« L'ingénieur a été et est toujours un créateur d'histoire. »
– James Kip Finch
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Adolphe DETRY, ingénieur des Mines de l'Université de Liège (1861), directeur des travaux à Piéton-Campagne, ingénieur directeur-gérant aux Viviers-Réunis à Gilly, ingénieur en chef aux Charbonnages-Unis de l'Ouest de Mons, directeur du charbonnage d'Appaumée, ingénieur directeur-gérant des Charbonnages-Réunis de la Basse-Sambre à Tamines, membre de la Commission médicale provinciale et du Comité de salubrité publique (1882), membre adhérent au Congrès national de Prophylaxie des maladies pestilentielles exotiques à Anvers en 1885, membre de l'Association des ingénieurs sortis de l'École de Liège, membre de l'Association libérale du canton de Gosselies, né à Saint-Amand le 17 août 1839, décédé à Saint-Gilles (Bruxelles) le 25 mars 1916, épouse à Spy le 13 décembre 1871 (sa cousine germaine) Laure Lefèvre, née à Charleroi le 8 septembre 1850, décédée à Saint-Gilles le 15 janvier 1924, fille de François, notaire à Charleroi, et de Marie-Adolphine Stalon.
Sixième des douze enfants de Maximilien Detry (1806-1872), conseiller provincial du Hainaut et bourgmestre de Saint-Amand, et de Philippine Stalon, Adolphe est très souvent cité comme bon élève au Collège de Charleroi, puis poursuit comme on le sait des études d’ingénieur. Alors qu’il est en activité à Dour, il est actionnaire de la Société anonyme des Charbonnages de la Réunion et de Serre et Magrawe à Gilly. Il l’est également pour les Charbonnages réunis à Tamines qui ont été constitués devant le notaire Richard à Namur le 15 juin 1858 autour d’un capital de 1.200.000 francs. La Société n’a jamais été très prospère et finit en liquidation. Les liquidateurs sont Adolphe Detry qui, directeur-gérant des lieux est chargé des visites, Philippe Passelecq, directeur de charbonnages à Marchienne-au-Pont, Arthur Jeanmart, avocat à Namur, Félix Brabant, ingénieur à Jambes, Charles Douxchamps, avocat à Namur, et Alphonse Cavenaille, industriel à Tamines. L’étendue du charbonnage est vaste : 400 hectares sous Tamines, 124 sous Moignelée, les bâtiments et matériel d’exploitation, ainsi que les trois cités ouvrières comprenant 36 maisons avec jardin sises à Tamines. Libéral convaincu, comme ses frères Jean-Baptiste, Jules, Adolphe et Philippe-Léopold notamment, il est présent les 29 et 30 mai 1887 au congrès libéral progressiste qui se tient dans la grande salle du musée du Nord à Bruxelles qui se trouvait alors au sein même du Passage du Nord reliant la rue Neuve à la Place de Brouckère. Entre-temps il épouse à Spy le 13 décembre 1871 sa cousine germaine Laure Lefevre, dont les mères respectives sont sœurs, et fille de notaire à Charleroi. Son épouse lui donne alors dix enfants en quatorze ans, cinq filles et cinq fils, les deux derniers prénommés chacun Albert mourant à quelques mois et onze ans. Même si l’on sait combien les conditions de vie sont difficiles dans les charbonnages à l’époque, Adolphe Detry qui en dirige successivement plusieurs est progressiste et soucieux d’améliorer le plus possible le quotidien des ouvriers.
Le Journal de Charleroi dans son édition du 30 décembre 1870 signale d’ailleurs « que Messieurs Clercx, directeur général des charbonnages du Centre de Gilly, et Detry, directeur-gérant du charbonnage des Viviers Réunis, viennent de mettre à la disposition du Bureau de Bienfaisance de Gilly, le charbon nécessaire aux pauvres de cette commune. Nous apprenons de plus, qu'un comité de charité est formé à Gilly, et qu'il se rendra à domicile afin de recevoir les souscriptions. Trois magnifiques concerts seront donnés prochainement au bénéfice des pauvres ouvriers sans travail, par les cinq sociétés de musique de Gilly ». Préoccupé par les maladies qui se répandent dans les charbonnages, il est membre adhérent en 1885 du Congrès national de Prophylaxie des maladies pestilentielles exotiques qui se déroule à Anvers du 26 au 31 août 1885, et ce aux côtés de membres correspondants ou étrangers qui sont ressortissants d’Algérie, d’Allemagne, d’Amérique, d’Angleterre, de Autriche-Hongrie, Danemark, Espagne, Egypte, France, Hollande, Italie, Japon, Portugal, Roumanie, Russie, Suède, Norvège, Suisse ou Turquie. Ce congrès rassemble un très grand nombre d'adhérents belges et étrangers et on reste admiratif devant la représentation internationale ; non seulement les pays limitrophes mais encore l'Amérique, le Danemark, la Suède, la Norvège, la Russie la Grèce, le Japon, l'Egypte etc. Il est placé sous la présidence du docteur Hyacinthe Kuborn et la présidence d'honneur du Prince de Caraman Chimay, ministre des Affaires étrangères.
Soucieux de l’éducation intellectuelle de ses filles, il encourage le féminisme et tant sa fille Alice (1872-1943) que sa fille Blanche (1878-1966) marquent de leur empreinte sa descendance féminine. Quant à sa descendance du nom, ils sont nombreux à s’être distingués à plus d’un titre. Notamment Valère (1873-1953), André (1903-1990), Jean (1907-1944), Françoise (1937-2023) ou René Detry (1880-1966).
P.-E. Detry, La famille namuroise Detry, autrefois de Try, Namur, 2015, pp. 105-127 ; Journal de Charleroi, 23 octobre 1856 ; Journal de Bruxelles, 10 septembre 1857 ; A. Le Roy, Liber memorialis. L’Université de Liège depuis sa fondation, Liège, 1869, p. CXVI ; Annexe au Moniteur belge, 26 février 1875, 30 juillet 1882, pp. 143, 2927, 5 juillet 1884, p. 3397 ; Société Royale de Médecine de Belgique sous le Patronage de S.M. le Roi, Congrès national scientifique, Prophylaxies pestilentielles exotiques, Bruxelles, Paris, 1886, p.45 ; Dictionnaire du Commerce, de la Bourse, de la Banque et des Assurances, 1887, p. 553 ; Congrès libéral progressiste, Bruxelles 29 et 30 mai 1887, p. 9 ; Le Soir, 20 janvier 1924.