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Une voie industrielle

Valère Detry

Valère DETRY, diplômé en Chimie et Economie industrielle de l'École industrielle de Charleroi, adjoint à la Direction pour la SA des Glaces d'Auvelais (de 1896 à 1913) et ensuite chef de division à l'Union Commerciale des Glaceries Belges, administrateur de sociétés, président des Grandes Courses Vélocipédiques d'Auvelais, médaille d'or de l’Ordre de la Couronne, né à Dour le 10 novembre 1873, décédé à Uccle le 9 mai 1953, épouse à Héverlé le 10 mai 1900 Olga Frère née à Gilly le 10 novembre 1876, décédée à Uccle le 28 avril 1925, fille de Gustave, employé de banque, et de (sa cousine germaine) Zoé-M.-Victoire Frère.

Jumeau de sa jumelle

Jumeau de Valérie, Valère Detry est le fils de Adolphe (1839-1916), ingénieur et directeur de charbonnages. Il est le deuxième de dix enfants et évolue dans un milieu industriel marqué par les charbonnages dont son père est directeur, et les glaceries que son oncle Jules Detry (1846-1919) dirige à Roux puis à Auvelais. Si son frère, René Detry (1880-1966), suit l'exemple paternel comme ingénieur et directeur de charbonnage, Valère débute sa carrière aux Glaceries d'Auvelais auprès de son oncle, tout en suivant des cours, le dimanche, de chimie et d'Economie industrielle à l'École industrielle de Charleroi. Il s'investit au mieux dans sa profession et dans la commune où il l'exerce : Auvelais. Président dès 1898 des « Grandes Courses Vélocipédiques » de cette commune, il se dévoue avec force pour que cette organisation rencontre le plus grand succès. Composée de plusieurs épreuves distinctes sur pistes, de 3, 4 et 6 km, elle comporte des courses de vitesse et de fond sur piste pour tous coureurs, de fond sur route pour tous coureurs avec et sans entraînement sur une distance de 22 km, et « d'une course de consolation pour tous coureurs ayant pris part à trois courses sans avoir remporté de Prix ». Le départ se donne au Pont de Sambre, avec passage par Jemeppe, Onoz, Tamines et Falisolle. Les annonces signalent que les adhésions de candidats « sont à adresser à M. le Président, Valère Detry à Auvelais » et « qu'il y a 200 francs de Prix ».

Il entre dans une ancienne famille de Gilly

À vingt-sept ans, Valère Detry épouse Olga Frère appartenant à une ancienne famille industrielle de Gilly, proche de son oncle, le docteur Louis-Philippe Detry (1851-1914), et active dans la brasserie et la banque et donnant des bourgmestres à la ville. Trois enfants couronnent cette union, deux fils et une fille, et bien que Valère soit envoyé par l'Union des Glaceries Belges en Hollande, il ne cesse, à distance, de se préoccuper de la vie des siens et de l'éducation de ses enfants. Alors que sa fille Laure Detry (1905-1998), professe chez les Soeurs de Notre-Dame de la Retraite du Cénacle à Bruxelles, membre de l'asbl des Pèlerinages diocésains de Namur, et de la Légion de Marie, est dame de compagnie de Monseigneur Lefèvre, Prélat de Sa Sainteté le Pape, ses fils, André Detry (1903-1990), licencié en Sciences commerciales de l'Institut Supérieur de Commerce de l'État à Anvers (I. S. C. E A), diplômé de la « Business School of New York University » et de l'École d'ergologie de l'Institut des Hautes Études de Belgique à Bruxelles, est cadre pour diverses compagnies industrielles en Ecosse, aux Etats-Unis, au Maroc puis en Belgique, alors que Jean Detry (1907-1944), ingénieur commercial Solvay, devient directeur à la Commission bancaire à Bruxelles.

Quand, à la joie d’un cocon, succède une mort brutale

Le 19 juillet 1923, Valère Detry dépose à l'administration communale d'Uccle une demande de permis de bâtir pour la villa qu'il a commandé clefs sur porte à l'architecte alors en vue, Albert Huvenne, dont les bureaux sont situés rue de l'Amazone 11 à Ixelles. La villa sise au Dieweg 48 est agréable, composée d'un grand salon, d'une salle-à-manger spacieuse ouvrant sur une grande terrasse, d'un fumoir et de quatre grandes chambres à coucher. Le jardin est pourvu ultérieurement d'une serre et est joliment fleuri et arboré. Toutefois le bonheur est fragile et la pendaison de crémaillère est à peine faite qu'Olga, l'épouse de Valère, décède dans ce nouveau home, en 1925. Son époux lui survit près de trente ans et a la douleur, alors que la fin de la Seconde guerre Mondiale se profile, de perdre son fils André, promis à une brillante carrière, qui meurt le 13 octobre 1944 d’une encéphalite contractée un mois plus tôt.

Galerie de photos et de documents


P.-E. Detry, La famille namuroise Detry, autrefois de Try, Namur, 2015, pp. 111-113.


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