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Chanoine de l’abbaye de Bonne-Espérance à Estinnes sous le nom de Robert DETRY, puis vice-curé de Mont-Sainte-Geneviève

Abbaye de Bonne-Espérance issue des albums de Croÿ où séjourne le chanoine Robert Detry
Abbaye de Bonne-Espérance issue des albums de Croÿ où séjourne le chanoine Robert Detry

Jean-Nicolas de TRY, diplômé en art et Philosophie de l’Université de Louvain en 1757, admis à Bonne-Espérance le 29 octobre 1758, chanoine de l’abbaye de Bonne-Espérance sous le nom de Robert Detry, puis vice-curé de Mont-Sainte-Geneviève, baptisé à Saint-Amand-lez-Fleurus le 11 février 1737, décédé le 28 novembre 1792, fils de Jean-Martin, fermier à Bouge puis censier de l’abbaye de Malonne à Saint-Amand-lez-Fleurus, bourgeois de Namur le 13 octobre 1745, et de Ida Jacquet.

Un terreau religieux

Fils de Jean-Martin dit parfois Martin de Try, né sur la terre de ses ancêtres à Namur où il est bourgeois le 13 octobre 1745, fermier à Bouge en 1734 puis censier de l'abbaye de Malonne à Saint-Amand-lez-Fleurus, et d’Ida Jacquet, inhumés dans le chœur de l’église de Saint-Amand où leur pierre tombale subsiste, Jean-Nicolas de Try évolue dans un environnement instruit et très religieux. Ses parrain et marraine de baptême sont François-Nicolas Saragosse (?), prêtre et Marie-Valentine Jacquet. Son grand-père maternel, Henri-Guillaume Jacquet est receveur des droits du Prince et des Etats de Liège et quant à sa grand-mère maternelle, Rose de Noville, elle est issue d’une vieille noblesse médiévale qui donne des maires à Noville, Momalle, Fexhe, Roloux, Voroux ou Goreux, cinq chanoines liégeois, aux XVIe et XVIIe siècles, des abbés de Saint-Laurent-lez-Liège (1516-1520) et d'Aulne (1682-1708), un procureur général du Prince-évêque de Liège (1621-1640), et un bourgmestre de Tongres en 1735. L’oncle de Jean-Nicolas, Thomas de Try, censier aux Isnes Sauvages, à Spy puis à la Ferme de la Paix à Fleurus et juré de cette ville, épouse par ailleurs la sœur d’Ida Jacquet, Marie-Valentine qui est donc aussi la marraine de Jean-Nicolas [1]. Ils sont notamment les parents du chanoine Jean-François de Try (Detry) (1742-1816), prêtre réfractaire déporté à l’Ile de Ré.

Deux frères universitaires à Louvain

Jean-Nicolas de Try est le troisième de neuf enfants parmi lesquels ses sœurs Marie-Rose de Try (1733-1809) (Mme Franceschini) et Marie-Antoinette (1735-1816) (Mme Lauvaux) comptent une large postérité, de même que son frère Jean-François Detry (1751-1830), censier-propriétaire de la ferme de l’abbaye de Malonne et maire de Saint-Amand pendant plus de quarante ans, qui assure une importante descendance du nom. Avec son frère Jacques-François (1749-1795), diplômé comme lui en Art et Philosophie de l’Université de Louvain, cofermier de la ferme de l’abbaye de Malonne à Saint-Amand-lez-Fleurus puis de la Ferme de Fleurjoux à Fleurus, Jean-Nicolas de Try est inscrit à l’Université de Louvain. Tous deux seront diplômés en « Art et Philosophie », le premier en 1769 et le second en 1757.

Admis à Bonne-Espérance à Estinnes dans le Hainaut le 29 octobre 1758 fondée en 1130 et consacrée à Notre-Dame, l’abbaye qui relève de l’Ordre des Prémontrés est dès le XIIIe siècle extrêmement puissante. Chanoine de cette abbaye sous le nom de Robert, Jean-Nicolas de Try, en connaît son aspect XVIIIe alors en pleine gloire avec une église rebâtie sur les plans du célèbre architecte Laurent-Benoît Dewez. L’abbaye couvre alors près de 5000 hectares et reçoit le patronage de nombreuses paroisses. C’est en outre un centre d’une grande activité spirituelle. Mais bientôt l’orage de la Révolution française gronde : tous les chanoines sont chassés, les biens sont vendus mais sans doute grâce à l’action des habitants, les bâtiments sont préservés. Jean-Nicolas est nommé vice-curé de Mont-Sainte-Geneviève le 9 octobre 1791, une paroisse qui relevait autrefois de l’abbaye et où on peut encore y voir, malgré des remaniements, une construction gothique du XVIe siècle. A peine un an plus tard, le 28 novembre 1792, il y décède après une vie où les épreuves ne lui furent pas épargnées. Il est inhumé dans le cimetière. Les traces relatives au Chanoine Detry à l’abbaye de Bonne-Espérance sont d’autant plus limitées que comme la plupart des abbayes, celle-ci a particulièrement souffert de la période révolutionnaire étant vendue et les chanoines dispersés. L’ouvrage renseigné en note paru sur les lieux reproduit un courrier édifiant à ce sujet sous le titre de « Attestation de la perte et lacération des papiers et registres de l’abbaye de Bonne-Espérance » précisant qu’au moment de la seconde invasion française en Belgique : « Nous soussignés, maire, officiers municipaux et membre du conseil général de la commune de Vellereille les Brayeux attestons et certifions à la demande du proviseur de l’abbaie de Bonne Espérance qu’après l’entrée de l’armée française en 1794 nous avons vu et trouvés la susdite abbaye parsemée des registres, papiers, parchemins et même les campagnes adjacentes. Le tout par pièces et morceaux dont la plus grande partie s’est consommée dans les campagnes, différentes cours et jardins de la maison ». Dans les années post révolutionnaires, l’abbaye est rachetée par les chanoines survivants mais devant la difficulté de relancer l’abbaye, ils offrent en 1829 les bâtiments au Séminaire de Tournai qui en fait un établissement d’enseignement.

Galerie de photos et de documents


[1] Par leur arrière-grand-mère Mme Gérard de Noville née Marie Randaxhe (1604-1666), Mme Jean-Martin de Try née Ida Jacquet et sa soeur, Mme Thomas de Try née Marie-Valentine Jacquet sont issues de Charlemagne. Le Parchemin, mars-avril 1989 ; J.-F. Houtart, Anciennes familles de Belgique, Bruxelles, 2008, p. 45 ; Cahiers Houtart, Bulletin de l'Association de la Famille Houtart, 1982, p. 11.


P.-E. Detry, La famille namuroise Detry, autrefois de Try. Cinq siècles d’Histoire, Namur, 2015, pp. 75-81 (lors de la réalisation de cette publication en 2015, l’auteur ignorait encore le sort réservé au chanoine Detry à l’issue de la Révolution française) ; M. Durant, « La paroisse Sainte-Geneviève », in Haut pays de Sambre, mars 2007, pp. 6,18 ; sur les frères Jean-Nicolas (Chanoine Robert Detry) et Jacques-François Detry, étudiants à l'Université de Louvain, voir Promotiones generales Philosophiae et Artium in Alma Universitate Lovaniensi ab anno 1750 ad annum 1797 inclusive, quo dicta universitas suppressa fuit, Bruxelles, sd, pp. 23, 55 ; Matricule de l'Université de Louvain, 1734-1776, t. VIII, Bruxelles, 1980, p. 110 ; L’abbaye de Bonne-Espérance 1130-2005, Patrimoine majeur de Wallonie, Tournai, 2005, p. 38.


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