de charbon que nous avons évaluée de commun accord à 1.000 kilos (mille kilos). J'ai ensuite déclaré à la Révérende Supérieure que ce charbon était dès à présent saisi et devait être tenu jusqu' à nouvel ordre à la disposition de la commune pour servir le cas échéant, à des usages publics. De tout quoi le présent procès-verbal à été rédigé et signé séance tenante après lecture. (...) Le 26 du même mois, c'est un placard portant la signature de Léon Detry qui est affiché dans Gembloux annonçant la saisie des pompes en cuivre par les autorités allemandes et l'obligation de livrer à la Kommandantur pour le 15 mars tout cuivre en possession des citoyens. [23] Le 30 mars, le conseil, décidément progressiste dans certains domaines, décide de faire donner des leçons spéciales de néerlandais aux élèves de l'école primaire supérieure des garçons, en dehors des heures de classe.

En vue de venir en aide à la population moins fortunée de la ville, une liste de vingt personnes considérées comme personnes fortunées est établie. Il pourra être fait appel à elles pour certaines fournitures. La liste reprend notamment les Le Docte, Debouche, Mélotte, Lathuy, Descampe, Ravet, Bedoret, ainsi que Léon. Toujours préoccupé par la problématique alimentaire, il prend encore diverses mesures et publie des placards à ce sujet. Des indemnités de vie chère sont accordées aux fonctionnaires communaux. La guerre est toujours bien présente et contre son gré, le bourgmestre Detry doit prendre tantôt des dispositions pour la Réquisition des fils de fer, ou pour l'appel mensuel de la Population [24] pour lequel il est précisé que sont tenus de se présenter, « tous les Belges de sexe masculin, nés de 1877 à 1900 inclus, les officiers de la Garde civique qui habitent actuellement la commune, tous les étrangers des pays en guerre contre l'Allemagne, hommes, femmes et enfants, à partir de 15 ans à l'exception des Soeurs cloîtrées, et enfin les invalides et les malades appartenant aux pays en guerre avec l'Allemagne et autres assujettis aux obligations du Meldeamt », ces dernières obligeant la signature d'un registre de présence pour éviter la fuite de main d'oeuvre notamment vers la Hollande. En juin, c'est un avis aux planteurs et détenteurs de Tabac de la commune de Gembloux que Léon fait apposer reprenant à la fois ses instructions et celles du commissaire civil von Sanders. [25] Alors que la fin des hostilités est proche, nombre de familles sont endeuillées par la perte d'un des leurs. Léon Detry a la tristesse d'apprendre la mort au front de son lointain cousin, Jules Debouche, volontaire de guerre comme ses deux frères [26], sous-lieutenant auxiliaire d'infanterie, avocat et candidat notaire, tombé au Champ d'honneur devant Dixmude le 17 septembre 1918 à l'âge de 29 ans.

Premier magistrat de la Ville à la Libération

Enfin, la fin de la guerre est proche et l'Armistice est signé. Gembloux, comme toutes les villes belges est en liesse, et il faut éviter les débordements. En janvier 1919, alors qu'on imagine que les édiles communaux peuvent doucement sortir de ces années difficiles de guerre, c'est une préoccupation de premier plan pour la commune qui les occupe : un rapport du conseil académique envisage le déplacement de l'Institut agronomique, créé en 1860, vers un centre intellectuel plus important. Tervuren est ainsi envisagé pour sa proximité avec Bruxelles. Le Conseil communal décide d'écrire au ministre de l’Agriculture une longue épître dans laquelle il rappelle les qualités géographiques, géologiques et agricoles de la ville. Il relève encore le rayonnement national et international de l'Institut, au travers de fonctions occupées par ses anciens élèves dans le pays mais aussi en Espagne, en Italie, en Roumanie, en Grèce, en Pologne et dans tous les pays d'Amérique du Sud notamment. Le projet est heureusement abandonné mais bientôt, c'est la problématique linguistique qui les interpelle. En effet, le conseil estime, lui qui a été favorable en son temps à dispenser des cours de néerlandais dans les écoles, « que le péril flamingant menace l'unité du pays en même temps que les intérêts de la Wallonie ».

Le Conseil estime dès lors qu'il est d'urgente nécessité pour les Wallons de s'unir en une ligne de défense wallonne. En avril, Léon acte un changement significatif dans le droit de vote : il est dorénavant accordé à tout individu âgé de 21 ans avec six mois de résidence, et sans obligation quelconque de fortune. L'année suivante, le droit de vote et d'éligibilité est accordé aux femmes pour les élections communales mais Léon Detry quitte peu de temps après la politique. Le 30 octobre 1919, « Vers l'Avenir » [27] publie la liste des jurés désignés pour la 4e session de la Cour d'Assises de Namur. Léon Detry, qualifié de rentier à Gembloux, y est repris avec Gérard Goemaere, industriel à Erpent, les notaires Léopold Artoisenet à Leuze-Longchamps, Joseph Logé et Maurice Delvigne à Namur, Paul Thibaut à Florennes, Frédéric de Jacquier de Rosée, industriel à Warnant, Edmond de Pierpont, rentier à Wépion, Alexandre de Bonhome, rentier à Anseremme ou Ferdinand Visart de Bocarmé, bourgmestre à Emines. Léon y retrouve également ses lointains cousins Charles Petit, conseiller provincial à Upigny, descendant du couple formé par Pierre Bouché et Marie-Catherine de Try et Albert Laurent, notaire à Beauraing, descendant du couple formé par Charles Tomboy et Marie-Valentine de Try. En 1920, Léon reçoit la médaille de 2ème classe du Comité national de Secours et d'Alimentation pour son action au sein du bureau des récoltes et l'on sait combien ce point a été crucial pour lui dans l'aide apportée à la population.

À l'occasion du conseil communal du 10 mai 1921, Jean-Baptiste Detienne, doyen des conseillers, réélu par le scrutin du 24 avril, signale que Léon n'a pas sollicité le renouvellement de son mandat de conseiller. Le conseil est élargi à Charles Debouche, Philippe Gérard et Henri Bedoret. Absent, car indisposé le 10 mai, Léon, lors de la séance suivante du 3 juin, remercie pour les marques de sympathie reçues et l'hommage qui lui a été rendu en son absence et précise, qu'obligé par l'âge d'abandonner la vie politique et administrative, il lui a été extrêmement pénible de se décider à se séparer de ses anciens amis. La parole est alors donnée à M. Detienne, qui tient à préciser « que le témoignage qui a été fait aux conseillers sortants s'adresse tout particulièrement à M. Detry, premier magistrat, qui dans des circonstances délicates et difficiles, n'a pas hésité à céder aux instances unanimes de ses collègues pour assurer et continuer la lourde charge que son prédécesseur, le vénéré M. Damseaux, avait remplie si dignement. Par leur courage et leurs valeurs civiques, tous deux ont hautement mérité de Gembloux et de leurs concitoyens ».

Un bonheur familial simple

Après dix-huit ans de vie politique, dont les années difficiles de la guerre, Léon, atteint par l'âge, met donc un terme à sa carrière. Très attaché à sa fille, à son gendre et à son unique petit-fils, il coule alors des jours heureux avec Palmyre, dans leur sillon. En 1926 sous le titre de « Vingt ans après », la presse évoque la mort du bourgmestre de Gembloux Gustave Docq. C'est l'occasion pour le journaliste de rappeler : « (...) La guerre. Comment séparer ses souvenirs de ceux de MM. Damseaux et Detry qui reprit l'écharpe municipale en 1916 ; on peut dire d'eux qu'ils sauvèrent Gembloux par leur sang-froid, leur mâle énergie, leur sincérité mise au service du meilleur à propos, d'une rare expérience des hommes et des choses. Les soucis de la guerre n'empêchèrent d'ailleurs point l'actif bourgmestre Detry de consacrer son temps à l'étude des questions de l'heure (...) ». [28] Des paroles qui ont sans doute touché Léon Detry qui coule encore quelques années heureuses avant de s'éteindre [29], le 3 septembre 1930, âgé de septante-neuf ans, sept ans avant celle avec laquelle il a vécu près d'un demi-siècle que la tradition familiale dit avoir été sans nuages. Cette dernière, une fois veuve [30], s'installe chez sa fille et son gendre, où elle décède, après avoir eu l'immense douleur de perdre, trois semaines après son époux, son unique fils.

La succession de Léon Detry est recueillie par son épouse et sa fille Léonie de Lathuy, son fils Victor Detry, étant prédécédé sans alliance. Compte tenu du contrat de mariage qui prévoit la communauté légale, la moitié des biens communs constitue la succession de Léon qui est évaluée à la somme, assez considérable pour l'époque, au lendemain du crash boursier de 1929, d'un million neuf cent mille francs. Sa fortune est d'abord constituée « d'objets personnels, d'argenteries déposées dans un coffre à la Banque Centrale de Namur, de tableaux, ornements et objets d'art, et de vins », de liquidités de 45.000 francs à la même banque, d'un important portefeuille d'actions de plus de 350.000 francs, dont certaines sont dites « sans valeur » mais dont la plupart constituent un patrimoine mobilier important : Bons de la République chinoise, actions de la Centrale d'électricité d'Odessa, du Pétrole de Grosny, des Sucreries congolaises et roumaine, des Chemins de Fer du Katanga et Tramways de Bilbao et du Caire, de la Compagnie du Caoutchouc, des Charbonnages réunis du Nord, des Routes belgo-luxembourgeoises, et ensuite par des participations locales : des parts de réserve de la Société générale de Belgique, des Moulins de la Sambre, des Boulonneries Meurice à Gilly, des emprunts à lots de Liège et Bruxelles en 1905, ou du Grand bazar Anspach. Il est en outre actionnaire de la société des Auto-Transports, de la Maison libérale, des Habitations à Bon Marché dont il est président, du Comptoir agricole de Gembloux, et de l'Union des Propriétaires. À cela s'ajoutent des créances pour plus de 550.000 francs, et des maisons et terres sur les territoires de Gembloux, Hévillers, Chastre-Villeroux, Cortil-Noirmont, Baisy-Thy et Sart-Dames-Avelines, pour environ cinquante-trois hectares. [31]

Les éloges funèbres parus dans la presse rappellent que « samedi ont eu lieu à Gembloux les funérailles d'un ancien bourgmestre libéral, M. Léon Detry, décédé à l'âge de quatre-vingt et un ans. M. Detry fut toute son existence un travailleur hors ligne : le grand commerce et la chose publique absorbèrent pendant de longues années son activité débordante. Esprit ouvertement, franchement libéral, le défunt a rendu d'innombrables services à la population pendant les années de guerre, d'abord comme président du Comité d'alimentation où ses connaissances professionnelles furent précieuses, ensuite comme bourgmestre après le décès du regretté M. Damseaux. Dans l'intimité, M. Léon Detry était la jovialité wallonne même, caractère franc, ouvert. Il représentait bien l'esprit local gembloutois, libre de toute contrainte, mais tolérant. Retiré de la vie politique depuis quelques années, M. Léon Detry avait accepté la présidence des Habitations à Bon Marché qu'il administrait avec une compétence où ses rares qualités d'ordre eurent encore l'occasion de se montrer. C'est un libéral sincère et dévoué, une bonne, vieille et caractéristique figure de Gembloux qui est disparue après une existence d'un labeur élevé, probe et honnête que l'on peut donner en exemple ». [32]

Des deux enfants de Léon Detry et Palmyre Philippe, leur fils Victor Detry, rentier-propriétaire à Gembloux, lieutenant de réserve, né à Gembloux le 11 avril 1883, y décède sans alliance le 24 septembre 1930. Quant à leur fille Léonie Detry, née à Gembloux le 3 septembre 1884, décédée au « château de Gembloux » le 2 avril 1980, elle épouse à Gembloux le 15 décembre 1904 Franz de LATHUY, docteur en droit, rentier et propriétaire du « château de Lathuy » à Gembloux, né à Gembloux le 22 décembre 1879 et décédé au « château de Gembloux » le 26 novembre 1962. Ils sont les parents de Jean de Lathuy, magistrat et écrivain.

Galerie de photos et de documents


[1] Il s'agit probablement de la société des Auto-Transports du Pied du Jura Vaudois.

[2] Moniteur belge, 21 août 1920, p. 208 ; La Gazette de Charleroi, 22 août 1920.

[3] Philippe : famille terrienne originaire de Trazegnies et auparavant de Seneffe alliée aux Raucent, Ermel (dont desc. Debouche), Polet, Derbaix, Boucquéau, Maubille, Delhaize, Goes, Désirant, Dejaiffe, Sepulchre, van der Linden. Nestor Philippe (1847-1906), frère de Palmyre, juge de Paix, châtelain de Baulet, épouse à Wanfercée-Baulet le 7 avril 1883 Julie-Marie Derbaix (1859-1918), fille de Théodore, bourgmestre de Wanfercée-Baulet et châtelain de Baulet, et de Flore de Moriamé (ex matre Hanolet) ; ils sont les parents de Fernand Philippe (1884-1959), châtelain de Baulet, administrateur du Comptoir d'Escompte de Charleroi, fondateur en 1905, avec Georges Fréson, de la SA Blanchisserie et Teinturerie de Wanfercée-Baulet, d'abord savonnerie, qui emploie jusqu'à 350 ouvriers ; c'est à Fernand Philippe que l'on doit la création en 1944, en collaboration avec un juge pour enfants de Charleroi, d'une institution destinée à accueillir des jeunes filles abandonnées à la fois pour les éduquer mais aussi pour leur éviter le travail obligatoire en Allemagne. Depuis lors cette maison d'accueil porte le nom de Home Fernand Philippe puis de Maison maternelle Fernand Philippe, et elle conserve dans son hall d'accueil le buste en bronze de son généreux fondateur. Palmyre Philippe est aussi la cousine germaine de Charles Ermel (1860-1925), notaire et bourgmestre de Fleurus, fils de Charles, propriétaire à Fleurus, fermier à Frasnes-lez-Gosselies, et d'Eulalie Philippe, époux de Marguerite Lessinnes (1872-1956). Marguerite et Charles Ermel ont e. a. une fille, Louise Ermel (1894-1992), épouse à Fleurus le 20 avril 1920 Charles Debouche (1886-1950), notaire à Gembloux, président de la Chambre des notaires, fils de Charles-Alexandre, notaire à Gembloux et descendant du couple formé par Lambert Lauvaux et Marie-Antoinette Detry (de Try), et de Louise Delange (dont desc. Debouche et Houyet), ainsi que la cousine germaine d'Armand Philippe (1842-1908), ingénieur civil, cofondateur de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord Belge, époux de Jenny Leclercq, père de Georges Philippe (1872-1935), inspecteur général de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord Belge, époux de Thérèse Cassart (ex matre de Fernelmont) et grand-père d'Eugénie Philippe (1907-1954) épouse du baron André de Spirlet (1902-1981), ingénieur civil des mines, inspecteur général de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord Belge, administrateur de la Société Générale de Belgique, dont desc. sous le nom « de Spirlet Lamarche », et de Marie-Thérèse Philippe (1900-1962), épouse de Ernest van der Linden (1898-1976), ingénieur agronome et bourgmestre de Nodebais. Ces derniers sont les parents du baron (Max) van der Linden (1922-1999), diplômé de l'Institut des Arts décoratifs de la Cambre, artiste céramiste reconnu dont l'oeuvre est inspirée par le message du Christ, proche du Roi Baudouin et de Thérèse van der Linden (1925-2009) épouse du baron Georges Terlinden (1919-1983), capitaine aviateur officier d'ordonnance du Prince Régent, résistant puis colonel aviateur, dont large desc. Cette branche de la famille Philippe porte « d'azur, à deux annelets d'or en chef et une molette du même en pointe ; à la bordure componée de quatorze pièces d'argent séparées par des filets de gueules ».

[4] Famille dont descend Philippine Stalon (1808-1858) épouse de Maximilien Detry (1806-1872).

[5] La Gazette de Charleroi, 11 mars 1910.

[6] Léon Philippe (1887-1979), fils d'Omer, fermier de la ferme de Tout ly faut et bourgmestre de Glabais, et d'Octavie Polet, est à son tour fermier de Tout ly faut à Glabais, ferme toujours exploitée par la famille Philippe qui par les Thirionet en assure l'occupation sur sept générations sans interruption depuis 1768. Octavie Polet (1849-1921) par laquelle cette exploitation entre dans la famille Philippe, est la fille d'Eugène (1811-1886), fermier du Sartage à Court-Saint-Etienne, et de Joséphine Thirionet (1813-1883), la petite-fille d'Emmanuel Thirionet (1766-1855), fermier de Tout ly faut et bourgmestre de Glabais, et de Marie-Thérèse Van Hamelryk (1774-1833), l'arrière-petite-fille de François Thirionet (1732-1804), fermier de Tout ly faut , et de Marie-Catherine Houtart dont la famille figure parmi les quarante familles belges les plus anciennes subsistantes et auxquelles sont apparentées aussi Mme Martin de Try et Mme Thomas de Try (P.-E. Detry, La famille namuroise Detry, autrefois de Try, op. cit. et P.-E. Detry, La famille Degueldre, jadis de Gueldre, Namur, 2018). François Thirionet et Marie-Catherine Houtart sont aussi les ancêtres directs du peintre Félicien Rops.

[7] Le 15 décembre de cette année-là, la fille de Léon épouse Franz de Lathuy. Amateur d'art, d'argenterie et de bijoux, Léon est un client fidèle, notamment de la Maison Fallon à Namur, où de 1903 à 1907, il y commande des couverts en argent, des broches en or, des chapelets en coco et argent, des intérieurs en cristal pour moutardier mais y fait aussi faire la réparation d'un bracelet esclave, d'épingles en or à des broches, à des sautoirs en or, à des anneaux de giletières et demande le nettoyage de couverts à glace, fourchettes à huîtres, pelles à fraises, service à poisson et de gravures diverses sur des pièces en argent (AEN, Fonds Fallon).

[8] La Gazette de Charleroi, 24 septembre 1911.

[9] Les certificats d'identité de Léon et de son fils Victor Detry, réalisés par les Allemands en 1915 sous les numéros 1505 et 605, sont conservés (voir Personal Ausweis) au Cercle Art et Histoire de Gembloux ; ils nous apprennent notamment que Léon mesure 1m73 et Victor, 1m74. Ils portent tous deux la jolie signature des intéressés et pour Léon, le certificat est complété de sa photo.

[10] H. Legros, E. Van Eyck et E. Van Lippevelde (dir.), Gembloux dans la tourmente de la Première Guerre mondiale, Gembloux, 2014. Une exposition s'est en outre tenue à Gembloux en octobre-novembre 2014 à l'initiative du Cercle d'Histoire. La personnalité de Léon Detry y est évoquée et plusieurs documents et notamment des placards imprimés à son nom alors qu'il est bourgmestre, exposés et commentés. « Quatre années de guerre difficiles à Gembloux » in La Libre Belgique, 3 novembre 2014 ; Vers l'Avenir, 9 octobre 2014.

[11] Placard du 24 décembre 1915 signé e. a. de Léon Detry, président du Comité de Secours et d'Alimentation, conservé dans les archives de la famille Detry.

[12] L'Ami de l'Ordre, coupure de presse conservée dans les archives de l'auteur.

[13] H. Legros, E. Van Eyck et E. Van Lippevelde (dir.), op. cit., pp. 157-160. Courrier du 15 mai 1916 signé par L. Detry, J. Descampe, J. Laubain et Balon.

[14] Archives de la famille Detry.

[15] L'Indépendance belge, 3 juillet 1916.

[16] Placard intitulé Avis aux hommes chômeurs et sans travail daté du 19 octobre 1916 et signé « Pour le Bourgmestre, l'Echevin ff, Léon Detry » conservé dans les archives de la famille Detry.

[17] H. Legros, E. Van Eyck et E. Van Lippevelde (dir.), op. cit., p. 237.

[18] Léon Detry in Bulletin du Cercle Royal « Art et Histoire » de Gembloux, 2013, pp. 12-13, 2013, p. 32.

[19] Cette présence marque les esprits et des cartes postales souvenirs sont éditées. H. Legros, E. Van Eyck et E. Van Lippevelde (dir.), op. cit., p. 170.

[20] Ce document en allemand, assez exceptionnel, est en possession d'un collectionneur privé et reproduit dans : H. Legros, E. Van Eyck et E. Van Lippevelde (dir.), op. cit., pp. 236-237, 239.

[21] Placard à la signature de Léon Detry daté du 12 janvier 1917, reproduit in H. Legros, E. Van Eyck et E. Van Lippevelde (dir.), op. cit., p. 131.

[22] Placard à la signature de Léon Detry daté du 24 janvier 1917 conservé dans les archives de la famille Detry.

[23] Ibidem, p. 213 ; Mémoire de la Guerre de 14-18 à Bossière. Exposition en l'église Notre-Dame de Bossière, mai-juin 2014, pp. 56, 60.

[24] Placards des 4 et 22 mai 1917 à la signature de Léon Detry conservés dans les collections du Cercle Art et Histoire de Gembloux.

[25] Placard à la signature de Léon Detry daté du 12 juin 1918, reproduit in H. Legros, E. Van Eyck et E. Van Lippevelde (dir.), op. cit., p. 255.

[26] Albert, Jules et Charles Debouche descendent tous trois de Lambert Lauvaux et Marie-Antoinette Detry. H. Legros, E. Van Eyck et E. Van Lippevelde (dir.), op. cit., pp. 67-71.

[27] Vers l'Avenir, 30 octobre 1919.

[28] La Gazette de Charleroi, 18 septembre 1926.

[29] Rapport sur les opérations depuis la fondation le 24 novembre 1914 du Comité provincial de Secours et d'Alimentation de Namur, Namur, s. d., p. 36 ; Vers l'Avenir, 16 avril 1919, 4, 7 juin 1920 ; La Dernière Heure, 4 juin 1921 ; Registre aux délibérations du conseil communal de Gembloux (1903-1921) ; Archives communales de Gembloux (1914-1918) conservées au Cercle Royal d'art et d'histoire de Gembloux ; F. Sarteel, « Gembloux, curieuse cité millénaire » in Le Guetteur wallon, mai-juin 1954, p. 479 ; Abbé Toussaint, Gembloux, la ville et l'abbaye, Gembloux, 1977, p. 579. Un portrait photographique de Léon est exposé à l'hôtel de ville de Gembloux (maison du Bailly).

[30] Vers l'Avenir, 23, 26-27 janvier 1932.

[31] Il semble que l'Enregistrement est assez attentif à cette succession car la famille dépose après la déclaration primitive, trois déclarations rectificatives dont l'une précise que « bien que la valeur du mobilier ne dépasse pas l'estimation portée dans la déclaration primitive » (15.000 francs), « les héritiers autorisent la perception de l'impôt sur une somme complémentaire de 7.500 francs » (soit 50 pourcents de la valeur déclarée...) « à la condition que ce complément d'évaluation soit admis définitivement ». AEM, déclaration de succession 34 du 2 mars 1931.

[32] La Gazette de Charleroi, 8 septembre 1930, 11 avril 1936 ; L'Indépendance belge, 8 septembre 1930.


L’Indépendance belge, 15 septembre 1904, 24 septembre 1911, 9 août 1930 ; Journal de Charleroi, 24 septembre 1911 ; La Libre Belgique, 6 septembre 1930 ; H. Petit, « L’hospice civil de Gembloux », in Revue d’Art et d’Histoire à Gembloux, 1988, numéro 36, p. 581 ; P.-E. Detry, La famille namuroise Detry, autrefois de Try, op. cit., pp. 526-542 ; Moniteur belge, 26 septembre 1865, 25 mars 1880, 23 juin 1900, 22 avril, 7 juin 1916, 24 février, 31 mars 1921 ; Bulletin officiel de l’Etat indépendant du Congo, 1900, pp. 26-33 ; Annexe du Bulletin officiel des lois et arrêtés pour le territoire belge occupé, 2 décembre 1916, pp. 566, 573 ; Les avis, proclamations et nouvelles de guerre allemandes affichés à Bruxelles pendant l’occupation, Editions Brian Hill, 1917, p. 18 ; Notaire Février, numéros 12336-12337 (moulin de Sart-Dame-Avelines). Sur Adolphe Damseaux (1838-1916), bourgmestre de Gembloux dont le fils René (1870-1952), ingénieur agronome épouse à Namur le 7 février 1903 Léonie Lambert (de Roisin)( 1881-1981), cousine de Mme Edgar Detry, voir P.-E. Detry, Essaimage d’une famille namuroise, Bruxelles, 1987, p. 85.


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