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Licencié en Sciences commerciales et administratives de l'Université de Liège, Directeur du Bureau Économique de la Province de Namur, Résistant dans la presse clandestine

Roger DETRY, licencié en sciences commerciales et administratives de l'Université de Liège, directeur du Bureau Economique de la Province de Namur (BEP), professeur puis directeur de l'Institut d'Enseignement commercial de Namur (1970-1985), expert-comptable agréé, Résistant dans la Presse clandestine, membre de l’asbl « Les Amis de l’Hôtel de Groesbeeck-de Croix » à Namur [1], chevalier de l’Ordre de Léopold, chevalier de l’Ordre de la Couronne, né à Namur le 4 mai 1921, y décédé le 18 septembre 2013, épouse à Jambes le 25 novembre 1944 Geneviève MOTTIAUX, née à Jambes le 6 juillet 1923, décédée à Namur le 21 février 1948, fille de Roger, docteur en droit de l'Université de Liège, secrétaire communal de Jambes où une rue porte son nom, combattant lors de la Première guerre Mondiale, croix de guerre et croix de l’Yser 1914-1918, commissaire de l’Etat pour les Tribunaux des dommages de guerre en 1921, collaborateur sportif pour le journal namurois « Vers l’Avenir », prisonnier politique à titre posthume mort en camp de concentration lors de la Seconde guerre Mondiale, chevalier de l’Ordre de Léopold II avec palmes, croix de guerre 1940 avec palmes et médaille commémorative de la guerre 1940-1945 à titre posthume, et de Mariette Brosse.

Un père qui chante et une mère protectrice

Appartenant à la branche de Warisoulx de la famille Detry, Roger est le fils de Joseph (1894-1954), chef de division à la Ville de Namur, membre de la Ligue du coin de terre, secrétaire de l’association « Les Amis réunis », membre de « L’Entente namuroise », et de Blanche Marguerite (1896-1982). Son père est encore chanteur lyrique et chanteur « de genre » et donne diverses représentations qui font baigner cet enfant unique dans le monde musical. Dès 1932, Joseph Detry se produit dans les locaux et le parc des Frères Maristes et des années plus tard, il tient les rôles de « Lichtenfels » et « Tchang » dans « Le Pays du sourire », de Franz Lehar, donné à Saint-Servais dans le cadre d'un gala de la Victoire au profit de la Fédération Nationale des Anciens Prisonniers Politiques (F.N.A.P.G.). Il est alors énoncé que « l’orchestre et les choeurs sous la direction de M. Léon Cochart, professeur au Conservatoire, exécutèrent la partition d’une façon remarquable ». Fils choyé et doué pour les études, il effectue avec succès une licence en sciences commerciales et administratives de l'Université de Liège où il est contemporain de son cousin éloigné André Detry, futur avocat et bâtonnier du barreau de Namur. Lors de la Seconde guerre Mondiale, il pose des actes de Résistance au travers de la Presse clandestine, et entre dans une vieille famille de Jambes, avec sous les yeux l’exemple de son beau-père, Roger Mottiaux, prisonnier politique mort en camp de concentration en 1945.

Un beau-père, héros de guerre

Appartenant à une famille qui donne au XIXe siècle un échevin de Jambes et s’allie aux Lemercinier qui procurent des mandataires communaux à Jambes et Erpent et sont parents de Mme Jacques Detry, Roger Mottiaux, beau-père de Roger Detry, combat lors de la Première guerre Mondiale, est décoré mais aussi blessé et contraint de mettre en suspens ses études de droit. La presse, une fois les hostilités passées, tient à le féliciter, et rappelle ses mérites en précisant que « ses études ayant été interrompues par les années de guerre passées au front, il vient de subir avec succès son dernier examen de docteur en droit de l’Université de Liège ». A la suite de cela, il est désigné comme commissaire de l’Etat pour les Tribunaux des dommages de guerre en 1921, collaborateur sportif pour le journal namurois Vers l’Avenir.

Secrétaire communal à Jambes

Dans la tradition de service public en vigueur au sein des familles Mottiaux et Lemercinier, Roger Mottiaux devient secrétaire communal de Jambes le 1er janvier 1928, fonction qu’il exercera jusqu’à son décès. Il est particulièrement apprécié dans son rôle au début des hostilités comme le souligne le bourgmestre Materne qui publiquement lors d’un conseil communal « tient tout spécialement à remercier Monsieur Roger Mottiaux pour l’inlassable travail fourni en raison de la situation actuelle » comme le relate « Vers l’Avenir ». Résistant, il est arrêté par la Gestapo le 9 juin 1944 et fait prisonnier politique. Il est incarcéré à Namur, Saint-Gilles, puis en Allemagne, dans les camps de concentration de Bayreuth et de Flossenburg. C’est là qu’il meurt le 8 avril 1945 alors qu’il est depuis trois semaines grand-père d’une petite-fille chez Roger et Geneviève Detry. Il est quinquagénaire au moment de son décès. Différents hommages lui sont alors rendus à titre posthume [2].

Quand la guerre se termine, les joies des naissances

Si Roger Detry et Geneviève Mottiaux connaissent les affres de ce décès familial, les naissances de deux filles, Arlette et Nicole Detry en 1945 et 1946 viennent réjouir le jeune foyer. Mais hélas très vite il est endeuillé par la mort à vingt- quatre ans de la jeune mère de famille. Roger Detry occupe diverses fonctions et s’investit à Namur, une ville qu’il aime particulièrement. Alors encore secrétaire d’administration à l’Office économique, social et culturel de la Province de Namur, il est organisateur en 1958 d’un congrès sur la cybernétique qui, au travers d’une centaine de communications et la publication d’actes, rassemble huit cents participants de vingt-deux nations, et rencontre un grand succès. Il en est vivement félicité. Il survit plus de six décennies à son épouse et a la joie de compter une jolie descendance de ses deux filles, dans les familles namuroises Sana, Denis, Gravy et Verborg.


[1] Dont Philippe-Edgar Detry est administrateur depuis plusieurs décennies et vice-président.

[2] Vers l’Avenir, 24 août, 6 septembre 1945, 13 novembre 1946, 10 septembre 1948, 15 février 1949, 16 octobre, 21 novembre 1950.


De Standaard, 5 décembre 1919 ; Vers l’Avenir, 19 octobre 1920, 16 mai 1921, 2 octobre 1923, 21 juin, 1 juillet 1934, 5 juin 1935, 16 décembre 1936, 19 novembre 1938, 26 avril 1939, 21 avril 1940, 24 août, 6 septembre 1945, 15 mars, 13 novembre 1946, 30 avril, 14 mai, 25 juin, 2, 9, 30 juillet 1947, 25, 28 février, 20 mars, 28 avril, 23 juin, 10 septembre 1948, 15 février, 17 août 1949, 24 mai, 17 août, 5, 19 juillet, 13 septembre, 16 octobre, 21 novembre, 13 décembre 1950 ; Het Laatste Nieuws, 27 décembre 1930 ; P.-E. Detry, La famille namuroise Detry, autrefois de Try, Namur, 2015, pp. 485-486 ; https://www.sijambes.be/biographies-des-personnages-connus-a-jambes/ ; P.-E. Detry, La famille Degueldre, jadis de Gueldre, Namur, 2018, Lemercinier passim ; La Lettre du Patrimoine, 01/02/03/2024, pp. 29-30 ; Actes du Congrès, Gautier-Villars, éditeur, 1958, p. XVI.


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