« Aucune expérimentation ne pourra jamais me donner raison. Une seule expérience peut me donner tort. »
– Albert Einstein
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Jacques-François de TRY, diplômé en Philosophie et Art de l'Université Catholique de Louvain en 1769, fermier expérimentant en 1785 les semences de tabac de Virginie, censier avec son frère Jean-François, de la Cense de l'abbaye de Malonne à Saint-Amand, puis en 1789 de la Ferme de Fleurjoux (Pavé de Lambussart) à Fleurus [1], baptisé à Saint-Amand le 22 octobre 1749, décédé à Fleurus le 29 décembre 1795, épouse à Saint-Amand le 3 février 1790 « avec dispense du 3e et 4e degré mixte de consanguinité obtenue de Monseigneur l'évêque de Namur » Marie-Rosalie GUILMIN, baptisée à Saint-Amand le 9 janvier 1762, décédée à Fleurus le 21 mars 1791, fille de Philippe et de Marie-Josèphe Delchambre.
Fils de Jean-Martin dit parfois Martin de Try, né sur la terre de ses ancêtres à Namur où il est bourgeois le 13 octobre 1745, fermier à Bouge en 1734 puis censier de l'abbaye de Malonne à Saint-Amand-lez-Fleurus, et d’Ida Jacquet, inhumés dans le chœur de l’église de Saint-Amand où leur pierre tombale subsiste, Jacques-François de Try évolue dans un environnement instruit et très religieux. Son grand-père maternel, Henri-Guillaume Jacquet est receveur des droits du Prince et des Etats de Liège et quant à sa grand-mère maternelle, Rose de Noville, elle est issue d’une vieille noblesse médiévale qui donne des maires à Noville, Momalle, Fexhe, Roloux, Voroux ou Goreux, cinq chanoines liégeois, aux XVIe et XVIIe siècles, des abbés de Saint-Laurent-lez-Liège (1516-1520) et d'Aulne (1682-1708), un procureur général du Prince-évêque de Liège (1621-1640), et un bourgmestre de Tongres en 1735. L’oncle de Jacques-François, Thomas de Try, censier aux Isnes Sauvages, à Spy puis à la Ferme de la Paix à Fleurus et juré de cette ville, épouse par ailleurs la sœur d’Ida Jacquet, Marie-Valentine. [2] Ils sont notamment les parents du chanoine Jean-François de Try (Detry) (1742-1816), prêtre réfractaire déporté à l’Ile de Ré.
Jacques-François de Try est le huitième de neuf enfants parmi lesquels ses sœurs Marie-Rose de Try (1733-1809) (Mme Franceschini) et Marie-Antoinette (1735-1816) (Mme Lauvaux) comptent une large postérité, de même que son frère Jean-François Detry (1751-1830), censier-propriétaire de la ferme de l’abbaye de Malonne et maire de Saint-Amand pendant plus de quarante ans, qui assure une importante descendance du nom. Avec son frère aîné Jean-Nicolas (1737-1792), futur chanoine de Bonne-Espérance sous le nom de Robert, Jacques-François de Try est inscrit à l’Université de Louvain. Tous deux seront diplômés en « Art et Philosophie », le premier en 1757 et le second en 1769. Malgré sa formation, Jacques-François reste fidèle aux activités ancestrales et est censier avec son frère Jean-François, de la Cense de l'abbaye de Malonne à Saint-Amand. En 1785, il expérimente les semences de tabac de Virginie puis en 1789 reprend l’importante ferme de Fleurjoux (Pavé de Lambussart) à Fleurus. Les terres couvrent environ nonante hectares et le bail qu'il signe pour 9 ans le 19 novembre 1789 l'engage à verser un loyer de 1550 florins annuellement « en argent courant et convenable en ce pays et comté de Namur » avec la charge d'acquitter en outre en lieu et place du propriétaire, Michel Delcorde, bailly de Tamines, de nombreux cens et rentes à l'égard de divers tiers.
La cense comprend les bâtiments, grange, étables, écuries, bergeries, jardins, prairies, vergers et les terres labourables. Jacques-François de Try, alors cofermier de la cense de Malonne reprend le bail de Jean-Joseph Declaye, beau-père de Mme François Declaye née Marie-Josèphe de Try, sa cousine germaine, fille de Thomas et de Marie-Valentine Jacquet. Il s'engage « à tenir ladite cense par lui-même sans pouvoir la remettre à d'autre en tout ou en partie ; il doit y avoir également les chevaux, chariots et tous attirails nécessaires et du bétail en nombre suffisant pour consommer toutes les pailles et fourrage de ladite cense ». Mais encore « à bien labourer et cultiver les terres comme en sont obligés tous bons cultivateurs circonvoisins, et sans en laisser en friche ». Il a de nombreuses autres obligations qui passent par fournir « des cendres de Hollande à répandre sur les trèfles et terres en marsag, charrier et fournir la chaux et le fumier sur toutes les terres, entretenir les berges de l'étang et le nettoyer, entretenir les bâtiments, chemins et haies en replantant des épines vives où il en manquera, faisant tondre au ciseau celles qui ont coutume de l'être » sachant que le propriétaire peut faire pécher dans les étangs à son unique profit quand il le souhaite. Le preneur dispose des fruits des arbres et des espaliers mais s'engage à la fin de son bail « à laisser l'année de sa sortie cinq cents bonnes gerbes de paille au profit du fermier entrant sous peine de payer un escalin au propriétaire pour toute botte manquante ». Tous les frais de l'acte sont à charge de Jacques-François de Try qui appose sa signature avec le propriétaire, seuls avec le notaire à savoir signer, les témoins ne sachant le faire.
Sur le plan privé, Jacques-François de Try, sans doute à cause de ses études et de ses choix professionnels à opérer, se marie très tard, à quarante ans. Son épouse, Rosalie Guilmin a douze ans de moins et la dispense de consanguinité imposée lors de leur mariage en 1790 induit une parenté entre eux qui n’a pas été pour l’instant approfondie. Un an plus tard la mariée met au monde une fille, Rosalie, le 13 mars 1791. Mais la jeune mère ne se remet pas de ses couches et meurt huit jours plus tard. Quant au bébé, il ne survit que trois semaines. Accablé par ces deuils, Jacques-François s’éteint quatre ans plus tard, sans descendance.
P.-E. Detry, La famille namuroise Detry, autrefois de Try. Cinq siècles d’Histoire, Namur, 2015, pp. 75-81 ; sur les frères Jean-Nicolas (Chanoine Robert Detry) et Jacques-François Detry, étudiants à l'Université de Louvain, voir Promotiones generales Philosophiae et Artium in Alma Universitate Lovaniensi ab anno 1750 ad annum 1797 inclusive, quo dicta universitas suppressa fuit, Bruxelles, sd, pp. 23, 55 ; Matricule de l'Université de Louvain, 1734-1776, t. VIII, Bruxelles, 1980, p. 110 ; AEM, acte du notaire F. Pirot, 19 novembre 1789. AEN, Archives ecclésiastiques, numéros 364-365 (Martin de Try) ; M. Houtart, « de Noville », in ANB, 1912, Ière partie, pp. 357-388.
[1] Chanoine A. Theys, Histoire de la ville de Fleurus, Couillet, 1938, pp. 155, 449 et 451 où une photographie de la ferme est reproduite. Un des fermiers de Fleurjoux est aussi Hubert de Moriamé (1766-1838) époux d’Anne-Marie Delcorde (1773-1858), père e. a. de Mme Léopold de Dorlodot et de Marcellin de Moriamé (1812-1852), bourgmestre de Fleurus.
[2] Par leur arrière-grand-mère Mme Gérard de Noville née Marie Randaxhe (1604-1666), Mme Jean-Martin de Try née Ida Jacquet et sa soeur, Mme Thomas de Try née Marie-Valentine Jacquet sont issues de Charlemagne. Le Parchemin, mars-avril 1989 ; J.-F. Houtart, Anciennes familles de Belgique, Bruxelles, 2008, p. 45 ; Cahiers Houtart, Bulletin de l'Association de la Famille Houtart, 1982, p. 11.