« Il est très facile de se taire mais il est très difficile de savoir se taire. »
– L. Dumur
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Louis-Philippe dit parfois Louis DETRY, candidat en Sciences naturelles de la Faculté des Sciences de l’Université de Liège, docteur en médecine, chirurgie et accouchement avec la plus Grande Distinction de l'Université de Liège [1], souscripteur de la Manifestation en l’honneur du Professeur Schwann, membre de la Commission médicale provinciale et du Comité de salubrité publique (1882), actionnaire de l’Union de crédit de Charleroi (1896), inspecteur du service médical des Charbonnages des Houillères-Unies et de Noël-Sart-Culpart, chargé du service médical des Charbonnages Réunis, du Trieu-Kaisin, des Forges de Gilly et de nombreuses autres industries de la région, médecin au service du Grand-Central et des Chemins de Fer de l'État belge, membre du Bureau de bienfaisance de Gilly [2], président de la Commission d'Hygiène de cette commune [3], membre de la Société de médecine de l'arrondissement de Charleroi, lieutenant-colonel commandant la Garde civique de Gilly , conseiller communal puis échevin libéral de l'Instruction publique de cette commune , président de la Commission de l'Instruction publique et du Comité scolaire de Gilly, membre de l'Association libérale du canton de Gosselies, président d'honneur de la Société de Tir de Gilly, membre de la Fédération des Tireurs du bassin de Charleroi, conférencier sur différents sujets, amateur horticole et membre du Cercle horticole de Gilly, membre-fondateur de la Société régionale protectrice des animaux de Charleroi, membre du jury des équipages du « Longchamp fleuri » de Gilly, membre du Comité de patronage du « Grand concours National et International de Tir » organisé pour les fêtes de l'Indépendance (1905), officier de l’Ordre de Léopold, Croix civique de 1ère classe, médaille commémorative du règne de S. M. Léopold II, né à Saint-Amand-lez-Fleurus le 7 mai 1851, décédé à Gilly le 9 avril 1914, épouse à Mellet le 5 février 1879 Marie Langhendries [4], médaille commémorative de la guerre 1914-1918 [5], née à Mellet le 10 septembre 1857, décédée à Saint-Gilles-lez-Bruxelles le 27 mars 1924, fille de Victor, fermier-propriétaire et bourgmestre de Chassart sous Mellet [6], vice-président de la Section agricole de Fleurus dont le président d'honneur était Maximilien Detry, membre de la Commission du canton de Gosselies chargée de l'expertise des taureaux, et de Marie-Joséphine Stainier. [7]
Louis-Philippe Detry voit le jour au sein d’une famille aimante, où le goût du devoir en toute chose est un fil conducteur permanent, et où la politique est omniprésente en tant qu’engagement tel celui de son père, Maximilien Detry (1806-1872) qui le lui démontre chaque jour. Eduqué aux valeurs de l’étude, du travail et du don de soi, il conquiert avec la plus grande distinction son diplôme de docteur en médecine, chirurgie et accouchement à l’Université de Liège. Tout jeune étudiant à cette université, il est profondément marqué, en 1869, par la mort d'un ami, Narcisse Pirmez, qui termine alors ses études de médecine. La presse relate que l'Université est ce jour-là fermée et les cours suspendus, et que les étudiants, très nombreux, et porteurs d'un drapeau recouvert d'un crêpe noir, se sont rendus à Villers-Potterie où l'un d'eux, « M. Detry de Saint-Amand, a prononcé, les yeux pleins de larmes, un touchant discours » où il dépeint son ami comme « (...) vif, aimant, généreux et possédant les plus belles qualités de l'amitié mais qu'hélas jeunesse, force, intelligence, rien n'a grâce devant la mort impitoyable qui fauche, qui anéantit (...) ». [8]
Ayant vécu toute sa jeunesse dans la campagne de Saint-Amand-lez-Fleurus, il n’hésite pas, dès avant son mariage, à exercer la fonction de médecin à Gilly, petite cité industrielle, où la vie est, pour la plupart, difficile. Il côtoie, même si lui est du bon côté de la frontière sociale, la misère, mais tous ses contemporains sont unanimes pour épingler ses qualités de coeur et sa bonté naturelle. Par sa famille, par son mariage avec Marie Langhendries, appartenant elle aussi à une famille bien établie socialement [9] et bien connue des Detry, tous les salons lui sont ouverts. La jeune femme nous apparaît, à l'époque de son mariage, comme plutôt jolie, coiffée comme la mode le suggère à l'époque de deux longues nattes posées sur la droite du visage, et portant une demi-parure dans le goût du Second Empire. [10] Leur contrat de mariage, qui prévoit la communauté légale, est passé devant le notaire Edouard Chaudron, à Frasnes-lez-Gosselies, le 6 janvier 1879.
Proche des plus démunis dont il est le médecin, Louis-Philippe est aussi très actif au sein du Bureau de bienfaisance de Gilly. Inspecteur des charbonnages et médecin d’un grand nombre d’établissements industriels, président de la Commission d’hygiène, il soulage au quotidien la misère. Les cas dans lesquels il intervient sont des plus variés et la presse le plus souvent relaye ses bons offices. Lui-même faillit être blessé dans un « accident de roulage ». En effet, en juin 1883, la presse rapporte « qu'hier après-midi, le cheval attelé de Monsieur le docteur Detry s'est emporté subitement. Le docteur a été jeté à bas de sa voiture mais sans aucun mal. Le cheval se dirigea d'une course folle droit vers son écurie. Dans la cour, la voiture heurta une échelle sur laquelle travaillait un blanchisseur à une hauteur de cinq mètres. Celui-ci fut renversé et très grièvement blessé à la tête. Dans la Grand-rue, deux personnes courageuses, MM. Émile Faulx et Alfred Nisolle s'étaient jetées à la tête de l'animal mais n'avaient pu le maîtriser. Peu s'en fallut même qu'ils ne payassent cher leur dévouement ».
Pour ce qui est de ses malades, la diversité est de mise : il s'agit tantôt de patients écrasés par un chariot, d'accidents lors de fêtes, de tentative ou de meurtre, de brûlures, de coups de sabot de cheval, de coups de fusil, de rixes dans une verrerie, de crises de nerfs, de coups de grisou ou de cocher éjecté de sa carriole. Le courage ne doit pas lui manquer quand on sait qu'en 1885, à l'occasion d'une fête à Gilly, un jeune verrier est horriblement blessé par l'explosion d'un pétard qui « emporte la main et le blesse à l'oeil, les docteurs Detry, Calicis et Rossignol réunis autour de lui n'ayant d'autre solution que de lui couper le poignet ». En 1888, il intervient tantôt pour un ouvrier travaillant aux ateliers de construction de Gilly qui a eu les deux bras cassés et « dont il replace les membres démis », et pour de graves blessures portées sur un travailleur lors d'une agression en rue à 3h du matin. En 1892, il donne la vie à un bébé de 4 kg, ce qui n'aurait en soi rien que de réjouissant si la jeune mère n'avait… 14 ans. Le journal local précise « que la Justice enquête sur ce cas flagrant de détournement de mineure ». Cinq ans plus tard, c'est un ouvrier de dix-huit ans qui est grièvement blessé, os frontal fracturé et clavicule brisée, dans les ateliers de construction de Madame Berger à Gilly et il est précisé « que son état est tout à fait désespéré ». Vers 1897, Louis est assigné en justice pour n'avoir, étant seul témoin, déclaré qu'après trois jours la naissance d'une enfant dont il a accouché la mère. Le Tribunal le condamne à vingt-six francs d'amende. [11] Deux ans plus tard, il soigne les blessés d'une rixe entre « deux clans, l'un composé de Wallons et l'autre de Flamands ». En 1902, c'est un piéton qui, à la suite de la rupture d'un fil de trollez de vicinal, est électrocuté, et dont s'occupe le docteur Detry, appelé par ailleurs pour « panser les plaies » dans le cadre d'une triple tentative de meurtre à Gilly. En 1910 enfin, une épouse poignardée par son mari à Farciennes, nécessite les soins les plus délicats. Entre-temps, en juin 1884, Louis-Philippe Detry, tient les cordons du poêle lors des funérailles du docteur Florent Hannoteau, médecin de l'Université Libre de Bruxelles et bienfaiteur des pauvres [12], et il lui échoit la douloureuse mission de prononcer un discours.
En 1896, Louis-Philippe est actionnaire de l’Union de crédit de Charleroi, Société anonyme dont le siège est rue Ferrer 14 et qui a été constituée devant le notaire Cornil à Charleroi le 12 octobre 1896. Trois ans plus tard, il effectue un mandat écrit aux fins suivantes : « je soussigné docteur Louis Detry, de Gilly, déclare par la présente constituer par mon mandataire spécial, M. Henri Lambert (descendant de Marie-Valentine de Try), industriel à Charleroi, à l’effet de concourir et prendre part en mon nom à la formation d’une société anonyme des glaces et verres spéciaux de Tilly ayant pour objet la fabrication de tous objets en verre pressé, roulé, moulé et poli et toutes les opérations industrielles, commerciales et financière s’y rattachant (...). Donné à Gilly le 5 avril 1899 ». Emile Fourcault et Emile Gobbe, appartenant à une famille dont Mme Edgar Detry est issue, y seront actifs au tournant du XXe siècle.
Louis-Philippe et Marie voyagent peu mais comme une bonne partie de la société du moment, passent l'été soit dans la vallée de la Meuse et notamment au château de Frène appartenant aux Misonne, famille à laquelle les Detry sont alliés par Madame Charles Tomboy née Marie-Valentine de Try, soit à la côte belge. Ostende par sa présence royale, est une destination de choix et ils y sont régulièrement. En 1884, ils sont à l'hôtel de la Digue, et la liste des « étrangers » arrivés alors dans la cité balnéaire fait état non seulement du « docteur Louis Detry, de Gilly » mais aussi « du notaire Cochet, du docteur Capart, du baron de Vicq de Cumptich, propriétaire, du comte de Glymes, du baron Goffinet [13], du marquis Aguero de la Riva, tous de Bruxelles, de la comtesse de Beauregard, de Paris, d'Alphonse Halot, ingénieur à Louvain, de Madame Kervyn d'Oud Mooreghem, rentière à Mariakerke-lez-Gand [14], de Stanislas de Filipkowski, ingénieur à Varsovie ou du comte de Rechberg, de Munich ». En 1888, Marie y est seule avec les enfants et le personnel, dans une villa rue de l'église. Peut-être profite-t-elle de l'annonce parue dans » La Saison d'Ostende » où son arrivée est signalée, et qui précise que « satisfaisant à un désir exprimé par un grand nombre de Dames, et après entente avec qui de droit, le comité du club privé du Kursaal a l'honneur d'informer la colonie étrangère, que les Dames seront admises à faire partie du Club, où elles trouveront les mêmes distractions qu'à Spa ». En 1892, toute la famille est réunie à l'hôtel de la Couronne où le journal de la côte les informe « des influences du vélocipède sur quelques fonctions organiques » et « que toutes les couturières sont vraiment affolées en ce moment par les caprices subits de la mode ; elles ne savent, en effet, quel style adopter, pour être dans le vrai mouvement choisi ». Si Marie a sans doute ce type de préoccupation pour ne pas détonner à l'heure du thé, Louis-Philippe conserve ses habitudes et participe en 1893 au Grand concours national de Tir de la Garde civique, au casino, où il remporte « deux cuillers à café en argent aux armes de la ville ».
C'est à nouveau dans une villa qu'on retrouve toute la famille, chaussée de Nieuport, en 1910, alors que trois ans plus tard, elle est au Regina, un des hôtels luxueux de la place où descend leur cousin Léon Detry (1850-1930), bourgmestre de Gembloux. Si le journal « La Saison d'Ostende » aime à souligner cette année-là, que sous l'influence de la France, la Belgique est, elle aussi, devenue un pays de gastronomie, il annonce les concerts qui marquent l'Exposition Universelle de Gand, et souligne dans la chronique mondaine que « le Prince et la Princesse de Ligne accompagnés de leurs enfants et d'une nombreuse suite, sont descendus à la Villa des Familles et qu'il y séjourneront environ une dizaine de jours » et que « Léopold II avait un yacht, l'Alberta, mais ce yacht qui fut compris dans les biens d'une des fondations créées par le feu Roi, n'est pas demeuré propriété de la Couronne. Le Roi Albert va, paraît-il, se faire construire un bâtiment. Les plans seraient commandés à un ingénieur naval anglais ». Enfin, il est rappelé que « la petite Princesse Marie-José, née à Ostende le 4 août 1906, est entrée lundi dans sa huitième année ». Future Reine éphémère d'Italie, elle aura comme aumônier, le petit-neveu de Louis-Philippe, le chanoine Jules Detry (1905-1980). [15]
Membre de l'Association libérale du canton de Gosselies, Louis-Philippe Detry a bien l'intention, à l’image de son père, de son grand-père et de nombre de ses ancêtres et parents, de se dévouer à la chose publique. Candidat des libéraux pour l'élection du 19 octobre 1884, il est élu avec 687 voix, après avoir été scrutateur lors des élections législatives du 8 juillet. Conseiller communal puis échevin de l'Instruction publique, président de la Commission y relative, la carrière politique de l'intéressé est loin d'être de tout repos, d’autant en cette période de « Guerre scolaire ». [16] S'il est fortement apprécié, voire quasi adulé, dans les fonctions qu'il occupe ensuite de longues années durant à la tête de la Garde civique, son passage au conseil communal est houleux, et terriblement chahuté. On ne sait s'il faut l'attribuer à un caractère fort et indépendant, ce qui est un fait, ou à la présence des socialistes dans la commune, qui rendent sa mission libérale, extrêmement périlleuse, toute progressiste qu'elle soit, et peut-être parce qu'elle l'est justement et empiète sur des prérogatives que se réserve la gauche.
Il a par ailleurs une grave dissension avec l'architecte Zacharie Clercx, famille qui compte un de ses amis et à laquelle s'allie par la suite son fils Georges Detry (1882-1918), qui se plaint de son « autocratie ». On lui reproche notamment d'avoir donné des ordres à la Police lors de la Distribution de Prix des Ecoles centrales, alors qu'il n'en a pas le pouvoir, d'avoir résilié le bail d'une école communale sans avis de qui que ce soit, et d'avoir modifié le jour de la rentrée scolaire. Mais Louis-Philippe se défend avec force d'interpellations et la presse constate « avec quel ton et quel autoritarisme s'est emporté M. Detry ». Le journal « Le Bien public » parle de « tumulte » au conseil communal de Gilly. Il donne des conférences dans les écoles exposant sa vision de l'enseignement officiel auquel il est très favorable et qu'il veut ouvert au plus grand nombre. Alors qu'il insiste en janvier 1889 pour que la sécurité soit renforcée à Gilly « qui doit engager un veilleur de nuit », et que l'on opère des économies dans les frais de secrétariat, il fait voter, dans les mois qui suivent, un impôt original dit « impôt de la Garde civique », qui frappe les familles qui n'y ont aucun de leur membre, et tient compte selon trois tranches de taxation, de l'état de fortune du contribuable. C'est que les finances de Gilly, comme celles de Jumet, sont désastreuses par le fait de fortes indemnités à payer aux industriels lésés lors de grèves récentes en mars. Une critique portée sur la Garde civique par l'opposition le fait bondir et il réagit clamant haut et fort « je ne supporterai pas que l'on attaque le cadre de la Garde civique qui n'a jamais fait preuve que de dévouement. Je proteste en demandant un rappel à l'ordre de Monsieur le conseiller Dourlet ».
Par la suite les tensions ne se calment pas vraiment au sein du Conseil communal. Encore et toujours avec le sieur Clercx qui s'oppose à lui à propos de la distribution d'eau courante. Ce dernier dit avoir la paternité du projet, ce que lui conteste Louis-Philippe qui s'adressant à un confrère lui assène : « c'est ici que vous devez émettre vos idées et non dans les cafés et journaux ». Les socialistes, de leur côté, lui reprochent de freiner la construction d'écoles « pour protéger l'école des Frères », ce qui semble peu probable au vu de l'intérêt qu'il porte à l'enseignement officiel, et son engagement philosophique, même s'il est effectivement pratiquant modéré, « principalement pour satisfaire son adorable moitié » comme il semble avoir eu coutume de dire. Candidat sur la Liste des intérêts communaux en 1895, il est élu pour un mandat de quatre ans, mais les désaccords sont tels qu'il donne sa démission l'année qui suit. Il reste toutefois en place « sur les vives instances de ses amis », ce que ses ennemis politiques ne manquent pas de railler.
Echevin de l'Instruction publique, il prend sa mission fort à coeur et il est relaté « qu'alors qu'il préside l'ouverture des cours d'adultes organisés à Gilly, il a fait ressortir dans un exposé aussi clair qu'éloquent les buts poursuivis ». Il s'agit en effet de mettre en place six classes, deux pour « lettrés », deux pour « semi-lettrés » et deux pour « illettrés ». En août 1897, parlant au nom de l'Administration communale lors de la Distribution des Prix, Louis-Philippe se fait un devoir « d'entretenir les pères et mères de ce qui les intéresse au plus haut point : l'instruction de leurs enfants ». Mais les conseils communaux sont toujours aussi houleux : « Pendant une suspension, il y a des colloques violents entre M. Detry et des membres de la minorité » et « la Police veille sur le Conseil » lit-on. Entre-temps, jolie éclaircie dans ce ciel nuageux, ont lieu en mai les Fêtes de la Batterie d'artillerie, et Louis-Philippe y est membre du jury du « Longchamp fleuri » avec défilé de voitures à un, deux ou quatre chevaux et défilé cycliste.
Très bref rayon de soleil en effet dans la politique communale, car en août 1898, une nouvelle polémique naît à son encontre. Le pays connaît une forte canicule et trois enfants sont d'ailleurs atteints de congestions cérébrales. Le médecin qu'il est prend des mesures d'urgence et, omettant d'avertir qui que ce soit, décide de fermer les classes 2 jours et demi. Tollé général... et séance de reproche au cours de laquelle on relate que « Monsieur Detry a l'épiderme chatouilleux ». C'est qu'au même moment, Louis-Philippe a de surcroît refusé la nomination d'un instituteur communal « dont on n'a pas la garantie qu'il ait le diplôme requis », argumente-t-il. Il publie une lettre dans les journaux où il se qualifie, en latin, « d'échevin en partance », et après une disponibilité, puis un retour, il finit par se retirer ne se présentant plus aux prochaines élections. Il prend toutefois encore le temps au Conseil communal du 26 novembre 1899, de s'insurger avec force contre la modification de la loi sur le suffrage « qu'il juge antipatriotique, injuste et dangereuse ». [17]
Patriote convaincu, royaliste affiché, il est désigné comme major le 6 juin 1886 dans la Garde civique de Gilly. En septembre 1888, un portrait photographique de groupe de la Garde civique est offert à Louis-Philippe « qui remercie l'assemblée avec émotion. Il proclame haut et fort son intention de persévérer dans la voie suivie jusqu'à présent, de façon à maintenir le bataillon de la Garde civique de Gilly au premier rang de la milice citoyenne du pays. A quatre heures, Monsieur le major recevait dans ses salons dont Madame Detry fit les honneurs avec une grâce parfaite ». Un an plus tard, en novembre 1889, le Corps des officiers de la Garde civique offre un banquet à la Musique du Bataillon et « à l'heure des toasts, Monsieur le major Detry qui présidait la salle a bu au Roi ». La réunion annuelle du Corps de l'État-major est, elle aussi, propice aux réjouissances et les journalistes présents relèvent « qu'après avoir sablé quelques vieux flacons, on arrive à l'heure des toasts. Les bouchons sautent et l'honorable chef de la Garde, M. Detry, porte à la santé du Roi et de la famille royale. Des applaudissements bien nourris lui répondent, et les assistants, tous levés, écoutent l'hymne national ». [18] Le 21 mars 1893, le Roi Léopold II reconnaît les services rendus par le major Detry, en le nommant chevalier de l’Ordre de Léopold. Louis-Philippe est touché par cette séance d’hommage qui lui est rendue à son domicile par le corps des officiers au complet et la musique de la Garde. La presse évoque le fait « qu'outre sa qualité de major, M. Detry avait d'autres titres à l'octroi du ruban rouge : il siège à notre conseil communal où son rôle n'est pas effacé ; il a fait partie de plusieurs commissions d'hygiène et de salubrité publique ; enfin, il a déjà une belle carrière médicale ». [19]
En août 1894, Louis-Philippe figure parmi l'escorte du Prince Albert en visite à la Société de gymnastique « La Gillicienne ». Arrivé par un train spécial, le Prince, en grand uniforme de sous-lieutenant des Grenadiers, est accompagné de ses officiers d'ordonnance, le major Jungbluth et le comte de Grunne. Le comité d'accueil est composé du président de « La Gillicienne », du baron du Sart, gouverneur de la Province, de M. Frère, bourgmestre, de Louis-Philippe et du colonel Moselli, des Chasseurs, dont la Musique joue la Brabançonne. Le Prince prend place dans la voiture de la Cour qui est suivie par une autre dans laquelle se trouvent le major Detry, le Président de « La Gillicienne », et le commissaire d'arrondissement de Dorlodot. La presse relève « qu'une triple haie encadre l'arrivée du prince au salon communal où Il a des paroles aimables pour tous ». (...). Les présentations terminées, le Prince remet au président de » La Gillicienne » la Croix du mérite de 1ère classe, au milieu des applaudissements de l'assemblée. Le Prince a remis ensuite leurs décorations à une série de décorés, dont un infirme. Il est descendu lui-même de l'estrade pour porter au plus vieux sa décoration. Deux combattants de 1830 se trouvaient là avec les débris de leur uniforme. L'un d'eux s'appuyait sur une canne sur laquelle étaient inscrits ces mots : « Vive la Belgique ».
Le Prince, « en voiture découverte », et son escorte se rendent ensuite au champ de manoeuvre où il prend place dans la tribune d'honneur « richement décorée ». Des gymnastes de quatre-vingts sociétés se déploient alors pour « exécuter dans l'arène olympique entourée des tribunes noires de monde, des mouvements d'ensemble dits du concours de légion ». Le défilé dure près d'une heure et « le spectacle est splendide sous un beau soleil » et suivi des « mouvements d'ensemble dits de Lyon, magnifiques ». Un drapeau aux couleurs nationales est remis au président de « La Gillicienne » avant un lunch à l'Hôtel de ville et la visite par le prince des principaux quartiers de la ville. Louis-Philippe a l'occasion tout au long de cette journée d'échanger de nombreux propos avec le Prince Albert, et des années plus tard, il se souvient encore du plaisir ressenti à cette rencontre. [20]
En mars 1895, il donne une conférence sur le croup [21], cette maladie laryngo-trachéo-bronchite qui ne connaît pas encore de vaccin, et trois mois plus tard, il est atteint dans ce qui lui est le plus cher : la perte de son unique fille, Paula, décédée le 27 juin 1895 à l’âge de onze ans. Son épouse ne quitte plus le deuil est c'est comme tel qu'elle nous apparaît photographiée chez O. Chausteur fils à Gilly vers 1900. Le regard est triste, et la robe noire surpiquée de jais contribue à la sévérité de la personne. Louis-Philippe connaît des problèmes de santé et pense, en 1897, démissionner de ses fonctions dans la Garde civique. Mais cela semble être une certaine habitude chez lui lors de moments difficiles, et la presse « espère qu'il reviendra sur sa décision ». C'est le cas en effet, et cela justifie en 1898 une manifestation en son honneur, organisée en grandes pompes, pour douze ans de bons et loyaux services.
Retraçant un historique de la Garde civique de Gilly, le lieutenant Chartier rappelle, lors de cette manifestation, « que l’organisation de cette institution réclamait le concours d’un homme d’activité et d’énergie. Appréciant, à ce point de vue, toute la valeur du docteur Detry, les officiers élus par les suffrages des gardes nommèrent, le 6 juin 1886, Monsieur Detry, Major-commandant le bataillon. Ne consultant que son ardent patriotisme, voulant lui-même coopérer à prévenir le retour des excès qui avaient agité si déplorablement notre commune, M. Detry accepta ces délicates fonctions. Sous son impulsion intelligente et énergique, le corps prospéra largement et rapidement » (...). La Garde entière n’a cessé de reconnaître la façon loyale dont il a exercé son autorité, son constant souci de ne jamais faire de distinction entre le plus aisé et le plus humble de ses gardes, le sentiment de justice qui inspira toujours ses décisions (...) ». À cette occasion, la Garde civique lui offre son portrait par le peintre reconnu Charles Watelet « qui a été excellemment inspiré » mentionne la presse car « il a su saisir l'attitude crâne et cependant empreinte de familière bonhomie du sympathique major ». Ému, Louis-Philippe remercie « et au milieu du silence le plus profond, le major Detry se lève et devant tous les assistants debout, porte le toast au Roi, sauvegarde de la patrie, qui à la tête de la nation, incarne le mieux l'amour du pays ». [22]
Si clairement un assez grand nombre de concitoyens se réjouissent de voir Louis-Philippe poursuivre son rôle dans la milice locale, ce n'est manifestement pas du goût de tout le monde, et « Le Journal de Charleroi », devenu entre-temps de tendance socialiste, ne mâche pas ses mots : « À l'adresse du major de la Garde civique de Gilly, « La Gazette de Charleroi » a publié il y a trois semaines une ode où la myrrhe et l'encens sont distribués à foison. S'il faut en croire le correspondant facétieux du journal doctrinaire, la population gilicienne peut être rassurée, l'ordre est sauf : M. Detry a cédé aux instances du corps des officiers, du Collège échevinal et des notabilités qui sont allés le prier de rester majordome de la commune, c'est-à-dire général de la Garde civique et commandant de tous les services communaux. L'écho tintamarresque de la nouvelle parade jouée pas quelques compères qui évoluent autour de leur saint, Louis-Ignace de Loyola, ne susciterait qu'un haussement d'épaules si celui-ci n'était en même temps qu'officier de la Garde civique, un mandataire public vindicatif et sectaire qui poursuit de sa rage jamais assouvie, les conseillers communaux socialistes et tous ceux qui, ayant quelque indépendance ou dignité, veulent lui résister ». [23]
Amoureux de la nature, Louis-Philippe partage avec son fils Georges la passion des fleurs et des plantes rares. Il a des collections diverses et à l'image d'une certaine bourgeoisie passionnée de sciences botaniques, appartient au Cercle horticole local et dispose d'une très vaste serre dans laquelle il cultive diverses espèces. Ses collections sont appréciées et ses installations servent parfois de lieu de rencontre et de conférence comme en cette année 1896 où la presse précise : « dimanche dernier a eu lieu dans la serre de M. Detry, à Gilly, une conférence intéressante donnée par M. Jules Lorge. Plus de trois cents auditeurs habituels des conférences si goûtées du jeune professeur s'étaient donné rendez-vous à Gilly. Nous en avons remarqué de Ransart, de Montigny, de Lodelinsart, de Châtelet etc., tous endroits où M. Lorge va donner régulièrement ses entretiens si bien suivis. C'est avec son sens pratique habituel, sa connaissance approfondie du sujet qu'il a entretenu son auditoire pendant plus d'une heure, sur la culture, la taille et l'entretien de la vigne en serre. L'assemblée s'est séparée après avoir écouté la théorie de l'assolement dans les jardins potagers, théorie simple s'il en fut, mais qu'on a trop souvent tort de ne pas mettre en pratique (...) ». [24]
Propriétaire d'un vaste local à Gilly doté d'un établissement de restauration dit « Café du Louvre », Louis-Philippe le propose régulièrement à des associations diverses selon un accord pris avec l'exploitant. C'est le cas notamment en 1898 où « La Gillicienne » organise le 3 avril en ces lieux une soirée de gymnastique acrobatique pour laquelle les répétitions enchantent les journalistes locaux qui signalent : « nous avons assisté à une répétition du travail à dix trapèzes, exécuté par des gymnastes de première force et sommes partis du local émerveillé ». [25] Sur un mode léger, la population de Gilly s’apprête, en ce mois de mai 1902, à assister à une Revue-opérette en trois tableaux qui porte le nom de « Tout Gilly y passera ». Avec humour et bonhomie, Louis-Philippe s’aperçoit en y assistant, que sa personne remplit trois couplets du livret :
« C’est moi Louis, le beau coq du village,
Médecin des dames et le plus beau des majors
Il faut me voir, grand chef et sans partage
Quand je commande de ma voix de stentor
Il faut nous voir à l’assaut d’une table
Bien entouré de mon Etat-major
Faire un bon repas est toujours agréable.
De la bonne chère, nous aimons les trésors.
Du jus divin vidant plus d’une bouteille
Car nous aimons de faire sauter le bouchon
Du bon Bourgogne célébrant les merveilles,
Levons nos verres, au salut de la nation ».
Entre-temps, en 1900, le sous-lieutenant chef de musique Jules Lorge, crée une partition en l’honneur de Louis-Philippe. Dédiée au « Major commandant Docteur L. DETRY », il s’agit d’une marche du Bataillon, écrite aussi dans une version pour piano. La même année, il figure parmi les membres fondateurs de la Société protectrice des animaux car « tout coeur compatissant doit notamment s'attarder aux souffrances de ces chevaux qui ont trimé toute leur vie et qui sous les coups doivent continuer à peiner jusqu'à leur dernier souffle ». Les autres fondateurs de l'association sont Jules Audent, bourgmestre, Charles Chomé, rédacteur en chef de « La Gazette de Charleroi », Henri Gobbe, directeur du Journal catholique » Le Pays wallon » [26], Jules Menne à Charleroi, Paul Pastur, membre de la Chambre des Représentants, le docteur Soupart, Charles van der Elst, consul à Marcinelle, Maître Pety de Thozée, avocat à Charleroi.
Toujours soucieux de son rôle, Louis-Philippe écrit, anonymement toutefois, un « Vade mecum » de la Garde civique, diffusé lors de l’agitation en faveur du suffrage universel en 1901... [27] Un an plus tard, il publie un « Guide pratique à l’usage des sous-officiers, caporaux et gardes » dans lequel il estime « qu’il n’y a rien de tel que la cavalerie et spécialement la gendarmerie pour disperser les rassemblements sans nécessiter une répression trop sanglante ». Il ajoute qu'il est prudent « qu’il y eût toujours à portée, quelques gendarmes à cheval pour faire des charges ; la Garde civique ne devrait alors intervenir par la force des armes que si les cavaliers étaient impuissants ». [28] À cette occasion, le lieutenant-général Tournay souligne que : « votre ouvrage est de nature à développer l’instruction des gardes en leur donnant sous une forme claire et concise tout ce qui les concerne. Ils peuvent ainsi s’assimiler sans le moindre effort une quantité de matières éparpillées dans plusieurs volumes parfois difficile à rassembler ». Il se fait aussi conférencier pour défendre les valeurs patriotiques qui sont les siennes et sa causerie sur le « Rôle de la Garde civique en général en temps de guerre ou en cas de mobilisation de l’armée » est particulièrement appréciée.
En 1903, il est directeur de la partie musicale des « Grandes Fêtes de Gilly », et donne en novembre un banquet à l'occasion de la fête patronale du Roi Léopold II. Le journaliste qui suit l'événement mentionne dans ses colonnes que « le plus grand entrain n'a cessé de régner pendant cette agape. Le major Detry a porté en termes chaleureux la santé du Roi ; son toast, vigoureusement acclamé par tous les convives, a été transmis à Sa Majesté. Le lendemain dimanche, les officiers se sont rendus au Te Deum, escortés de la musique du bataillon ». L'année suivante, Louis-Philippe figure au sein du Comité de patronage du « Grand concours National et International de Tir » organisé pour les fêtes de l'Indépendance, placé sous la présidence de M. de Trooz. Le 12 avril 1904, les objectifs de celui qui dirige la Garde civique sont atteints et il est publiquement reconnu « que la Garde civique de Gilly dispose d’une instruction pratique très satisfaisante, qu’elle est bien habillée, très bien équipée et qu’elle a une allure vraiment militaire ». Son chef de corps, Louis-Philippe s’en félicite et, s’adressant aux siens, précise : « Je vous adresse à tous mes félicitations les plus chaleureuses et mes remerciements les plus sincères. Vous avez fait de la Garde civique de Gilly, l’une des plus belles et des meilleures de la circonscription Hainaut-Namur. Tous, j’en suis convaincu, vous aurez à cœur de maintenir dans l’avenir, dans toute son intégrité et dans sa réelle grandeur, cet hommage éclatant de votre valeur militaire ».
A l’occasion du 75e anniversaire de l’Indépendance de la Belgique, le 21 mai 1905, un drapeau national officiel est remis au nom du Roi au chef de corps Detry qui le présente lors d’une cérémonie officielle. Il rappelle avec fierté que « ces trois couleurs forment pour tout cœur bien né une idée, une émotion, un souvenir, une espérance ». Grandiloquent, il rappelle : « C’est un honneur insigne que de porter le drapeau. Celui qui tient le drapeau haut et ferme est un homme sacré ; s’il tombe, remplacez-le..., s’il en tombe deux, remplacez-les... s’il en tombe dix, ...cent, ...mille, remplacez-les ! Tombez tous… pourvu qu’il tombe le dernier ! Vous dormirez immortels à l’ombre de ses plis ! (...) ». Et de poursuivre : « nous défendrons jusqu’à la mort le trône de notre Souverain, notre belle Constitution et le sol libre de notre chère Belgique. Que le conquérant qui voudrait envahir nos frontières en foulant aux pieds nos traités politiques, n’oublie pas que nous sommes les descendants des fiers Nerviens, dont l’héroïsme et le courage ont arraché à César cette admirable et immortelle appréciation : « Omnium Gallorum fortissimi sunt Belgae ». [29] Un repas de fête au menu suivant, marque la journée et rappelle, s’il en faut, le patriotisme des participants :
Potage constitutionnel
Barquettes patriotiques
Saumon à l’Indépendance
Filet de bœuf de Waelhem garni à la 1830
Poularde de Berchem à la Merode
Asperges brabançonnes
Langoustes à la Jenneval
Marquise à la Chasteleer
Café congolais extra
Gâteau Léopold II
Desserts ».
Outre son épouse, les deux fils de Louis-Philippe, Marcel Detry (1879-1972) et Georges, ce dernier également membre de la Garde, assistent au dîner ; les convives sont nombreux dont le général Tournay, l’échevin Gillieaux, le capitaine d’État-major Gendebien, et le colonel de Cannart d’Hamalle qui, obligé de quitter les festivités, envoie illico à Louis-Philippe un télégramme ainsi libellé : « Admiration pour votre belle Garde. Sympathie et regrets ». Hélas, la fête patriotique de Gilly est, elle, un désastre à cause de la météo : « la fête qui avait coûté tant d'efforts et qui devait produire un si brillant effet, a été noyée sous une pluie diluvienne ». La drache nationale a tenu ses promesses… En décembre 1905, lors de l'Assemblée générale de la Société de tir de la Garde civique où Louis remet des Prix, un banquet lui permet de discourir et le journaliste qui suit l'événement rappelle « qu'à son tour, M. Detry se lève et dans une de ces heureuses improvisations, toute vibrante de patriotisme dont il a le secret, remercie le comité de l'avoir invité à cette fête ».
Nommé officier de l'Ordre de Léopold en 1906, il est l'objet de diverses manifestations et notamment d'un banquet organisé par la Société de médecine de l'arrondissement de Charleroi, que la presse locale titre sous le nom « d'agapes médicales ». Mais la Garde civique n'est pas en reste et souhaite, elle aussi, se manifester. Reçus dans la demeure de l’intéressé, la chronique rapporte que « les manifestants, réunis à 20 heures, se dirigent en corps, aux sons d’un pas redoublé, vers la demeure du sympathique chef de la Garde. Ils y sont reçus par Monsieur le Major Detry entouré de sa famille. Dans les salons, les fleurs, gage d’estime, envoyées par de nombreux amis, sont répandues à profusion… ». Les discours succèdent aux discours. Son épouse elle-même se voit remerciée et fleurie au titre « d’ange du foyer, car par vos qualités exquises, vos sentiments délicats, vous savez répandre autour de vous le parfait bonheur, artisan des plus belles choses » (...). Leurs fils, Marcel et Georges Detry ne sont pas oubliés précisant « nous sommes heureux de vous associer à cette consécration d’une vie toute de travail et d’honneur et d’unir dans une même pensée les dignes enfants de parents chéris (...). Quoique profondément ému, le major Detry répond successivement à tous ces discours en termes sobres et éloquents qui soulèvent à bon droit des salves d’applaudissements. Les bouchons sautent, la liqueur champenoise pétille dans les flûtes élancées et l'on porte un toast au Roi ».
Amoureux des chevaux, Louis-Philippe n'a jusqu'alors pas sacrifié à la mode des automobiles et, installé dans sa « Victoria », fait ses consultations. Mais l'âge venant et le besoin de confort se précisant, il décide d'en acheter une en 1909, et alors qu'il s'est déjà séparé de la « Victoria avec frein et soufflet en très bon état », il met en vente tout son parc « par suite achat auto, landau comme neuf, coupé, tilbury », demande dans la foulée « domestique, chauffeur et servante connaissant la cuisine avec certificats exigés » et se sépare d'une partie de son écurie dont entre autres » un fort cheval irlandais hongre, 6 ans, avec garantie ». Entre-temps, le traditionnel banquet que donne Louis-Philippe à l'occasion de la Saint Léopold a lieu offrant « un menu des plus copieux et des mieux ordonné préparé par Pauline, notre Vatel gillicien. A l'heure des toasts, Monsieur le major Detry, dans un langage vibrant de patriotisme rappelle tous les titres de gloire de notre Souverain. Il expose ensuite en termes éloquents les sentiments de reconnaissance que tous les Belges doivent avoir pour le Roi. Ces paroles ont été accueillies par de chaleureux « Vive le Roi. Vive la famille royale ». Le Télégramme suivant signé par le major commandant Louis Detry a été envoyé au Roi : « Les officiers de la Garde civique de Gilly réunis en un banquet à l'occasion de la Saint Léopold, acclament leur Auguste Souverain et Le prient d'agréer l'expression respectueuse de leur fervent et patriotique Loyalisme ». Peu après un télégramme de remerciement lui est envoyé par le lieutenant général aide de camp du Roi. La vie se poursuit, le docteur Detry se partageant entre ses « devoirs militaires », son art de guérir qu’il a la joie de voir exercer aussi par son fils Marcel, et les bonheurs familiaux comme la naissance de sa petite-fille, Marie-Louise Detry en 1911. Louis-Philippe et Marie Detry sont joignables par téléphone disposant du n° 929 de la ligne de Châtelineau, et ce numéro est repris par son fils Marcel qui s'installe un temps dans le cabinet de son père. [30]
Cette année-là, par arrêté royal du 28 mai, le Roi Albert Ier le nomme lieutenant-colonel. C'est qu'on fête en effet alors le XXVe anniversaire de la Garde civique de Gilly et une manifestation est organisée en cet honneur. Plus que jamais attaché à la monarchie, Louis-Philippe porte un toast au Roi précisant : « Au Roi, Messieurs, qui bien que jeune encore a gagné la confiance, l'estime et l'admiration de tous les Belges par son discours du Trône où il a si bien dépeint ses aspirations, ses tendances et son ferme désir de marcher dans la voie du progrès. A Sa Majesté la Reine Elisabeth qui dès son arrivée sur notre sol national a su conquérir tous les coeurs, toute la sympathie, et le respect absolu de tous les Belges par une sollicitude maternelle, un dévouement admirable, un amour sans borne pour les humbles, les miséreux et les pauvres malades. Inutile de vous rappeler les bienfaits qu'Elle a répandus et les oeuvres sublimes qu'Elle a créées pour le soulagement et la guérison des malheureux. Je vous convie donc, Messieurs, à vous unir à moi dans un sublime élan de patriotisme, pour lever votre verre au Roi, à la Reine, et à la Famille royale, aux cris de Vive le Roi, Vive la Reine, Vive la Famille royale ». A cela s'ajoute l'envoi au Roi d'un télégramme « L'assurant de tout l'attachement de la Garde civique de Gilly à Sa personne et formant des voeux de prompt rétablissement pour la Reine Elisabeth, alors souffrante ». En décembre 1912 c'est une conférence sur « La Guerre des Balkans » que donne Louis-Philippe à Courcelles à l'initiative de la Garde civique de cette commune, et l'année suivante, à l'occasion d'une grande fête militaire, sur « La Défense nationale », au profit de la Croix Rouge « afin de soulager quelque peu les misères de ces pauvres malheureux des Balkans victimes de la guerre cruelle et détestée, créatrice d'estropiés, de veuves et d'orphelins, véhicule de hideuses maladies telles que la peste et le choléra ». Il a déjà donné cette conférence en 1912 à Gilly où elle connaît un grand succès « auprès de tout l'auditoire qui ratifia ainsi la manière de voir de notre érudit chef de la Garde ». [31]
Alité le 15 janvier 1914 après une journée de travail, il ne se relève pas et une longue mais douce agonie le maintient en vie jusqu’au 9 avril, jour où il s’éteint entouré de l’affection de tous les siens. Il paraissait par sa stature et son énergie, inébranlable et c’est une foule immense qui assiste à ses funérailles. Quatre discours sont prononcés. Le Lieutenant-Général baron W. de Heusch rappelle que « le Colonel Detry, que vous pleurez, possédait le secret d’attirer la confiance et d’entraîner les dévouements, ce qui est le propre des natures d’élite (...). Hélas c’est une loi de la nature que ce qu’elle a créé disparaisse. Comme une fleur qui retombe, inerte après avoir jeté tout son éclat, répandu tout son parfum, Detry a été terrassé après avoir épuisé en dévouement, en nobles qualités du cœur tous les dons que la nature lui avaient accordés ». Suivent les discours de la Garde civique, mais aussi du docteur Langelez, de la Société de Médecine de l’arrondissement de Charleroi, qui rappelle « combien il jouissait de l’estime et de la haute considération tant de tous ses confrères que de ses concitoyens et du monde industriel au milieu duquel il vivait ».
Enfin son ami de toujours, Achille Clercx, notaire à Gilly, rappelle « qu'une amitié, vieille de 40 ans déjà, telle est la raison qui me vaut le douloureux honneur de prendre la parole pour saluer une dernière fois notre ami Louis Detry (...). Dans les entretiens familiers, quel charme se dégageait de cette personnalité si intelligente ! Quelles saillies de l’esprit appuyées de réflexions caractéristiques à notre race, toujours marquées au coin d’un sens d’observation remarquable. Et chaque fois que l’on avait recours à son art, avec quelle bonté, quel dévouement, quelle affection, il prodiguait ses soins et donnait à ses malades, le réconfort moral, adjuvant si nécessaire au soulagement de nos misères physiques (...) ». [32] Quatre mois plus tard, sa chère Belgique est à feu et à sang et, toujours prêt à la défendre, on imagine quelles auraient été sa douleur et son énergie en la circonstance. Son épouse lui survit dix ans après avoir eu le chagrin de perdre en 1918 son fils Georges. Deux de ses trois enfants sont enlevés à l’amour de cette mère aimante, qui décède inopinément à Saint-Gilles-lez-Bruxelles le 27 mars 1924. Ses funérailles et son inhumation auprès de celui dont elle a partagé trente-cinq ans de vie commune, ont lieu à Gilly .
[1] La Meuse, 17 juillet, 13 août 1875. Déjà en tant que « candidat en sciences », il réussit avec la plus Grande Distinction (Le Journal de Charleroi, 27 août 1870).
[2] L'impasse qui jouxte ce qui fut sa demeure à Gilly porte encore le nom de « Impasse du major ». R. Collard, Gilly, ses chemins et lieux-dits, Cercle d'histoire de Gilly, 2004. La Dernière Heure, 17 juin 2004.
[3] F. Close et O. Lambot, Gilly à travers les âges, tome II, Court-Saint-Etienne, 1923, p. 116 ; O. Vandendriessche et J. Rigot, Gilly, son histoire, sa population, ses bourgmestres, 1830-1976, 2006, p. 42.
[4] LANG(H)ENDRIES : ancienne famille de grands fermiers et mandataires publics issus de Castre-lez-Hal qui essaiment dans le nord du Hainaut, remontant à Joannes (Jan) Langhendries marié à Castre en 1630. Charles Langhendries (1760-1826), fermier-propriétaire, époux de Marie Adrienne Moreau (1769-1845), père de douze enfants dont descendance e. a. dans les familles Menne, Poletz, van Cutsem, Hachez et de Roovere, est à la fois le père de Victor Langhendries × Marie-Joséphine Stainier (voir ci-dessus), le grand-père de Zoé Langhendries (1834-1901) X Jean-Baptiste Watelet (1836-1914) (eux-mêmes arrière-grands-parents de Pierre Culliford dit Peyo, créateur en 1958 des Schtroumpfs, et de Guy Delouvroy × Martine Gerard, arrière-petite-fille d'Alice Detry, et l'arrière-grand-père d'Elvire Desse (1838-1886), qui X Paul-Achille Dupont, banquier à Valenciennes, fils de Charles-Louis, fondateur en 1846 de la banque « Louis Dupont et Cie » à Valenciennes où il est maire adjoint et accueille en cette qualité l'Empereur Napoléon III et l'Impératrice Eugénie lors de leur visite, administrateur de la banque de France, propriétaire de l'hôtel du Prince de Lambesc et à la tête d'une très importante fortune, et de Cécile Duquesne (dont large desc.). Par sa bisaïeule, Mme Arnold P(i)eterbroeck née Anna van Lathem (1704-1758), Victor Langhendries, père de Mme Louis-Philippe Detry, se rattache au lignage bruxellois Serhuyghs en la personne de Wouter van der Roesen en 1356 mais également via cette ascendance aux lignages Coudenbergh, Roodenbeke, Sleeus et t'Serroelofs, soit cinq des sept lignages de Bruxelles. Chanoine A. Bontemps, Monographie de la famille Dupont, 1933 ; P. Lindemans, « Généalogie van La(e)them » in Brabantica, tome VI, 1961, p. 95 ; F. de Cacamp, Généalogie de la famille Speeckaert, Bruxelles, 1969, p. 430 ; L. Langendries, « De boerenkrijg in Zuid-Pajottenland » in Het Oude van Edingen, 1973, p. 192 ; H. Douxchamps, « La famille Nerinc(k)x, de Brages » in Recueil de l'Office Généalogique et Héraldique de Belgique, Bruxelles, 1992, p. 132 ; J.-F. Houtart, Anciennes familles de Belgique, Bruxelles, 2008, p. 346. J'adresse mes vifs remerciements à Monsieur Thierry de Roovere, membre de l'Office Généalogique et Héraldique de Belgique et descendant des Langhendries par les van Cutsem, pour son aide précieuse et spontanée à la rédaction de cette notice.
[5] La Gazette de Charleroi, 8 septembre 1920.
[6] Sa propriété est importante et Louis-Philippe Detry au décès de son beau-père, publie des annonces pour mettre en location sa ferme décrite comme « Ferme de 90 hectares à louer dans la Plaine de Fleurus (Ferme de Chassart sous Mellet) » et entre-temps vend les récoltes de 45 hectares par le ministère de Maître Chaudron, ami de la famille et notaire à Frasnes-lez-Gosselies. La Gazette de Charleroi, 30 avril, 1er mai 1879, 17, 24 juillet 1879.
[7] STAINIER : ancienne famille de Gosselies remontant à Jean Lestainier, échevin de ce lieu le 4 octobre 1497. Cette famille donne de nombreux mayeurs et échevins, de grands propriétaires de fermes et e. a. de la maison du marché de Bouvignes dite « maison espagnole », un seigneur de Merlemont, un grand bailli de Châtelet, une abbesse de l'abbaye de Soleilmont et un professeur à l'Université de Gand. Joséphine Stainier a pour nièces Adolphine Stainier (1844-1916) × Adolphe Delhaize (1840-1899), fondateur de la Firme à son nom, propriétaire du château de Bousval, dont desc., et Mathilde Stainier × Louis Delhaize (1833-1897), fondateur de la Firme Louis Delhaize à Ransart, dont l'enseigne est toujours bien établie aujourd'hui. Dont desc. À cette famille appartient le Général-major Luc Stainier (1935-2013), aide de camp du Roi, grand officier de l’Ordre de la Couronne, grand officier de l’Ordre de Léopold II, commandeur de l’Ordre de Léopold, chevalier de l’Ordre Equestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, X Gisèle Camus (° 1937), fille d'Albert, dentiste à Namur, et de Marie-José Dewint, petite-fille de Louis Camus (1878-1915) et d'Esther Bister (1879-1924), et cousine sous-germaine de Anne-Marie Henry épouse de André Detry. La photographie reproduite en page 195 de l'ouvrage de Guy De Pauw, Le château de Bousval au fil du temps, 1993, ne représente pas, comme signalé, Mme Adolphe Delhaize mais bien sa cousine germaine Mme Louis-Philippe Detry. X. Stainier, Généalogie de la famille Stainier, Gand, 1939 ; H. Douxchamps, La famille Douxchamps, Heule, 1973, pp. 36, 41, 64, 71-73 ; Le Patrimoine monumental de la Belgique, Province de Namur, arrondissement de Dinant, Sprimont, 1996, p. 381. J.-F. Houtart, Anciennes familles de Belgique, op. cit., p. 124.
[8] Le Journal de Charleroi, 5 novembre 1869.
[9] Fervente royaliste, nous ignorons pour quelle raison précise elle reçoit de la Reine Marie-Henriette, un souvenir imprimé, aux armes de Belgique, « à titre de remerciement » à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire de mariage du Roi Léopold II et de la Reine Marie-Henriette, le 22 août 1878.
[10] Archives de la famille Detry, Photographie parisienne, 18 rue Fossé aux Loups à Bruxelles.
[11] Coupure de presse non identifiée, postérieure à 1896, conservée dans les archives de la famille Detry.
[12] La Meuse, 27 août 1874 ; L'Echo du Parlement, 16 juin 1876 ; Le Courrier de l'Escaut, 18 juillet 1876, 16 juillet 1879, 15 octobre 1885, 17, 22 août, 15 novembre 1888, 13 juillet 1899 ; La Gazette de Charleroi, 14 juillet 1879, 24 juin 1883, 28 juin 1884, 12 octobre 1885, 14 août, 30 novembre 1888, 16 juin, 23 août 1889, 18 mars 1891, 16 janvier 1892, 19 mars 1897, 2 décembre 1902, 15 janvier 1910 ; L'Indépendance belge, 10 novembre 1894 ; L'Echo d'Ostende, 11 novembre 1894 ; Le Journal de Charleroi, 13 juillet 1899.
[13] Qui compte la même ancêtre, Julie Petit, que Joëlle Spierkel épouse de Alain Detry.
[14] Mme Edouard Kervyn d'Oud Mooreghem, née baronne Henriette de Macar (1852-1931), châtelaine de Mariakerke-lez-Gand, mère de Mme Raoul de Séjournet de Rameignies née Marguerite Kervyn d'Oud Mooreghem, et trisaïeule de Nathalie della Faille de Leverghem épouse de Philippe-Edgar Detry. EPN, Bruxelles, 1964, pp. 242-243.
[15] La Saison d'Ostende, 20 août 1884, 1er septembre 1888, 9 octobre 1892, 10 septembre 1910, 6 août 1913 ; L'Echo d'Ostende, 13 novembre 1892, 8 octobre 1893.
[16] Voir notamment à ce sujet la notice sur Sœur Vincent, dans le monde Marie-Charlotte Detry.
[17] La Gazette de Charleroi, 5 juillet, 15, 18, 22 octobre 1884, 14 août, 2, 4, 11, 13, 15-16, 21, 23, 24, 27 septembre, 12 octobre 1885, 16 mai 1887, 20 avril, 1er mai, 25 juin, 27 juillet, 14, 26-27 août, 18, 23 septembre, 15, 22 octobre, 4, 18, 30 novembre 1888, 14 janvier, 3 mars, 16,25 juin, 1er juillet, 5, 13, 23, 26-27 août, 28 octobre, 22, 26 novembre, 11 décembre 1889, 2 février, 25 juin, 1er, 23 décembre 1890, 18 mars, 9 mai, 3 août, 8 septembre, 6 décembre 1891, 9 juin 1892, 20 janvier, 2 mars, 9 mai, 30 juin, 2, 4 novembre 1895, 7 février, 18, 24 juillet, 14, 20 octobre, 27 novembre, 12 décembre 1896, 2, 9 mai, 16 juillet, 9, 22, 30 août, 8 novembre, 13 décembre 1897, 29 mars, 26 mai 13, 28, 28, 30 juin, 2, 10, 14 juillet, 2 août 1898, 1, 8, 13, 20 janvier, 3 février, 1er août, 26 novembre 1899, 10, 18 février 1900, 30 août 1901, 8- 9 mars, 11 mai, 2 et 27 décembre 1902, 4 juillet 1903, 8 mars, 4 décembre 1904, 31 octobre, 5 décembre 1905, 13 juillet 1908 ; Le Bien Public, 24 septembre 1885 ; Journal de Bruxelles, 24 septembre 1885, 22 mars 1893 ; L'Indépendance belge, 26 mai 1887, 15 novembre 1888, 25 février, 14 mars 1889, 22 mars 1893, 7 juin 1911 ; Le Courrier de l'Escaut, 26 février 1889, 22 mars 1893 ; La Meuse, 28 février 1889, 21 mars 1893 ; Het Handelsblad, 16 janvier 1898 ; Le Journal de Charleroi, 6 février, 4 juillet, 27 novembre 1896, 2 mars, 4 juillet, 9 août 1897, 1er février 1898, 11, 13, 16, 22 mars, 16 mai, 29 juin, 6 juillet, 3 août, 12 novembre 1898, 13, 18 janvier, 15, 25 février, 16, 24 septembre 1899, 30 septembre 1900, 27 octobre 1902, 1er juin 1911 ; Le Courrier de l'Escaut, 16 novembre 1901, 29 août 1910, 6 juin, 27 novembre 1911.
[18] La Gazette de Charleroi, 28 décembre 1892.
[19] Ibidem, 24 mars 1893.
[20] L'Indépendance belge, 29 mai 1911.
[21] Ibidem, 3 mars 1895.
[22] La Gazette de Charleroi, 29 mars 1898. Le 3 février 1899, il publie dans ce même journal une annonce « demandant domestique et servante au courant du service. Certificats exigés ».
[23] Le Journal de Charleroi, 11 mars 1898.
[24] La Gazette de Charleroi, 29 décembre 1896.
[25] Ibidem, 21 mars 1898.
[26] Cousin de Gabrielle Henrard épouse de Edgar Detry (1886-1967).
[27] Garde civique, Service d'ordre et de Sûreté. Guide pratique à l'usage du chef de la Garde et des commandants de détachement, Gilly, 1901 ; L. Keunings, Des Polices si tranquilles, Louvain, 2009.
[28] L. Detry, Garde civique. Service de garnison. Guide pratique à l’usage des sous-officiers, caporaux et gardes suivi d’une instruction à l’usage des commandants de détachements sur l’intervention de la force armée dans le service d’ordre, Gilly, 1902.
[29] « De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves », selon la locution latine bien connue. Louis-Philippe est repris dans l’important volume de A.-Th. Rouvez, Le jubilé national de 1905, Bruxelles, p. 84.
[30] Guide téléphonique de Charleroy, janvier 1913, p. 51.
[31] La Gazette de Charleroi, 1er mai, 15 octobre, 17 novembre, 13 décembre 1903, 17 avril, 27 juin, 31 octobre, 4 décembre 1904, 21-22 mai, 10, 14 juin, 8 août, 5 décembre 1905, 27 janvier, 3 février, 18 juillet 1906, 31 août 1907, 24 novembre 1908, 26 avril, 31 août, 13 novembre 1909, 27 mars, 21 juin, 27 novembre, 10 décembre 1910, 19, 29 mai, 9 juin, 11 septembre, 10, 19, 31 décembre 1911, 22 avril, 16, 29 décembre 1912, 4 janvier 1913, 29 février 1940. Le Journal de Charleroi, 4 janvier 1913.
[32] Les extraits et citations concernant Louis-Philippe Detry sont issus du Livre d'or de la Garde civique de Gilly, 1886-1906, Charleroi, 1906 dédié par le major Detry à M. de Trooz, Ministre de l'Intérieur et de l'Instruction publique. Almanach royal pour l'année 1914 (Province de Hainaut, Chefs de la Garde) ; Le Journal de Charleroi, 11 avril 1914 ; La Gazette de Charleroi, 12, 13 avril, 5, 11 mai 1914, 11 mai 1919 ; La Meuse, 7 mai 1914 ; Mémorial belge de l'ordre de Léopold publié sous le haut patronage de S. M. Le Roi Albert, Anvers, s.d, p. 91 ; L. Depasse, Garde civique de Gilly 1830-1914, Gilly, s.d, pp. 40, 57-68, 74, 96-101, 113-122, 129, 139, 161, 184 ; A. Baleriaux, Août 1914. De Sarejevo à Charleroi, Ottignies-Louvain-la-Neuve, 1994, pp. 180, 251. O. Vandendriessche et J. Rigot, Gilly, Son histoire, sa population, ses bourgmestres, slnd, p. 42.
[33] Le Soir, La Gazette de Charleroi, 30 mars 1924. Le caveau de famille, voisin de celui des Gillieaux, disparaît hélas lors de l'abandon du vieux cimetière de Gilly. V. Verhulst, Le cimetière de l'église Saint Remy à Gilly village, Gilly, s. d, pp. 23, 277, tombe 25.
P.-E. Detry, La famille namuroise de Try, autrefois de Try, op. cit., pp. 197-212 ; Moniteur Belge, 7 juillet 1870 p. 2545 (Louis Detry est alors domicilié pour ses études à l’Université de Liège, rue Grétry 18), 7, 16 juillet 1875, pp. 1884, 1988, 30 juillet, 3 septembre 1882, pp. 2927, 3442 ; Liber memorialis Professeur Schwann, Dusseldorf, 1879, p.5 ; G. Mathys, Prince Albert de Belgique à l’occasion de son vingtième anniversaire, le 8 avril 1895, Gand, p. 80.