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Avocat, bâtonnier de l’Ordre des avocats à Namur à deux reprises, résistant armé lors de la Seconde guerre Mondiale, bourgmestre de Wépion-sur-Meuse, fondateur, président et membre à vie du Lion’s Club de Namur

André Detry

La rectitude comme fil conducteur

André DETRY, candidat en Philosophie et Lettres et en notariat des Facultés Notre-Dame de la Paix à Namur, docteur en droit de l'Université de Liège, avocat au Barreau de Namur dès 1944, bâtonnier de l'Ordre des avocats (1978-1980), secrétaire, puis président (de 1958 à 1960) de la Conférence du Jeune Barreau de Namur (1958-1960), membre du Conseil de l'Ordre des avocats du Barreau de Namur, membre du Conseil général de l'Ordre National des Avocats de Belgique, conseiller au Centre de consultations juridiques de Namur, avocat conseil de la Compagnie belge d'assurance-crédit, avocat conseil de la Confédération nationale de la Construction, chargé du cours d'instruction criminelle au Centre d'instruction pour policiers de la Province de Namur pendant plus d’un quart de siècle, membre de la Commission de Défense sociale de Namur, bourgmestre de Wépion, candidat P. S. C. aux élections provinciales pour Namur en 1950, fondateur, président et membre à vie du Lion's Club de Namur, résistant armé, président de la Fraternelle du Refuge C40 de l'Armée secrète, membre du Comité directeur du service social de l'Armée secrète, membre de l'Auto-club de Namur, médaille commémorative de la guerre 1940-1945, médaille de la Résistance, né au White Cottage à Wépion le 6 juin 1920, décédé à Wépion le 3 novembre 1981, épouse à Namur le 2 septembre 1953 (sa lointaine cousine) Anne-Marie HENRY, présidente de l'Oeuvre nationale de l'Enfance de Wépion, vice-présidente de Un geste, un sourire, œuvre destinée aux personnes âgées, administratrice du Syndicat d'Initiative et de Tourisme de Wépion, administratrice à la Fédération provinciale du Tourisme, membre adhérent des services de Renseignements et d'Action de la Province de Namur, membre du Cercle équestre namurois, médaille d'argent de l’Ordre de Léopold II, née à Namur le 15 mai 1926, y décédée le 3 octobre 2011, fille de Louis, industriel, administrateur de la S.A. familiale Rhodius-Deville, juge consulaire au Tribunal de Commerce de Namur, fondateur et président d'honneur de la Chambre syndicale des entrepreneurs de Namur, représentant de la Province de Namur à la Confédération nationale de la Construction, officier de l’Ordre de la Couronne avec palmes d'or, chevalier de l’ Ordre de Léopold, médaille industrielle de 1ère classe, médaille commémorative de la guerre 1914-1918, et de Marie-Louise Bister.

La déclamation, une vocation précoce

C'est à l'école communale de Wépion qu'André effectue ses études primaires où il est choisi en 1930, il a alors dix ans, pour figurer un marié de 1830 dans la calèche pavoisée qui marque les festivités wépionnaises des fêtes du Centenaire de la Belgique. Il poursuit ensuite ses études par des humanités gréco-latines au Collège Notre-Dame de la Paix à Namur, suivant là le même parcours que son père. Ses condisciples sont alors Henri Dandoy, Jacques Danhaive, Alfred et Jean de Ville de Goyet, Paul Ducoffre, Jean Falmagne, André Artoisenet, Alexis Bequet, Jean Dulière, Paul Frapier, Émile Bouvier, André Huart, Jacques Springuel ou Paul Woitrin, dont certains sont aussi des cousins d'André. André Detry est un excellent élève qui obtient un 5e accessit d'Excellence, un accessit de Géographie et d'Ecriture, un Prix de gymnastique et des Prix de Diction et d'Histoire, matières qu'il a toujours affectionnées. Il termine son cycle secondaire en 1939, entame au sein des Facultés Notre-Dame de la Paix des candidatures en Philosophie et Lettres, et y poursuit une passion qu'il a toujours eue pour le théâtre et la diction.

Tant au patronage Saint-Antoine de Wépion qu'au Collège Notre-Dame de la Paix où en mai 1932 il joue dans Jacques V et les Douglas, André est actif dans ce hobby et continue lors de sa première année universitaire. La presse locale relate qu'à l'occasion de la soirée des Facultés Notre-Dame de la Paix : « (...) le public était nombreux, très nombreux même pour assister à la séance que les étudiants donnaient dimanche en la salle des fêtes du collège au profit des familles secourues par la Conférence de Saint-Vincent de Paul. De longue date, l'on connaît la réputation de ces jeunes acteurs qui allient à une diction parfaite, un jeu scénique intelligent. La pièce Le jeu de l'or et de la superbe fut bien rendue. (...) Quelques acteurs sont plus particulièrement salués : J.-B de Nys, P. Frapier, André Detry et J. de Volder. Les circonstances du moment mettent un terme à ces prestations scéniques et la deuxième année d'étude d'André est perturbée par la déclaration de guerre qui l'oblige pendant quelque temps à fuir le rappel des jeunes de seize à trente-cinq ans.

Guerre et Résistance

Il se retrouve avec son jeune frère Jacques à Quiévrain mais ils ont la grande tristesse de perdre dans le bombardement de St-Quentin un ami et lointain cousin très cher qui les accompagne, Jacques Stéphenne. Rentré en Belgique, André est candidat en Philosophie et Lettres en 1941. Il réussit sans grade mais de manière satisfaisante les deux épreuves qui constituent la candidature en Philosophie et Lettres préparatoires au doctorat en droit et à la licence en notariat. Les matières présentées sont l'explication d'un auteur latin, Tacite, les littératures modernes et notamment la littérature flamande, la logique, la psychologie avec des notions d'anatomie et de physiologie humaines, l'histoire contemporaine, la société et les institutions de l'Antiquité classique, du Moyen-Âge et des Temps Modernes. Mais encore la philosophie morale, le droit naturel, l'histoire de la Belgique y compris celle du Congo belge, l'Encyclopédie du droit, les institutes du droit romain et l'introduction historique au droit civil. Il décide de poursuivre ses études en droit pour trois années à l'Université de Liège. Il est alors hébergé par sa tante, Clotilde Dequinze, à Flémalle-Haute, où il reste jusqu'à son décès en 1944, alors qu'il obtient, avec mention satisfaisante, son diplôme de docteur en droit. Simultanément, en ces années de guerre, les trois frères, Maurice, André et Jacques Detry, sans qu'ils ne le sachent mutuellement, se sont engagés dans la Résistance armée, au sein du groupe C40 de l'Armée secrète. André participe alors à diverses missions avec une conviction profonde qui est à la base de toutes ses activités.

Le Droit pour passion

Seul inscrit au tableau de l'Ordre des avocats du Barreau de Namur le 4 octobre 1944, il installe son cabinet au White Cottage, la demeure familiale. Stagiaire chez Maître Alfred Michel, avocat rue Pépin, André pénètre dans cet antre qu'est le Palais de Justice, où nombre de visages passés ou présents comptent avec lui un lien de parenté : les Bouché, Golenvaux, Lathuy, Wautier, Mélot ou Héger. Les activités de Résistance de la famille font l'objet de plusieurs perquisitions allemandes, dont une vise à découvrir des armes qui ont trouvé refuge, soigneusement emballées, dans la fosse d'eaux usées. Dans ses souvenirs envoyés à son cousin l’abbé Alain Dequinze, petit-fils de Clotilde Detry, il rappelle, ému : « après ces années d’insouciance, ce fut cette longue guerre, où l'affection de mes parents se révéla dans toute sa grandeur... Et c'est bien sûr après coup que nous en avons pris véritablement conscience, d'où le respect que nous avons tous pour ceux qui nous ont permis, malgré les vicissitudes de l'époque, de nous épanouir selon nos aspirations et nos désirs ».

Après la Guerre, les Armes...

À la Libération,... il est appelé sous les Armes. Il reçoit sa formation en Irlande, d'où il correspond régulièrement avec sa mère, fatiguée de ces séparations qui n'en finissent pas. Des lettres envoyées par André à ses parents, l'on sait qu'il est à Ostende, venant de Wavre, le 22 mai 1945, d'où il part pour l'Angleterre. Il est en effet incorporé à la cinquième brigade d'infanterie de l'Armée belge en Grande-Bretagne. Le courrier postal est irrégulier et la vie militaire d'André semble assez peu captivante. L'existence s'écoule, monotone, sous un ciel souvent gris, lequel déverse « presque sans arrêt des paquets d'eau », écrit-il. Assez vite toutefois, il reçoit, ce qui l'intéresse, des cours sur les moteurs des voitures anglaises ; il n'hésite pas à se transformer en mécanicien pour tenter de comprendre comment fonctionne une voiture... Au même moment, il est chargé d'assurer la défense d'un soldat qui doit passer devant le Conseil de guerre en juillet. Cela le motive beaucoup, car il est là dans son élément professionnel. A sa mère, inquiète sur son sort de milicien, il la rassure en lui précisant que « contre toute attente, la nourriture est bonne, qu'il grossit..., qu'il a des amis et est fort estimé de ses supérieurs ». Il ajoute en parlant de son ami Alfred de Ville de Goyet : « je ne comprends pas le pessimisme qu'il manifeste ; il faut s'adapter aux circonstances et à l'Armée, il faut beaucoup de philosophie »...

Il se préoccupe de la Question Royale

Le 30 juillet, il reçoit sept lettres et souligne : « toutes m'ont causé beaucoup de plaisir, et notamment celle de mon cher papa qui n'a pas reculé à affronter une scène de ménage en arrachant le porte-plume des mains de maman ! Je dois avouer que mon cher père, dont la prose m'était jusqu'à présent pour ainsi dire inconnue..., manie la plume avec distinction, humour et sarcasme. Je le remercie pour le bel effort qu'il a fait, lui qui doit prendre le commandement des travaux que mon petit frère [Jacques] doit certainement accomplir, maintenant qu'il est le seul à représenter la descendance mâle des Detry... ». On le voit, son moral et son humour sont excellents. Il continue à se familiariser avec les véhicules anglais et apprend à conduire un camion de trois tonnes sur une distance de 70 km. Il s'en tire bien, d'autant qu'il convient de rouler à gauche et qu'André n'a jamais été fort manuel... Il apprend aussi le maniement d'armes nouvelles.

Mais ses courriers évoquent encore sa préoccupation à propos de la Question Royale : « elle nous préoccupe autant que vous. C'est dommage que je ne suis pas au pays car j'ai l'impression que je ne resterais pas inactif. D'après les lettres de maman, le ravitaillement ne semble pas s'être amélioré ? ». En août, il fait enfin beau et chaud. Il est en exercice à la campagne ; sa mère continue à l'inonder de colis, malgré la difficulté qu'elle a, en Belgique, de s'approvisionner, et le 4 août, il lui écrit : « ma chère maman me gâte beaucoup trop, et je crie grâce » ! Deux jours plus tard, il remercie ses parents de lui avoir envoyé le journal Vers l'Avenir du 30, dans lequel il s'enthousiasme pour le discours énergique et ferme du bourgmestre de Namur, Louis Huart, à la Chambre, sur la Question Royale, qui nécessite, selon André, une solution urgente. En permission le week-end qui suit, il visite Newcastle, où sa grand-mère maternelle a autrefois séjourné. Il précise : « il y a en effet, le long de la côte irlandaise, des paysages de toute beauté que je dois absolument voir avant mon retour en Belgique, car je pense bien que je ne reviendrai pas en Irlande en voyage de noces... ! ».

Bibliothécaire improvisé

Dans un courrier du 10 août, on apprend qu'André a organisé sur place une bibliothèque qui démarre avec une cinquantaine d'ouvrages, et qu'il prend part à des tournois de tennis de table. Si l'alimentation est bonne, il manque d'hygiène, et plusieurs soldats sont malades. Le 17 août, il profite d'un week-end de liberté pour partir en excursion. Il fait superbe et il visite, avec trois amis, Warrenpoint, petite ville de la côte Sud de l'Irlande, avec un point de vue sans pareil sur la mer. Partout flottent des drapeaux sur les édifices, et même des drapeaux belges. Le lendemain, il visite la célèbre Chaussée des Géants, formation volcanique sur la côte irlandaise. « Impressionnant et merveilleux. Cela m'a coûté 500 francs en argent anglais, mais je ne le regrette pas... », écrit André. Le lendemain, il remercie son père de lui avoir fait un exposé écrit, clair, de la Question Royale. Il précise encore : « j'apprends avec surprise la fin rapide du cousin René. Rien, ne semble-t-il, ne laissait prévoir un dénouement aussi rapide ? ». Emporté le 5 août par un cancer, René-François Detry, président-fondateur de la Loterie Coloniale, et cousin germain du père d'André, est très aimé dans la famille.

Un amoureux des jardins et de la nature

Passionné par la nature, les fleurs, le jardinage, André s'inquiète aussi régulièrement auprès de ses parents de savoir si les pelouses sont belles, les fleurs épanouies et si ses boutures ont prospéré. Le 21 août, il s'attriste de la fin d'un pommier : « quel dommage que notre Belle de Boschop soit morte. N'oubliez pas au moins de cueillir ce qui est dessus. C'est toujours autant que je pourrai partager avec vous dès mon retour. Les fruits sont ce qui me manque le plus dans ce pays ». Moins anecdotique, il précise : « je viens de prendre connaissance des effets et des possibilités que donnent la découverte de la bombe atomique. C'est tout simplement effrayant. Nous sommes à Summer Island, où... il pleut, ce qui est un comble ». Le 23 août, en réponse à sa mère un peu morose, il écrit : « je ressens dans les lettres de maman un peu de cafard. Allez, maman, sois courageuse. Il faut savoir remonter la pente et nous serons bien vite réunis ».

L'avocat qui sommeille en lui se réveille

Fin septembre, André est chargé de réaliser des conférences pour les soldats du quartier général. Il a par ailleurs trois dossiers de milicien à défendre devant le Conseil de guerre : une affaire de mœurs, une désertion et un vol de livres... Il réussit, non sans contentement, à diminuer toutes les peines demandées par l'auditeur militaire. Les courriers s'espacent de plus en plus, à moins qu'ils n'aient tout simplement pas été conservés. En octobre, on apprend qu'il se prépare à quitter l'Irlande. Le 29 novembre, il est en permission à Londres, qu'il visite de fond en comble et est ravi. Il loge au London Club. Aucune correspondance n'est conservée entre novembre 1945 et mai 1946, où le 3 de ce mois, il précise que le quartier général a organisé la Revue de la démobilisation, dont on parle de plus en plus. André le souhaite ardemment car il accepte, comme avocat, de prendre en main les intérêts de quelques clients, dont le procès doit se dérouler probablement fin mai, devant le Conseil de guerre. Aussi, le 3 mai, il expose au Colonel Servais, « un vrai Namurois, charmant et affable », son désir et les motifs de la démobilisation souhaitée.

Le 5, il informe joyeusement ses parents que la démobilisation de la cinquième brigade devrait se faire entre le 17 et le 20 mai : « je vous assure, dit-il, que les visages des miliciens étaient très souriants hier soir, et que déjà on parlait beaucoup de projets que chacun ébauche pour reprendre la vie civile ». Redevenu déjà l'avocat élégant qu'il était, et ne cesse d'être, il précise : « je serais content si vous pouviez, au cours d'une promenade à Namur, me procurer deux ou trois cols 40 ou 41, car je n'ai plus rien à me mettre... au cou... ». La dernière lettre, envoyée de Francfort, date du 14 mai 1946. Effrayé par une rumeur évoquant la suspension de la mobilisation, André apprend avec soulagement que ce ne sont que des spécialistes en particulier qui sont maintenus sous les armes jusqu'en juillet. Son départ est alors programmé pour le 16 courant. Départ de Cologne, en passant par Liège, pour arriver enfin à Namur.

Président du Service social de l'Armée Secrète

Les années difficiles sont derrière lui et il va falloir maintenant, avec la fougue d'un jeune avocat de 26 ans, se construire, se reconstruire après ces années noires. Son sens du devoir est pourtant toujours bien là, et c'est tout naturellement que dès l'Assemblée générale du 28 décembre 1946 de la Fraternelle du Refuge C40, André, qui assure déjà la fonction de membre du Comité directeur du service social de l'Armée secrète à Namur, est désigné comme président ad interim en attendant que sa nomination soit ratifiée à l'Assemblée générale de février 1947. À cette occasion, la presse signale « qu'au cours de son allocution, le jeune avocat retraça la magnifique oeuvre d'entraide accomplie par le service social en collaboration avec toutes les fraternelles locales de l'Armée secrète ».

A l'unanimité, l'Assemblée désigne Jacques, le frère d'André, comme secrétaire. André retrace à cette occasion la magnifique œuvre d'entraide accomplie par le service social, en collaboration étroite avec toutes les fraternelles locales de l'Armée secrète. Il assure cette fonction plusieurs années, et l'on doit à l'avocat qu'il est des convocations aux Assemblées générales claires, précises, complètes, qui permettent de comprendre les activités de la Fraternelle au travers des rapports des sections avec le service social, la constitution des dossiers de Résistants, la remise de décorations, l'aide au travers de colis à ceux qui en ont besoin, la mise à jour de listes de disparus, le programme des fêtes dans chaque section, qui varie de soirées de gala en projections cinématographiques en passant par des meetings d'aviation. Il n'est pas rare que les Assemblées générales se déroulent au White Cottage. André est aussi en représentation comme c'est le cas lors des hommages rendus à Camille Cambier, résistant au sein de l'Armée secrète de Wépion, actif dans les parachutages, sabotages et transport d'explosifs, dont les funérailles se déroulent à Flawinne en avril 1947. Il est encore et cela pour de longues années à venir, choisi comme président de bureau lors des élections, charge que sa fille Chantal, avocate comme lui, assure également par la suite.

Jeunesse et enthousiasme au Barreau de Namur

En 1948, l'Ordre des Avocats pour l'année judiciaire 1947-1948 relève les détails suivants sur la composition du Barreau namurois : « (...) Il y a cinquante-huit avocats inscrits. Le plus ancien est Maître F. Visart de Bocarmé dont la date de prestation de serment est... le 18 novembre 1885, et le plus jeune avocat inscrit est Maître André Detry, de Wépion, qui prêta serment le 4 octobre 1944 (...) ». Lorsqu'il est en Irlande, André a, on le sait, été actif dans la défense de miliciens devant le Conseil de Guerre. Il poursuit cet intérêt de retour à Namur et plaide devant cette instance. Le 25 février 1948, c'est une affaire pénible d'un certain C. T, de Sart-Bernard, accusé d'avoir dénoncé à des Allemands trois résistants qui ravitaillaient l'Armée blanche qui est à l'ordre de la deuxième chambre d'audience. L'un d'eux, Jean Theunissen, représenté par André, a été arrêté, battu, déporté 9 mois à Buchenwald d'où il est revenu avec 100 % d'invalidité. Malgré le fait que sur base de rapports de psychiatres, la responsabilité mentale de l'accusé soit réduite de 50 %, André, partie civile, réclame 64.000 francs de dommages et intérêts et le substitut Huart, une peine de cinq ans de réclusion.

Le mois suivant, c'est un certain R. H, de Marenne, qui est accusé d'avoir tenté de se mettre au service de la Gestapo et d'avoir assassiné un couple à Liège. On sait comme en cet immédiat après-guerre, les représailles contre la collaboration sont violentes, et on peut évidemment le comprendre. Dans le cas présent, les alibis de l'accusé, à première vue rocambolesques, semblent trouver des explications et aucune preuve formelle n'est par ailleurs établie. André Detry, résistant mais aussi avocat pour tous, est mal à l'aise en cette affaire et la presse signale : « Maître Detry s'étant plaint en termes amers du réquisitoire de M. l'auditeur militaire, M. le Président Thiran somme le défenseur de retirer ses paroles. Un incident assez vif s'en suit. Maître Detry retire ses paroles mais n'en critique pas moins âprement au point de vue juridique, le libellé de l'accusation. Il conteste la compétence du Conseil de guerre pour juger en communauté les deux faits reprochés à l'accusé ». La peine de mort est toutefois prononcée et le jugement dit que l'exécution aura lieu publiquement à Namur. La partie civile est donc déboutée de sa demande.

Vive le Roi

En 1949, la presse locale évoque la présence d'André Detry aux côtés du général Vandezande, président, de Brigitte de Brabandère, secrétaire de la section namuroise du service social de l'Armée secrète, Mme Hambursin et M. van de Werve de Schilde, lors de l'Assemblée générale qui a lieu au Cercle militaire de Namur. Elle coïncide avec le 3e anniversaire de la fondation du service social et outre l'exposé des comptes, il est rappelé que le service a permis plus de 560 visites, 40 placements d'enfants dans des homes en Belgique et le même nombre en Angleterre et en Suisse ainsi que dix emplois qui ont pu être trouvés pour des anciens membres de l'Armée secrète sans situation. L'Assemblée générale se termine par un concert.

La carrière professionnelle d'avocat d'André s'oriente davantage vers des affaires commerciales et il est régulièrement désigné comme liquidateur ou curateur de faillites. Royaliste fervent, il n'a de cesse d'éclairer de façon favorable à la monarchie le problème de la Question Royale. Il donne des conférences sur le sujet et intervient dans diverses assemblées. C'est le cas en mars 1950 à Profondeville où la presse relate sous le nom de Séance royaliste que « c'est devant une salle archi-comble et particulièrement enthousiaste qu'a eu lieu samedi soir, la projection des films sur la Dynastie, la campagne de 40 et la visite de la Princesse Joséphine-Charlotte. La séance se déroulait sous les auspices du comité local de la Consultation populaire présidé par M. du Bus de Warnaffe. M. Gilbert de Cauwer fit l'introduction et les commentaires, et Monsieur l'avocat Detry tira la conclusion. La collecte au profit du Fonds de propagande du Comité reçut l'accueil le plus généreux ».

Le Conseil provincial comme avant-goût politique

Attiré depuis toujours par la politique, André est sollicité pour figurer sur les rangs du Parti social-chrétien pour les élections provinciales du 4 juin 1950. Il accepte et occupe la 15e place sur la liste. Les meetings dans les villages avoisinants Namur se succèdent tout au long de la deuxième quinzaine du mois de mai. Il est tantôt à Fooz-Wépion, La Plante, Lustin, Profondeville et fait tandem avec Louis Huart, sénateur, Louis Wautier, avocat, Ghislaine de Moreau d'Andoy, et Georges Watillon, notaire, beau-père de Mme Jean Watillon née Françoise Misonne descendante des Detry (voir descendance féminine de Marie-Valentine de Try). Mais la lutte est rude et les attaques socialistes et libérales nombreuses envers le parti notamment vis-à-vis de la représentativité de ce dernier au sein de la Résistance pendant l'occupation. Aussi, le 1er juin, une mise au point écrite est faite : « C'est bien entendu, le P. S. C. est le parti des inciviques. Rouges et bleus s'accordent à le proclamer. Seuls sont de purs patriotes, les disciples de M. Henri de Man et les amis de M. Materne. En face, il n'y a que d'abominables traîtres, des rexistes honteux, d'affreux défaitistes. Bon, bon. Voici, à titre d'exemples, quelques noms et quelques titres pointés sur les listes sociales chrétiennes au Parlement et à la Province. Dans leur nécessaire concision, ces mentions suffisent à l'ébauche d'un palmarès qui à défaut de clouer leur sale bec à des adversaires sans scrupules, éclairera la religion des honnêtes gens : Louis Huart, de Namur, bourgmestre de Namur, décoré à titre militaire pour sa résistance durant l'occupation, père d'un prisonnier politique décédé en Allemagne, Charles Héger, de Vedrin, membre de l'Armée secrète, Maurice Jaminet, de Namur, ancien combattant, invalide de Guerre 14-18, fondateur de l'Armée de la Libération, membre du Service Clarence, prisonnier politique et résistant 1940-1945, Ghislaine de Moreau d'Andoy, de Wierde, adjudant S. R. A., Croix de guerre avec palme, André Detry, de Wépion, résistant armé reconnu, Marthe Roberti, veuve Poswick, de Sauvenière, citée à l'ordre du jour de l'Armée secrète, Pierre d'Huart, de Courrière, membre de l'Armée secrète, Jules de Montpellier, de Denée, capitaine de réserve, André Petit, d'Upigny, volontaire de Guerre 1940-1945, Yves de Pierpont, de Gesves, capitaine de réserve, combattant 1940-1945, Georges Watillon, de Namur, officier de réserve ».

Les élections approchent et les meetings se succèdent. Le 3 juin, Vers l'Avenir relève : « le second meeting du P. S. C. qui se tint jeudi soir à Dave remporta un grand succès. Un public nombreux accueillit chaleureusement M. Georges Watillon, M. André Detry, Melle Berthe Pouleur, candidats provinciaux et M. le député Charles Héger qui exposèrent la situation politique actuelle (...). Monsieur Detry retraça l'histoire de la Question Royale, insistant sur l'obstination d'une opposition qui ne recule pas devant la diffamation pour arriver à ses fins. « Nous voulons l'ordre » dit l'orateur. « Nous voulons reconstruire sur des bases sûres. La situation serait grave si le P. S. C. n'obtenait pas la majorité absolue (...) » ». Le score d'André, qui n'a pas 30 ans et est toujours célibataire, est honorable puisqu'il décroche 400 voix de préférence. Sans être élu, cette expérience trace une voie politique qu'il ne quitte quasiment plus.

L'âme sœur

Après les mariages de ses frères et de sa soeur Valentine, c'est au tour d'André de trouver l'âme sœur en la personne d'Anne-Marie Henry, dont la famille est bien connue des parents d'André car par sa mère la jeune fille compte un lointain lien de parenté avec la mère d’André. En effet alors qu’André Detry est descendant de Marie Godfrinon (1637-1711) épouse de Barthélémy le Poskin, famille lignagère namuroise, Anne-Marie Henry est descendante de son frère, Henri Godfrinon (1623-1675) époux de Marguerite de Marneffe (1623-1676). Par sa mère née Bister, la jeune fille appartient à cette ancienne famille namuroise qui donne des industriels et dont une branche fonde une moutarderie célèbre, et par sa grand-mère paternelle, Anna Rhodius, Anne-Marie est issue des entrepreneurs Rhodius-Deville, famille propriétaire d’une très importante entreprise de travaux publics et privés à Namur, et de comptoirs commerciaux au Congo belge sous le nom de Société Rhodius Frères investis dans l'usine textile Texaf et la Centrale hydroélectrique Senya. Les Rhodius, dont un membre est président du Syndicat d'Initiative de Namur, construisent à la Citadelle à Namur une vaste propriété dite Château Rhodius, comprenant plus de quatre hectares de parc, dont un jardin japonais.

Membre du Cercle équestre namurois, où elle est une excellente cavalière, la fiancée d’André Detry s'est non seulement beaucoup investie dans les mouvements de jeunesse mais aussi dans les services de Renseignements. Mariés en septembre 1953, les jeunes époux prennent possession de la Villa du Champ de Labie, à Fooz-Wépion, demeure acquise par les beaux-parents d'André pour le couple et où le dynamique avocat installe alors son cabinet. Appartenant tous les deux à des anciennes familles namuroises, leur réseau social est vaste. Entretemps, André prend part à des fêtes patriotiques, liées à des faits de Résistance, et assiste le 4 octobre 1953, aux côtés du Prince de Merode et du baron Vaxelaire, à l'inauguration d'un monument érigé à Bioul, à la mémoire de cinq membres de l'Armée secrète, tués au combat le 3 septembre 1944.

Membre fondateur du Lion's Club de Namur

Le 19 décembre, il assiste, sous la présidence de Jules de Barquin, à la remise de charte du Lion's Club de Namur, lancé en 1952, et dont il est membre-fondateur. Au cours du dîner qui a lieu au Château de Namur, sont rappelées et développées les six valeurs du Lionisme : « unir, encourager, contribuer, appliquer, créer, et faire naître ». Lors de la tempête qui ravage la côte et la Hollande en 1953, André est très actif pour venir en aide aux sinistrés au travers de la Croix-Rouge de Belgique et dans le cadre du Lion’s : aide matérielle, accueil de 23 enfants de familles sinistrées à Namur, fourniture de dix tonnes de charbon etc. Dans un courrier du 11 février 1953, l’Ambassadeur des Pays-Bas se dit « extrêmement touché de la part que vous prenez à la catastrophe qui a frappé la population hollandaise ». En 1954, André réalise le discours de rentrée pour la conférence du Jeune Barreau, et son propos est l'affaire Guillaume Bastin, chronique judiciaire plus connue à Namur au XIXe siècle sous le nom « d’affaire du Chevalier Legrain », qui eut ses heures de célébrité. C'est sur les conseils de l'ami de son père, l'académicien Félix Rousseau, qu'André a fait ce choix, d’autant que sa grand-mère paternelle, Madame Emile Detry née Mathilde Provis est issue de cette famille Legrain, de Malonne, qui donne un abbé-comte à l’abbaye de Gembloux. Son exposé est unanimement salué par une salle comble, et le journaliste chargé de suivre l'événement relève : « on entendit finalement le bâtonnier Héger apporter à son tour quelques commentaires sur l'amusante affaire et souligner le charme et le talent du conférencier ». André reçoit aussi une lettre flatteuse d'Henri Bribosia, avocat et ancien bâtonnier, le félicitant avec enthousiasme et rappelant combien il estime Edgar, son père, qui était pendant les hostilités, secrétaire du Conseil des notables de la Province de Namur alors que lui-même en était président. En 1955, un subside est envoyé pour des enfants atteints de polio et soignés à Mariakerke, et puis c’est l’abbé Pierre que le club d’André reçoit au cours d’une grande soirée cinématographique organisée le 30 septembre et qui rapporte 90.000 francs. Une très belle fête de Saint-Nicolas est aussi programmée pour 450 enfants issus d’orphelinats d’Yvoir, de Dinant et Hastière. En 1956, c’est pour la tragédie de Marcinelle que le club se mobilise et que par ailleurs il envoie des colis de pénicilline d’une valeur de 40.000 francs aux insurgés hongrois. Le 2 mars 1957 naît Chantal, fille unique d'André et Anne-Marie, qui suivra ses traces et deviendra, elle aussi, avocat. Trois semaines plus tard, un grand gala de judo et d’escrime organisé à la Bourse de commerce, avec la participation de Pierre-Henri Barzin, s’y déroule en vue de récolter des fonds pour le Lion’s. Suivi le 9 novembre du grand bal annuel qui a lieu alors au château de Namur.

Président de la Conférence du Jeune Barreau

De 1958 à 1960, André est président de cette même conférence du Jeune Barreau. À cette occasion la presse locale souligne : « Ainsi donc c'est maître André qui succède à maître René Close à la présidence du Jeune Barreau de Namur. Né en 1920, le nouveau président se conduisit brillamment sous l'occupation militant notamment dans l'Armée secrète. Il a appartenu, dès sa création, à la région de C 40 de l'A. S., dont il assuma d'ailleurs la présidence et demeura, jusqu'à son transfert à Bruxelles, le responsable du service social de l'A. S. de Namur (...). Il profite de ses deux années de présidence pour recevoir à Wépion. C'est là l'occasion de dîners au menu choisi et aux vins délicats car il est un œnologue reconnu disposant d'une très belle cave de vins anciens.

Lors de la présidence d'André, une séance d'hommage est organisée le 6 novembre 1958, et un Prix est créé en souvenir du bâtonnier Georges Devos, disparu tragiquement, emporté par les flots lors d'un séjour sur les lacs italiens. Le Prix, qui porte son nom, est décerné par voie de concours, chaque année et pour la première fois lors de l'année judiciaire 1958-1959, à un confrère stagiaire auteur de la meilleure étude sur un sujet juridique d'actualité. Un capital d'environ 18.000 francs est réuni et parmi les dons reçus, celui de Jean Godeaux, futur gouverneur de la Banque nationale, ami d'études d'André, et qui, plus tard, est en longue relation professionnelle et amicale avec Jacques. Dans un courrier du 14 novembre 1958, Jean Godeaux signale : « je suis heureux d'avoir, par cette modeste contribution, l'occasion de manifester mon attachement à la mémoire du bâtonnier Devos, et la reconnaissance que je lui sais pour les précieux enseignements qu'il m'a prodigués pendant la brève période de temps où j'ai eu l'honneur d'être stagiaire chez lui. Permets-moi, mon cher André, de te féliciter pour la parfaite organisation de cette séance d'hommage, et pour l'excellence des discours qui y ont été prononcés ».

Des participations nombreuses et variées

Le 28 novembre 1959, André assiste à la séance solennelle de rentrée de la conférence du stage de l'Ordre des avocats à la Cour de Paris. La séance est brillante, en présence de Michel Debré, Premier ministre et d'Edmond Michelet, Garde des Sceaux, d'une foule de personnalités comprenant de très nombreux bâtonniers de France, d'Europe et même d'URSS, de ministres et académiciens français. L'éloge de Malesherbes est prononcé suivi par un brillant exposé sur le procès de Raoul Villain, assassin de Jean Jaurès... En juillet 1960, c'est Paul Elvinger, ministre de la Justice du Grand-Duché de Luxembourg, qui le reçoit à dîner dans le cadre de la Conférence du Jeune Barreau de Luxembourg. Entre-temps à l'occasion de la rentrée namuroise du 7 décembre 1959, André invite l'assemblée à s'incliner devant le vitrail du Palais de Justice, où sont repris les noms des avocats victimes de la Seconde guerre Mondiale « en nous recueillant et écoutant l'appel de nos morts qui est consigne d'amour. De cet amour qui n'est pas dans les mots ou dans les apparences mais dans ce don de soi dont ils nous ont donné la preuve suprême, s'il est vrai qu'il n'est pas de plus grande marque d'amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime ».

André prononce ensuite un discours pointu et ferme sur la nécessité d'évolution dans la profession d'avocat : « nos aînés ayant vécu dans un système social sur l'économie privée et sur la propriété foncière, où les contacts ainsi que les conflits humains n'étaient pas collectifs, mais individuels. Et si d'Aguesseau pouvait dire « les avocats sont heureux d'être dans un état où faire sa fortune et son devoir ne sont qu'une même chose », c'est que la fortune ne se manifestait pas nécessairement par une richesse capitalisée, mais encore et surtout par la considération, l'honneur et le rang. Ce temps est révolu car, à l'économie privée, base du système social d'antan, s'est substitué le dirigisme du Prince et celui de l’État moderne. L'heure est donc venue de nous livrer à un sérieux examen de conscience et de nous poser la question de savoir si, dans le monde moderne, nous remplissons le rôle économique et social qui nous est normalement dévolu par la tradition ».

Président du Lion's Club de Namur qu'il a fondé

De 1961 à 1963, André est président du Lion's Club de Namur, qu'il a fondé, et à cette occasion, s'investit dans la promotion de ce service club et à la mise sur pied d'activités diverses en lien. Il rappelle cet engagement lors d'une causerie réalisée en 1961 à la Table ronde n° 5 de Namur et ce, à l'initiative du past president, son cousin Etienne Woitrin ; c'est l'occasion pour lui de retrouver nombre d'amis qui ont pour noms : Pierre Bovesse, Eddie Fallon, Paul Hachez, son beau-frère Florent Henry, Henri Logé, Georges Monjoie ou Michel Toussaint. En 1962, il assiste au centenaire du Club nautique de Sambre et Meuse, fondé par Rops, et auquel de nombreux membres de sa famille, tant maternelle que paternelle, ont adhéré [1]. Invité dans un club Rotary namurois en 1964, il conclut son discours en soulignant : « l'insigne que vous portez et celui que nous portons est un symbole de service, d'amitié, d'unité et de fidélité, le fier insigne de la loyauté ».

La politique, une seconde nature

Très attaché à Wépion, il ne quitte jamais son village natal ; peut-être faut-il y voir un atavisme, la famille de sa grand-mère paternelle étant propriétaire dès le XVIIe siècle de houblonnières au Vierly, et de la plus ancienne maison de Wépion subsistante, la ferme du Trieu Colin. Assez naturellement donc, André Detry souhaite s'investir dans la gestion de sa commune. À la veille des élections communales de 1964, il décide de fonder une formation politique nouvelle appelée Essor et Autonomie communale. Composée de onze candidats, elle se veut indépendante, persuadée que l'appartenance à un parti, quel qu'il soit, enchaîne l'Homme, si bien intentionné soit-il, et l'oblige tantôt à se taire ou à composer, alors que sa conscience de mandataire communal lui dicte le contraire. Son programme ? Un ensemble de choses indispensables contribuant au bien-être de tous : réseaux d’égouts, bâtiments scolaires, service social, centre de délassement pour jeunes et moins jeunes, séniorie, mais « nous ne promettons pas la lune, car nous avons les pieds sur terre et savons qu'un budget à respecter est une nécessité ». Contre toute attente, ce groupe remporte une majorité confortable et André est désigné comme échevin des Finances et de l'Instruction publique. Amoureux de la nature, les pelouses de sa propriété sont impeccables et ses variétés de roses nombreuses, il est attentif aussi à ce que l'Administration communale commande chez un horticulteur local différentes espèces en vue d'améliorer le parc communal : haies en berbéris, lauriers, tilleuls argentés, aubépines, frênes à fleurs, frênes et cerisiers à fleurs, déplacements de conifères et élagage de saules.

Premier magistrat de son village natal

En 1967, à la suite de rebondissements politiques, il devient avant-dernier bourgmestre de Wépion, avant que la fusion n'englobe la cité mosane, quatrième de la province par son étendue, dans un grand Namur. Il succède ainsi, le 22 décembre 1967, au docteur Joseph Istasse, lointain parent de sa grand-mère paternelle Provis, et dont il est à la fois proche sur le contenu et distant sur la méthode, mais pour lequel il tient à souligner combien son prédécesseur a très vite compris les développements nécessaires à la commune. Les articles de presse publiés alors dressent son portrait : « une grosse propriété à Wépion. Derrière son vaste bureau, très Président-Directeur-Général, le dernier bourgmestre en date de la province de Namur : Maître Detry. 47 ans ; grand, mince, on l'imaginerait volontiers sur le court, une raquette de tennis à la main ». Au-delà de l'image qu'il véhicule, on ne peut rester insensible au contenu comme en cette interview en 1968, signalant : « demain, nantie de très larges voies carrossables, de nombreux espaces verts et plantations, cette commune de chez nous offrira un cadre idéal au citadin à la recherche de l'habitat moderne, tel qu'on le conçoit déjà maintenant et tel qu'on le réclamera en cette fin du XXe siècle ».

Ambitieux pour son village

Dès 1968, il lance un Festival de la Fraise avec un vaste podium d'artistes emmené par le tintinophile Stéphane Steeman, festival pour lequel toute la presse écrite et parlée nationale est invitée à un cocktail le 11 juin. Le succès est immédiat, notamment grâce à la précieuse collaboration du journaliste Gustave Maison, et se poursuit de longues années encore. Sachant que le relationnel permet souvent de faire avancer les projets, il n'hésite pas à contacter amis ou parents pour la bonne cause. Le festival doit se faire connaître et pour cela, rien de tel qu'un passage au journal télévisé. Qu'à cela ne tienne, André s'adresse le 31 mai 1968 au cousin de sa mère, Etienne-Charles Dayez, directeur de l'information Radio et Télévision à la RTB, et c'est une réponse positive qu'il reçoit. Cheville ouvrière du Syndicat d'Initiative et de Tourisme, il n'a de cesse de redonner à Wépion cette caractéristique de perle de la Meuse qu'elle avait à la Belle Époque, quand fleurissaient le long de ses berges les villas qu'on leur connaît. Avec son parent Lucien Cuvelier, bourgmestre de Profondeville, commune distincte, dont l’épouse est descendante d’Adèle Detry, il crée des synergies plutôt que de la concurrence. Ses talents d'orateur font non seulement la joie du Barreau mais aussi celle de sa commune, où les occasions sont variées pour lui de briller avec humour, émotion, gratitude, qu'il s'agisse de fêtes ou d'inaugurations, de mariages, de funérailles ou, lors du cinquantenaire de l'armistice de la Première guerre Mondiale. Le 3 septembre 1968, il célèbre le mariage de Martine Huart, avec Paul de Sadeleer, petite-fille de Louis Huart, avocat et bourgmestre de Namur pendant de longues années. André rappelle avec émotion l'admiration qu'il avait pour lui et « qu'il y a 15 ans pratiquement jour pour jour, Louis Huart acquiesçait à la démarche qu'il avait faite auprès de lui d'assurer la fonction d'officier de l’État civil et de célébrer son mariage ».

Des facilités d'orateur

Dix mois plus tard, sur un mode digne et reconnaissant, il prononce un discours à la mémoire de Freddy de Wasseige, avocat et ancien bourgmestre de Wépion, dont il se plaît à souligner qu'il était « élégant et distingué, de cette distinction toute naturelle et sans recherche, de trait, de la parole, de l'allure. Elégance souveraine de l'esprit, des pensées, des sentiments. Reflet d'une âme dans laquelle rien de vil n'avait accès ». La sœur du défunt écrit à André le 30 novembre pour évoquer toute l'émotion et la gratitude suscitées par son discours. Très investi dans la paroisse Notre-Dame de l'Assomption à Fooz-Wépion, il est un mécène généreux de l'église. Il veille à l'entretien du presbytère, autrefois ferme d’une branche de la famille Detry, qu'il améliore par des plantations diverses. Soucieux de respecter le programme de son parti, il n'a de cesse de vouloir doter sa commune de nouvelles écoles, ce qui est fait en cette année 1970. Lors de l'inauguration le 3 octobre, il rappelle « qu'il n'était plus admissible que nos enfants reçoivent l'éducation scolaire dans des locaux menaçant ruine. Les nouvelles écoles, étalées sur le coteau de Brimez, sont spacieuses, claires, aérées, implantées dans un cadre paisible où la nature peut encore dispenser tous ses bienfaits. Notre population scolaire est en augmentation car les parents Wépionnais ont apprécié l'incomparable outil pédagogique que nous avons mis à leur disposition ». Il s'emploie encore et encore, parfois critiqué pour un certain penchant au luxe et au standing, à aménager l'Hôtel de Ville. Il veut aussi d'un chemin de halage qui invite à la balade et restructure d'ailleurs le Syndicat d'initiative, et la pose d’égouts qui font défaut, lui paraît une évidence pour une commune moderne. Attentif à l'environnement, il s'enquiert de ce que la construction de l'écluse de Tailfer n'enlaidisse pas le paysage, et s'inquiète très vivement de limiter les nuisances d'une usine installée face aux Collets. Il est aussi très conscient de la problématique, qui le démentirait aujourd'hui, des déchets, et adresse, dès décembre 1970, à nombre de bourgmestres voisins, dont ceux de Namur et de Profondeville, un courrier pour les sensibiliser à la nécessité d'installer une « usine d'incinération des ordures ménagères ».

Une opposition constructive

1970 est une année de contrastes. C'est celle de l'inauguration des nouvelles écoles, avec des essais de classes mixtes, et de l'aménagement du chemin de halage en une jolie promenade où le sens du détail est porté deux ans plus tard jusqu'à faire réaliser les modèles de bancs, tables, vasques et poubelles par les étudiants de l'école des Beaux-Arts. C'est aussi le moment où la télédistribution est amenée dans les foyers. Mais une fois de plus, le projet du Grand Pré, salle polyvalente, piétine. C'est encore l'année d'élections nouvelles. En trois ans à la tête de la commune, André l'a profondément transformée, l'équipant d'infrastructures nouvelles et performantes, car s'il est soucieux de préserver le passé, il est progressiste et son souhait est grand de développer ce village auquel il tient tant. Intransigeant sur ce qui ne lui paraît pas acceptable, il refuse tout compromis. Il s'en faut de quelques voix pour que son groupe emporte les élections. Il refuse toute alliance, alors même que celle-ci lui aurait valu le mayorat. Il choisit donc l'opposition, dès janvier 1968, pour terminer quelques années plus tard à la fusion des communes, une vie politique de douze années. Il prend alors la tête d'une opposition constructive mais forte, intransigeante, où les défis sont nombreux : le projet du Grand Pré tombe au profit d'un autre au Bienvenu, fort coûteux, mis en place non sans difficultés, création de la Criée, mais encore examen avec les communes avoisinantes du projet de fusion des communes. Les Wépionnais y sont hostiles à 73 %, considérant comme bien d'autres qu'il y a plus à perdre qu'à gagner. On connaît toutefois le dénouement.

En 1971, à l'occasion d'un événement Lion's, il aime à rappeler l'esprit de cet engagement : « le Lionisme n'est pas le privilège de ce qu'il nous plaît, c'est plutôt l'appel à chaque membre pour qu'il développe ses ressources morales, intellectuelles et spirituelles, selon son éducation et son rang, et qu'il les place au service de la collectivité. Ce préalable requiert aussi d'avoir foi dans l'intelligence. Et par là, entendez non pas seulement la faculté de comprendre abstraitement, ni l'action de connaître ou de savoir, de connaître ou de pénétrer par l'esprit, mais la faculté et l'action de connaître autrui, le connaissant, de le comprendre, le comprenant, de s'entendre avec lui. La sauvegarde des nations n'est que le corollaire des deux prémices que je viens d'énoncer ». Moment d'émotion aussi pour André en ce 17 avril 1971 où il accueille John Bradley, un Américain qui vécut à Wépion, lors de la Seconde guerre Mondiale, des journées d'une rare intensité. Trois Résistants wépionnais dont André sont là pour l'accueillir. En 1974, une partie du Grand Pré est vendue pour y construire une maison de retraite. Alors que la Villa Englebert, Le sous-Bois, est pressentie, la conciergerie de l'Hôtel de Ville devient le musée de la Fraise ; 1975, le lotissement du Beau Vallon voit le jour suite à une convention établie avec la société anversoise Engetrin, représentée par le comte Roger le Grelle. Un an plus tard, le complexe du Bienvenu est inauguré, quelques mois avant que la commune de Wépion disparaisse, englobée dans le grand Namur.

Professeur et Bâtonnier de l'Ordre des avocats

Spécialisé en droit commercial, André est avocat conseil de la Confédération nationale de la Construction. Il est aussi chargé du Cours d'Instruction criminelle au Centre d'instruction pour policiers de la Province de Namur, et assume cette charge plus d’un quart de siècle. Choisi par ses pairs à la tête du Barreau en 1978, il assure deux années de suite les fonctions de bâtonnier. C'est alors l'occasion de dîners à Forzée, dans la propriété de chasse de ses beaux-parents mise à sa disposition. Là aussi, comme en tout, il s'investit totalement. Considérant que la salle du Barreau n'est pas à la hauteur de ce qu'elle devrait être, il se lance dans une rénovation des lieux. Il fait tendre les murs de tissu, rafraîchir les patines, et rechampir les moulures à la feuille d'or. La grande salle, qui dispose d'une cheminée monumentale en pierres de Meuse, dites « grès du Samson » et d'un parquet à la Versailles, est en soi remarquable. Aussi André sollicite-t-il l'avis du baron Bonaert, architecte de l'Association des demeures historiques et membre de la Commission des Monuments et Sites. Ensemble, ils décident de l'installation d'un miroir Renaissance flanqué de trophées de chasse, tous trois en bois doré. Horrifié par l'éclairage mis précédemment en place, des néons, André décide à ses frais d'y faire installer quatre lustres à huit bras de lumière, comme l'y autorise le 13 juin 1979 Paul Bribosia, président du Tribunal, et arrière-grand-oncle de Nathalie della faille de Leverghem épouse de Philippe-Edgar Detry.

Enfin, dans un courrier du 4 octobre, le bâtonnier Detry adresse à l'administration générale des Affaires culturelles au ministère de la Culture française une requête par laquelle il sollicite le dépôt d'une œuvre de grand format, environ cinq mètres sur trois mètres cinquante, en lien avec Namur. On le voit, là aussi André donne la mesure de ses engagements. C'est encore à cette époque qu'en collaboration avec Henri Logé, notaire à Namur, est mis en place le Centre de consultations juridiques organisé avec la Chambre des notaires, l'Ordre des avocats et le Centre public d'aide sociale. André y est conseiller et ce Centre, qui permet à quiconque, gratuitement, de recevoir des avis juridiques sur diverses questions, connaît très vite un grand succès. Sollicitées pour créer de nouveaux bureaux de consultation, les professions juridiques y veillent. C'est le cas aussi du notariat qui charge Henri Logé, alors président du Cercle d'étude des notaires de Namur, d'examiner avec André Detry, alors bâtonnier, la faisabilité. Ce dernier se montre favorable au projet qui voit alors le jour, avec le concours du Centre Public d’Aide Sociale, et pour lequel le Barreau désigne Eric Borgers, avocat, comme représentant. Feu Maître Henri Logé aimait à rappeler le rôle de pionnier d'André Detry dans cette initiative.

Ses deux bâtonnats sont l'occasion pour lui de renouer, à côté de ses plaidoiries, avec l'art du discours. Ceux d'occasions particulières comme celui en hommage au président du Tribunal de commerce Jean Dantinne, ceux des Assemblées générales du Barreau ou ceux de rentrées comme celui qu'il prononce en réplique lors de la rentrée judiciaire de décembre 1979 à Maître Richard, orateur du jour, sur le thème de « Facettes-éloges du Discours » :

« Mon cher confrère,
Rassurez-vous... je ne vais point manier à votre égard la brosse à reluire. Mais il me plaît de vous dire... que votre discours est à la mesure de votre talent et de votre personnalité, dont l’éclectisme nous est bien connu, surtout depuis que vous exercez au Jeune Barreau vos qualités de révuiste où l'humour et votre causticité dépouillent jusqu'à la nudité, au risque d'offenser sa pudeur, certes devant un public averti, celui que votre perspicacité et votre flair place dans votre collimateur. Mais aujourd'hui, vous avez livré au grand public une des facettes d'un Pierre-Jean Richard peu connue de vos confrères, l'être qui, sous la raillerie, laquelle fait partie de sa nature, est doté d'un cœur tout empli de sensibilité, de poésie et de charme, ensemble de qualités où se forge le vrai orateur. Et qui n'hésite pas à jeter un cri d'alarme à l'homme d'aujourd'hui en l'avertissant que des machines à parler pourraient faire de lui, dans peu de temps, une mécanique stupide (...). Et de conclure : « Oui, Mesdames, Messieurs, nous devons croire en la parole et en la voix, ce souffle divin qui nous humanise. Et au soir de notre vie, en refermant le livre de nos expériences et de nos souvenirs, il se peut que les idées développées avec passion aient perdu, à nos yeux fatigués mais assagis, leurs couleurs chatoyantes et leurs arêtes trop vives. Les images aussi peuvent s'estomper sous l'ombre lumineuse qui distingue parmi leurs traits adoucis et confondus, les reflets privilégiés de l'amour, de l'amitié ou de l'estime. Mais l'oreille n'en devient que plus attentive et se fait mémoire pour retenir, à travers la musique de la vie et des êtres, la preuve essentielle de ce qui a été et dont l'écho demeure, comme une certitude éternelle.
 »

Sa réplique est ovationnée et son talent d'orateur consacré, s'il doit encore l'être. Son hommage au bâtonnier Piette suscite le même intérêt, et c'est avec la même foi, le même attachement à sa profession, la même générosité de cœur et le même talent, qu'il prononce en 1980 son discours à l'occasion de l'accès à l'éméritat, le 1er février, de Paul Bribosia, président du Tribunal :  « (...) votre sympathique attention a bien souvent allégé nos scrupules, et sur votre visage, nous y lisions la bienveillance et avec elle, l'explication qu'il n'existe ni de défaites, ni de victoires, mais un apaisement entre les hommes quand les juges avertis prononcent selon leur conscience ». Paul Bribosia lui répond alors, ému : « vous venez tout récemment encore de me donner la mesure de la délicatesse de vos sentiments à mon égard en me communiquant une photocopie d'une lettre de mon père qu'il vous avait écrite, de son écriture ferme à l'âge de quatre-vingt-neuf ans. Vous veniez en 1954 de prononcer le discours de rentrée de la conférence du Jeune Barreau en évoquant la célèbre histoire de la succession du Chevalier Legrain. Mon père vous prédisait une splendide carrière. Comme il avait raison ! ».

En juin de la même année, c'est Louis Wautier qui fête ses cinquante ans de vie professionnelle. Et André de préciser : « dans vos activités, vous avez montré que le Barreau n'est pas bénéficiaire de privilèges de castes qui s’avéreraient une survivance de temps et de régimes révolus, dont la défense ne pourrait plus être que précaire et sans espoir, mais que tout ce que l'on a présenté sous ce vocable ne sont que des prérogatives reconnues à l'avocat, non pour son avantage personnel, mais afin que dans l'intérêt du justiciable, il puisse remplir des devoirs qui lui incombent avec l'indépendance nécessaire sans laquelle leur exercice ne serait qu'illusoire ».

Un départ inopiné

Le 12 janvier 1981, The International Association of Lion's Clubs décerne à André la qualité de membre à vie du Lion's Club de Namur en reconnaissance du service remarquable qu'il a fourni en qualité de membre. Le 3 novembre de la même année, il se rend, quoi de plus naturel, au Palais pour plaider. Rentré à Wépion, il est pris de douleurs. Terrassé par une crise cardiaque à soixante et un an, les secours n'ont pas le temps d'arriver. Sa famille, ses amis, le Barreau, tous sont anéantis à l'annonce de cette nouvelle. Les témoignages de sympathie sont très nombreux et l'église de Fooz-Wépion, bien trop petite le jour des funérailles pour contenir la foule désireuse de s'incliner devant lui. Quelques jours plus tard, une cérémonie d'hommage lui est rendue au Tribunal, et deux témoignages résument ce qu'il fut. Monsieur Remy, Procureur du Roi, rappelle « qu'il s'agissait d'un juriste qui défendait ses dossiers, avec une minutie et une précision remarquables, adversaire redoutable et courtois, guide efficace pour ses confrères du Barreau, conseiller austère mais judicieux, orateur qui possédait la rigueur de Descartes avec l'envolée de Bossuet ». Quant au bâtonnier Grandmoulin, il rappelle (...) : « Au fil des années, en même temps que ses qualités professionnelles achèveront de se perfectionner et de le faire choisir au sein d'associations professionnelles d'entrepreneurs, le caractère d'André Detry s'achèvera dans le raffinement des principes de la confraternité et de la déontologie. C'est alors un combat de tous les jours qu'il va mener contre ce qu'il appelait « les relâchements et le désenchantement de notre ère permissive », et de conclure : « lorsque nous l'avons conduit à sa dernière demeure, le drapeau belge enveloppant son cercueil, resplendissait sous le soleil. Au cimetière de Wépion, sur les hauteurs qui dominent la Meuse, et d'où le regard embrassait les lointains mordorés de l'automne, toutes les fleurs de la Toussaint, sur les tombes, avaient ravivé leurs couleurs resplendissantes pour l'accueillir. Le dernier souvenir que nous allions emporter de lui ne pouvait pas être autre chose qu'un souvenir de lumière et de beauté ». Qu'ajouter ? Sauf peut-être les derniers mots d'une longue épître de l'abbé Gervy, curé de Wépion, à son sujet : « André se montra affectueux lorsque près de sa mère, morte il y a quelques mois à peine, il faisait sa petite halte quotidienne : il avait pour elle une dévotion. Cela dénote un grand coeur ».

Un « Jardin André Detry » à Wépion

En 2011, dans une partie du Grand-Pré, jouxtant la propriété d'André Detry à Wépion, est créé un jardin des petits fruits portant son nom, en témoignage de son inlassable dévouement à faire de Wépion « la perle de la Meuse ». Son épouse lui survit trente ans en demeurant active et disponible pour les siens et ceux auxquels elle se dévouait : les nouveaux nés et les personnes âgées. Lors des témoignages recueillis, vers 1982, pour l'édition d'une étude historique sur le Saint Désert de Marlagne à Wépion, Marie Delculée, nonagénaire wépionnaise aime à évoquer dans ses souvenirs sur la famille Drion occupant autrefois le château de Marlagne : « Madame Henri Drion, je ne saurais mieux la remettre qu'à Madame Detry, ici maintenant. Elle était dans tout, pour les pauvres, pour tout ».

La fille d’André Detry et Anne-Marie Henry, Chantal DETRY (° 1957), licenciée en droit de l'Université catholique de Louvain (UCL), avocate au Barreau de Namur, avocate conseil du Département des Finances, conseiller honoraire auprès de l'Ordre des avocats du Barreau de Namur, administrateur de SELINA (centre PMS, PSE et santé mentale de la Province de Namur), médiatrice juridique agréée, épouse à Wépion le 27 juil. 1985 Alfred Tasseroul (° 1955), licencié en droit de l'Université Catholique de Louvain (UCL), agrégé de l'Enseignement moyen et supérieur, bachelier en philosophie, licencié en droit administratif de l'Université libre de Bruxelles (ULB), post gradué du Centre universitaire de Dubrovnik (Croatie), avocat au Barreau de Namur, membre du Lion's Club d'Andenne, auteur de publications. Dont descendance.

Galerie de photos et de documents


[1] P.-E. Detry, Quand rament les Namurois, Namur, 2012, pp. 29-33.


P.-E. Detry, La famille namuroise Detry, autrefois de Try. Cinq siècles d’histoire, Namur, 2015 ; Archives de la famille Detry ; Archives du Collège Notre-Dame de la Paix à Erpent, Palmarès de la Section des Humanités et de la Section préparatoire des Facultés et Collège Notre-Dame de la Paix à Namur sous la direction de la Compagnie de Jésus, Namur, 18 juillet 1929, pp. 25-26 ; Vers l'Avenir, 28 novembre 1939, 8 janvier, 31 octobre 1946, 30 avril 1947, 29 janvier, 26 février 1948, 13, 14, 16, 25 juillet, 1er août, 3 septembre, 13 octobre, 5 novembre 1949, 27 mai, 6 juin, 4, 18 novembre 1950, 5 octobre 1953, 7 décembre 1959, 2 décembre 1968, 24 février 1969, 5 octobre 1970, 25 juin 1973, 11 juin 1980, 21-22 juillet 1980, 4, 17 novembre, 7 décembre 1981, 1er juin 1983, 29 octobre 1984, 1er février 2000, 27, 31 janvier 2001 ; La Gazette de Charleroi, 25 mars 1948 ; La Libre Belgique, 13 juillet 1949 ; « Pendant deux ans Maître André Detry présidera aux destinées du Jeune Barreau de Namur », coupure de presse non identifiée conservée dans les Archives de la famille Detry, 1958 ; Tableau de l'Ordre des Avocats près le Tribunal de Première Instance de Namur, année judiciaire 1957-1958 ; La Dernière Heure, 17 juillet 1967, 29-30 décembre 1968 ; Publi Namur, 2 février 1968, 16 janvier 2001 ; Belgique n° 1, 2 février 1968 ; Le Rappel, 13 juin 1968 ; Le Journal de Charleroi, 13 juin 1968 ; La Meuse, 14 juin 1968 ; La Lanterne, 14 juin 1968 ; Wépion 2000, juin 1969, février et décembre 1970, février 1974, août et décembre 1981, octobre 1983, juin 1987 ; La Nouvelle Gazette, 26 juin 1978 ; Le Soir, 4 septembre et 5 décembre 1979, 3 février 1980 ; L'écho, journal paroissial de Wépion, 14 novembre 1981 ; La Construction, 13 novembre 1981 ; Hommage rendu par le tribunal de 1ère Instance à Monsieur le Bâtonnier André Detry le 16 novembre 1981 : discours du Bâtonnier ; Eloge funèbre de Monsieur le Bâtonnier André Detry prononcé à Wépion le 6 novembre 1981 ; Le Saint Désert de Marlagne à Wépion, Bruxelles, 1983, pp. 112,142 ; P. Bribosia, Mémoires de 50 années d'histoire d'un Palais de justice, Mettet, 1988, pp. 38, 75, 111-114 ; Raconte-moi ton école, Wépion, 2006 ; S. Bouchat, P.-E. Detry, P.-P. Dupont, et D. Franquien, Villas mosanes et tourisme à Wépion, 2007, p. 96, ainsi que de nombreux articles de presse conservés dans les archives familiales et non identifiés ou datés : « L'affaire Guillaume Bastin par Maître André Detry » in Nouvelle Gazette ; « Un procès namurois retentissant » in La Meuse ; Le nouveau bourgmestre de Wépion, A. Detry, prend ses distances vis à vis des socio-chrétiens ; Le nouveau bourgmestre de Wépion, Maître André Detry ; Au conseil communal de Wépion : installation du bourgmestre et élection d'un échevin ; « A Wépion, Monsieur le Bourgmestre Detry remet 71 distinctions honorifiques » in Vers l'Avenir, 1969 ; L'aménagement du « Palais communal de Wépion » ; Au pays des fraises : quand le bourgmestre démissionne ; « Wépion, mort d'un conseiller communal » in Vers l'Avenir ; « Avant les souvenirs » in Vers l'Avenir ; « Maître Houchard dans son discours de rentrée de la conférence du Jeune Barreau » in Vers l'Avenir ; « Hommage à Maître Bribosia » in Vers l'Avenir, 1980 ; « Les noces d'or du bâtonnier et du Barreau » in Vers l'Avenir, 1980 ; Wépion 2000, décembre 1970, avril 1971, janvier 1977, février 1980. Journal des musées en province de Namur, 2e trimestre 2012 ; Wépion 2000, août 1973 et août 1980 ; Clin d'oeil, 3 février 1999 ; Archives du Lion’s Club de Namur (« Charte, coupures de presse diverses rarement identifiées », La Nouvelle Gazette, 4 février 1953) ; U. Arquin, L’étonnante odyssée industrielle namuroise des XIXe et XXe siècles, Bastogne, 2025, p. 133 (Jacques Stéphenne).


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