« Libérez le potentiel des enfants, et vous transformerez le monde avec lui. »
– Maria Montessori
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Elisa DETRY, rentière à Sombreffe, née à Saint-Amand le 30 juillet 1835, décédée à Sombreffe le 6 mars 1919, épouse à Saint-Amand le 4 mars 1861 Charles Squilbeck [1], marchand tanneur, né à Sombreffe le 28 décembre 1824, y décédé le 9 octobre 1889, fils de Jean, brasseur en ce lieu, et d'Anne-Catherine Préat.
Homonyme de la célèbre violoncelliste Elisa Detry dite de Try, avec laquelle une parenté n’a pas été établie, Elisa Detry est le troisième enfant des onze que compte la descendance de Maximilien Detry, conseiller provincial du Hainaut et bourgmestre de Saint-Amand-lez-Fleurus et de Philippine Stalon. Elle épouse assez tardivement pour l’époque, à l’âge de vingt-cinq ans bien sonnés Charles Squilbeck qui appartient à une excellente famille de Sombreffe. Issue du Hainaut, celle lignée est en effet alliée aux notaires Février, de Sombreffe et Florennes, et aux Gillieaux. Les Squilbeck ne sont en rien des inconnus pour les Detry. En effet, le frère du marié, François-Louis (1814-1893), propriétaire, membre de la Commission d'agriculture de la province de Hainaut, président du 9e comice agricole, est président de la Société agricole de Fleurus dont le président d'honneur est Maximilien Detry ; il est en outre conseiller communal et échevin de Charleroi, alors que sa soeur, Marie-Thérèse Squilbeck (1817-1886) est l’épouse de Grégoire Février (1807-1876), notaire à Sombreffe, bourgmestre libéral de cette commune, conseiller provincial, parents d'Alfred Février, notaire à Sombreffe, sénateur libéral de Namur, époux de Adolphine Stalon, cousine germaine d’Elisa Detry, ce couple ayant une descendance dans les familles Malevez et Spaak. Important tanneur à Sombreffe, Charles Squilbeck meurt sexagénaire en 1889 et son épouse lui survit près de trente ans traverssant la Première guerre Mondiale pour s’éteindre en 1919. Elisa Detry et Charles Squilbeck ont cinq enfants qui naissent entre 1862 et 1875. Leur fille aînée, Lucie et leur fils cadet Paul, leur assure une belle et grande descendance, source de fierté légitime.
Lucie Squilbeck (1862-1933) épouse en effet à Sombreffe le 31 mars 1883 Alfred Frère (1851-1918), géomètre, architecte-expert, conseiller communal de Charleroi, membre correspondant de la Société centrale d'architecture de Bruxelles, et architecte art nouveau notamment de la « Maison dorée » à Charleroi en 1899, ornée de sgraffites de Gabriel van Dievoet et considérée comme une des « 100 merveilles de Wallonie ». Alfred Frère achète le 27 avril 1917 un terrain avenue Albert à Forest sur lequel il construit un hôtel de maître encore très Art nouveau, toujours existant. Les Frère, famille prolifique de Gilly, comptent de nombreuses alliances avec les Detry et leurs alliés. Alfred Frère et Lucie Squilbeck ont deux fils, Luc Frère (1886-1958), architecte, géomètre, expert immobilier, qui épouse (sa cousine par les Mondez) (voir notice sur Maximilien Detry) à Nivelles en 1922 Eugénie Duvieusart (1895-1952), fille d'elisa (1868-1940), brasseur, et de Julie Bouriez (1871-1964), petite-fille d'Armand-Pierre Duvieusart (1839-1929), fermier-propriétaire au château de Baya-les-Goesnes, bourgmestre de Villers-la-Ville, sénateur, et de Maria-Hyacinthe de Fernelmont (1846-1903) (ex matre Pieret (de Promelle) et arrière-petite-fille de François Duvieusart (1812-1852), propriétaire au château de Baya-lez-Goesnes, et de Rosalie Philippe elle-même parente de Palmyre Philippe épouse de Léon Detry, bourgmestre de Gembloux.
Le second fils de Alfred Frère et de Lucie Squilbeck elle-même fille de Charles et de Elisa Detry, Maurice Frère (1890-1970), ingénieur commercial de l’Université Libre de Bruxelles, gouverneur de la Banque nationale de Belgique de 1944 à 1957, président de la Commission bancaire de 1938 à 1944, vice-président de la Banque des règlements internationaux à Bâle, président de la Sofina, désigné avec Max-Léo Gérard, secrétaire du Roi Albert Ier, au sein du groupe de travail chargé d'étudier les problèmes économiques de l'après-guerre mondiale, etc, épouse en 1914 Germaine Schimp. Maurice et Germaine Frère sont les parents de Paul Frère (1917-2008), ingénieur commercial Solvay, consultant pour les plus grands constructeurs mondiaux, journaliste pour des revues belges et étrangères spécialisées, auteur d'une vingtaine de publications, président de l'Association des journalistes belges de l'automobile de 1962 à 1980, vice-président à vie de The Guild of Motoring Writers, vice-président de la Société belge des ingénieurs de l'automobile, célèbre coureur automobile, champion de Belgique en sport automobile en 1955, vainqueur des 24H du Mans avec Olivier Gendebien sur Ferrari en 1960 ; il remporte de nombreux autres Prix et participe à une petite vingtaine de Grands Prix de Formule 1 entre 1950 et 1960, et est à cinq reprises, entre 1945 et 1947, champion de Belgique d'aviron et représente la Belgique aux Championnats d'Europe dans cette discipline en 1947.
Il est l’invité régulier du Roi Léopold III aux bals du Palais royal, ou à la garden-party donnée le 30 juin 1959 à l’occasion du mariage du Prince Albert et de Donna Paola Ruffo du Calabria, nos futurs souverains. Paul frère se marie deux fois. Sa première épouse, Georgette Wurtz, fille de l’ingénieur en chef des travaux publics de la Ville de Bruxelles et descendante des van der Noot [2], lui donne une descendance. En hommage à Paul Frère, le virage n° 15 du Circuit de Francorchamps, qui relie l'actuelle piste à l'ancien tracé de 14 km, a été rebaptisé « Courbe Paul Frère » lors du Grand Prix de Belgique 2008 ; une stèle à sa mémoire a également été érigée près de la rampe d'accès au paddock. Incinéré, ses cendres ont été répandues là où il l'avait toujours souhaité : sur le raidillon de Francorchamps...
Le cadet des enfants de Charles Squilbeck et Elisa Detry, Léopold dit Paul Squilbeck (1875-1969), est ingénieur des mines et électromécanicien de l'Institut Montefiore de l'Université de Liège, ingénieur à la Compagnie internationale d'électricité ingénieur aux Aciéries d'Angleur, ingénieur principal à la Compagnie du Nord Belge, et épouse à Tirlemont en 1907 Jeanne dite Jane Raeymaekers, fille d'un député permanent du Brabant. Ils sont les parents de Paul Squilbeck (1912-1985), docteur en droit, magistrat à Bruxelles, épouse de Marie-Suzanne Schneider (1914-1996), licenciée en sciences économiques de l'Université catholique de Louvain, fille de Constant, docteur en droit, diplomate, et d'Evelyne Delvaux, et les grands-parents d'Alain Squilbeck (°1949), licencié en droit, licencié en Criminologie, licencié spécial en Droit européen, licencié en Philosophie et Lettres, tous de l’Université Libre de Bruxelles, candidat en Philologie et Histoire orientales, avocat à la Cour d'appel de Bruxelles puis vice-président du Tribunal du Travail de cette ville, chargé de cours de droit et de philosophie en divers lieux dont la Haute École Paul-Henri Spaak, membre du collège de recrutement des magistrats avec Roger Stokart époux de Jacqueline Detry, châtelain de Loo Bosch à Zelem s. a.
Maison avenue Albert à Forest conçue par et pour Alfred Frère, architecte et où il vécut avec son épouse, Lucie Squilbeck
Paul Frère, vainqueur du Grand Prix de Spa et champion de Belgique en 1955 en discussion avec le roi Léopold III
[1] Squilbeck : cette famille appartient aussi Jean Squilbeck (1906-1988), licencié en Histoire de l'Art et Archéologie, conservateur du musée d'Armes et d'Armures de la Porte de Hal, conservateur en chef ff des Musées Royaux d'Art et d'Histoire au Cinquantenaire où une fondation à son nom subsiste, vice-président de la Commission interdépartementale pour la sauvegarde des cloches, médaille civique de 1ere classe, auteur de très nombreuses publications scientifiques spécialisées pour la Revue belge d'Archéologie et d'Histoire de l'art, les Bulletins des Musées Royaux d'Art et d'Histoire et de la Commission Royale de Monuments et Sites, de la Revue Belge de Philologie et d'Histoire pour The Antiquaries Journal etc. C'est grâce à l'action menée par Jean Squilbeck que de nombreux édifices religieux récupèrent leurs cloches ; c'est le cas de la cathédrale Saint-Aubain à Namur pour laquelle une photo le représentant avec le doyen immortalise les faits. Jean Squilbeck est sans alliance. www.maisondusouvenir.be/ ; Revue belge de numismatique et de sigillographie, Bruxelles, 1934, p. 144 ; Chronique archéologique du Pays de Liège, Institut archéologique liégeois, 1962, pp. 22-23, 27, 29, 55-56 ; C. Gaier, L'industrie et le commerce des armes dans les anciennes Principautés belges du XIIIe à la fin du XVe siècle, Paris, 1973, p. 56 ; The Year 1200. A symposium. The Metropolitan Museum of Art, Dublin, 1975, p. 329 ; Les analyses de l'Institut d'Histoire ouvrière, économique et sociale, n° 54, 2009, p. 3 ; François Squilbeck reçoit des Prix pour des juments poulinières notamment lors de concours entre autres à Gembloux. Catalogue de l’exposition des produits de l’agriculture, de l’horticulture et de l’industrie de la Province de Hainaut, Mons, 1851 ; La famille du cultivateur, journal d’agriculture pratique, tome III, année 1860-1861, pp. 11-12.
[2] P. Adam-Even, Notice généalogique sur la branche de la Famille van der Noot habituée en Luxembourg. Ses alliances et sa descendance, Paris et Luxembourg, 1934, p.133.
P.-E. Detry, La famille namuroise Detry, autrefois de Try. Cinq siècles d’histoire, Namur, 2015, pp. 101-103 ; L'Éducation populaire de Charleroi, 12 janvier 1893, p. 6 ; C. Lyon, « Généalogie de la famille Pieret de Promelle », in Education populaire, 12 octobre 1893 ; Congrès International des Mines, de la Métallurgie, de la Mécanique et de la Géologie appliquée, Bruxelles, 1903 ; L'Indépendance belge, 10 avril 1907 ; Archives du Palais Royal, Fonds Maurice Frère, numéros 417-423 ; Papiers Maurice Frère déposés aux AGR ; F. Vanlangenhove, Maurice Frère, in Biographie Nationale, 1977, col.261-300 ; Les Droits de l'Homme, Universalité et Renouveau 1789-1989, 1990, p. 418 ; Sénat de Belgique, session de 1991-1992 ; A. Dumont de Chassart, Dumont, Dumont de Chassart, essai d'histoire familiale, 1992 ; E. Dumoulin, E. Gerard, M. Van den Wijngaert et V. Dujardin, Nouvelle Histoire de Belgique, 1905-1950, vol. 2., 2006, p. 159 ; Actes du colloque européen « Laïcité et droits de l'Homme » à l'initiative de la Fédération Humaniste Européenne, 2008 (verbo Squilbeck) ; « Paul Frère, Décès d'un éternel pilote » in La Libre Belgique, 25 février 2008. Une très belle publication lui a été consacrée grâce à la Fondation belge pour le Patrimoine Automobile et Moto hébergée par la Fondation Roi Baudouin : S. Dubois, Paul Frère, 2014 ; Essentielle Auto (Libre Belgique), juin 2014, p. 51 ; Entreprendre, magazine de Beci, janvier 2012, p. 5. M. Belvaux, « Une dynastie de notaires à Sombreffe. Les Février », in Le Parchemin, 2015, pp. 190-199 ; U. Arquin, L’étonnante odyssée industrielle namuroise des XIXe et XXe siècles, Bastogne, 2025, p. 90.