« Comme une journée bien remplie nous donne un bon sommeil, une vie bien vécue nous mène à une mort paisible. »
– Léonard de Vinci
Retour sur l'index des notices
Jules DETRY, ingénieur des Arts et Manufactures de l'Université de Liège, ingénieur aux Verreries Nationales de Jumet (1872), directeur des Verreries Bougart à Roux, administrateur-gérant de la Société anonyme des Glaces d'Auvelais à partir de 1878, administrateur de la Glacerie de Courcelles, administrateur de la Banque de Jumet-Roux, administrateur du Charbonnage du Maugrétout, membre de la section de Charleroi de l'Association des ingénieurs sortis de l'École de Liège, membre de la Société des délégués des Glaceries belges, administrateur de » L'Union Continentale Commerciale des Glaceries », membre (de 1891 à 1893) de la Commission belge de la » Columbian World's Fair », Exposition Internationale de Chicago aux USA, auteur de brevet d’invention en 1891, membre de l'Association libérale du canton de Fosses, candidat libéral conseiller provincial pour Namur (canton de Fosses) en 1882 et 1886, membre du Comité des Fabricants de Glaces, de gobeleteries, de bouteilles et de Produits chimiques (1878), actionnaire de la Société anonyme de Crédit à Auvelais (Habitations ouvrières de la Basse Sambre), membre du Congrès industriel et commercial de Liège (1881), chevalier de l’Ordre de Léopold, né à Saint-Amand le 16 juin 1846, décédé à Bruxelles le 23 juin 1919, épouse à Bruxelles le 23 janvier 1877 Anne-Eléonore-Clotilde dite Emma BONEHILL, née à Aiseau le 30 octobre 1851, décédé à Ixelles le 16 septembre 1939, fille d'Edouard, maître de forges à Acoz et Aiseau, directeur-gérant des hauts-fourneaux, forges et fonderies de l'Espérance (Firme Bonehill) à Marchienne où il était par ailleurs propriétaire de château, forges et laminoirs en activité de 1864 à 1880, fondateur et président de la Société anonyme des Glaces d'Auvelais, administrateur aux usines de Régissa près de Huy, administrateur-fondateur de la Société anonyme pour la fabrication des tubes étirés et soudés à Haumont, administrateur aux Laminoirs du Centre à La Louvière, membre de l'Association des maîtres de forges de Charleroi, membre du Syndicat de la Bourse des Métaux et des Charbons de Bruxelles, et d'Anne Vereycken.
Neuvième enfant de Maximilien Detry, conseiller provincial du Hainaut et bourgmestre de Saint-Amand, et de Philippine Stalon, Jules Detry est diplômé ingénieur des Arts et Manufactures de l'Université de Liège en 1871. Il est engagé le 1er janvier 1872 aux Verreries Nationales de Jumet et prend ensuite la direction, le 1er janvier 1874 des verreries Bougart à Roux où il semble avoir été très apprécié tant pour ses capacités professionnelles que pour ses qualités humaines. Alors qu'il est étudiant à l'Université de Liège, il est photographié en cette ville chez Léonard-Hubert Zeyen, artiste qui jouit d'une grande notoriété, fondateur de l'Association Belge de la Photographie, et délégué en 1873 par le Gouvernement belge à l'Exposition Internationale de Vienne pour dresser un rapport sur le sujet. Le jeune universitaire nous apparaît alors doté d'une chevelure abondante, qui apporte un certain romantisme aux traits un peu lourds du personnage toutefois tempérés par un regard profond où l'intelligence brille. La seule photo de Maximilien Detry, père de Jules, qui nous est parvenue a, elle aussi, été réalisée en ce studio, sans doute lors d'une visite du père à son fils.
Le 23 janvier 1877, Jules Detry épouse à Bruxelles Emma Bonehill demeurant avenue Louise, fille et petite-fille d'importants industriels du Hainaut dont il est coutume d'entendre dire à leur sujet « qu'ils sont à Charleroi ce que John Cockerill est à Liège ». Un portrait d’elle, peint, et antérieur à son mariage subsiste et nous montre une jeune femme distinguée sans être belle, qui semble sûre d'elle et porte une demi-parure d'or et de perles toujours conservée dans sa descendance. Ces bijoux sont apparents également sur une photographie faite entre 1867 et 1869 chez Ferdinand Mulnier, boulevard des Italiens à Paris, photographe mondain et de célébrités, qui se targue des médailles obtenues à l'Exposition universelle de 1867. Leur mariage se fait en présence d'Arthur Bonehill, industriel à Marchienne-au-Pont, 23 ans, frère de l'épouse, François Vandermarlière, lieutenant des Carabiniers à Bruxelles, 36 ans, beau-frère de l'épouse, Louis-Philippe Detry médecin à Gilly, 25 ans et Adolphe Detry, ingénieur à Roux, 37 ans, frères de l'époux. Les conventions de mariage ont préalablement été passées chez le notaire Maes à Bruxelles, le 21 courant. Le jeune couple s'installe au château de Roux et leur vie est mondaine. Une impressionnante ménagère d'argenterie anglaise contenue dans une malle-coffre et parvenue à ses descendants, témoigne des dîners donnés alors.
C'est dans la propriété de Roux que naissent, en septembre 1877, des jumeaux : Nestor et Gaston. Les deux fils de Jules et Emma Detry sont au centre de tous les bonheurs familiaux et les albums de photos de famille suivent leur évolution pas à pas, toujours en duo. Dès 1877, Emma Detry est photographiée chez Bévierre à Charleroi aux côtés de ses bébés. Suivent alors chez le même, les deux frères habillés d'une robe selon l'usage du moment, vers l'âge de cinq à six ans, et dont l'un campe sur un grand cheval en peluche. Ensuite, le photographe Melchers dans la même ville, les immortalise dans d'élégants costumes et bottines hautes de cuir. Sans doute proches de leur première communion, c'est le studio bien connu à Namur d'Armand Dandoy qui nous transmet l'image de deux adolescents portant un gilet et un noeud blanc joliment noué. En fin d’adolescence les deux frères sont envoyés pour leur scolarité dans un collège à Sittingbourne, dans le Kent en Angleterre mais aussi pour écarter Nestor d'amours ancillaires, et là encore, ils sont photographiés ensemble chez le photographe Ramell, High Street 34.
Administrateur de la banque de Jumet-Roux, c'est Jules qui en 1878 doit choisir un nouveau directeur gérant et à cet effet, publie des annonces dans la presse. C'est aussi l'année de son départ pour prendre la direction de la verrerie d'Auvelais, et une cérémonie en son honneur est organisée ; la presse relate les festivités : « une très intéressante fête de famille a eu lieu à Roux lundi dernier. On sait que M. l'ingénieur Jules Detry a rempli pendant plusieurs années les fonctions de directeur-gérant aux verreries de Roux. On sait aussi qu'il a fait preuve, dans l'exercice de ses fonctions que les circonstances avaient rendues très difficiles, d'une grande énergie et d'une réelle aptitude industrielle et commerciale. On savait peut-être moins en dehors des populations verrières, qu'à ces qualités qui lui avaient conquis l'estime de ses collègues et des actionnaires, il avait su allier une bienveillance et une sollicitude pour ses ouvriers qui lui avaient attiré toutes les sympathies et lui ont valu, ces jours derniers, un touchant témoignage de leur gratitude. M. Detry, nommé directeur gérant à la glacerie d'Auvelais, et sur le point de transférer sa résidence dans cette commune, a reçu, lundi, une nombreuse députation d'ouvriers des verreries de Roux, chargée de lui exprimer au nom de tous le sincère et vif regret qu'excitait son départ.
Comme gage de leur affection, ils l'ont prié d'accepter un cadeau destiné à perpétuer le souvenir des excellents rapports qui n'avaient cessé de régner entre eux et lui depuis qu'il avait été chargé de diriger leurs pénibles travaux. M. Detry s'est montré très sensible à cette marque toute spontanée de la reconnaissance de ses ouvriers. Il leur a dit combien étaient réciproques les regrets de la séparation et avec quel soin religieux il conserverait toute sa vie le précieux souvenir qu'ils avaient bien voulu lui offrir et qu'il acceptait de tout coeur. C'est naturellement le champagne qui a clôturé cette petite cérémonie dont le principal intérêt réside dans la moralité qui s'en dégage : il est possible à un directeur de montrer à la foi une grande fermeté, une grande exigence pour tout ce qui regarde le devoir et une discipline nécessaire, et d'être en même temps considéré par ses ouvriers comme un père plutôt que comme un exploiteur, comme un ami plutôt que comme un maître ».
Jules Detry dit Detry-Bonehill, ingénieur et directeur gérant de la Manufacture de Glaces de et à Auvelais, prend part avec Octave Houtart, administrateur délégué de la Société anonyme des glaceries du Hainaut, Joseph Danly, administrateur délégué de la Société anonyme des Glaces d’Auvelais à Aiseau, Henroz, directeur-gérant de la Compagnie de Floreffe (Glaces et produits chimiques), Léon Houtart, maître de verreries (vitres et bouteilles), membre de la Chambre des Représentants à La Louvière, et Alfred Solvay (Firme A. Solvay and cie), fabricant de produits chimiques, conseiller provincial et communal à Couillet, au Comité des Fabricants de Glaces, de gobeleteries, de bouteilles et de Produits chimiques constitué le 28 janvier 1878, dont il devient membre.
Jules fait partie en 1880 avec d’autres maîtres verriers du pays dont Henri Henroz à Floreffe et Monsieur Monseu à Roux de l’Agence générale de vente des Glaceries belges qui regroupe cinq entreprises et a établi son siège rue Jéricho 7 à Bruxelles. Il est rappelé qu’ils sont à même de fournir toutes espèces de glaces, et que ces sociétés ont reçu des récompenses aux Expositions nationales et internationales de Bruxelles, Paris, Londres, Amsterdam, Vienne et Philadelphie. Lors de l’Exposition universelle d’Anvers de 1885, qui se déroule du 2 mai au 2 novembre, quatre sociétés de verrerie s’associent : la Société Sainte Marie d’Oignies qui a pour directeur M. Bernard, la Compagnie de Floreffe avec à sa tête M. Henroz, les Glaces et Verrerie du Hainaut et de Roux dirigées par M. Monseu, et la Société des Glaces d’Auvelais dirigée par Jules Detry. Leur but ? Réaliser un immense aquarium monté sur les lieux de l’exposition, édifié sur des assises en briques de Rupel. Les fondations ont été creusées jusque 3m50 de profondeur pour rencontrer un terrain présentant de suffisantes garanties de résistance. En 1890, Jules Detry fait paraître des annonces en français, en anglais et en espagnol dans lesquelles il précise que l’on peut se procurer à la Société anonyme des glaces d’Auvelais, « des glaces brutes de toute épaisseur pour toitures, dallages, des glaces polies en blanc de toute épaisseur pour miroiterie, grandes vitrines, des glaces étamées, argentées, biseautées, gravées. Des plaques pour hublots etc. Exportation ».
En 1880, Edouard Bonehill père décède et une grande foule assiste à ses funérailles au cours desquelles divers discours sont prononcés rappelant les mérites du défunt. Le premier est prononcé par M. Josse Goffin, maître de forges à Clabecq, le second par M. Charles Dupret, maître de forges à Marcinelle et président de l'Association des maîtres de forges de Charleroi, et le troisième par M. Joseph Danly, industriel à Auvelais. On y parle de « cette mort inopinée d'Edouard Bonehill, qui a profondément ému le monde industriel. Le nom de Bonehill est étroitement lié à l'industrie de notre bassin, aussi aucun de nos industriels ne manquaient-ils dans l'assistance, parmi laquelle on remarquait également toutes les notabilités politiques, commerciales et financières du pays ». Succédant à son beau-père comme administrateur de la Société des Glaces d'Auvelais dont ce dernier a été fondateur, Jules y exerce aussi la fonction de directeur-gérant, et c'est lui qui a la charge de convoquer les assemblées générales et d'informer les actionnaires du paiement des coupons qui s'effectue soit à la banque Danly et Cie à Tamines, soit à la banque namuroise de A. de Lhonneux, soit encore à la nouvelle banque de l'Union à Bruxelles.
Fidèle à l'Université de Liège où il a fait ses études, et membre de la section de Charleroi de l'Association des ingénieurs sortis de l'École de Liège, Jules Detry est notamment présent à la réunion de travail du 18 juillet 1881 et, avec son frère Adolphe, à l'Assemblée générale à Liège en 1882. Comme ses frères, Jules, libéral convaincu même s'il a bénéficié d'une éducation chrétienne, encourage, entre 1879 et 1884, l'enseignement officiel au coeur de la guerre scolaire. Il s'engage politiquement comme candidat conseiller provincial pour Namur « au milieu des applaudissements unanimes » de l'Association libérale du canton de Fosses, avec ses cousins Stalon et Franceschini, et ce pour les élections provinciales du 22 mai 1882 pour le canton de Fosses qui dispose d'un siège. Il obtient le 4e score avec 652 voix chez les libéraux après M. Bodart-Hicguet (673 voix), son cousin Jules Franceschini descendant de Marie-Rose de Try (1733-1809) (662 voix) et Henri Henroz (657 voix), mais les catholiques l'emportent et il n'est pas élu. En 1886, à nouveau candidat, il remporte 1333 voix et se classe en troisième position chez les libéraux mais là aussi n'a pas la chance d'être élu.
L'on sait que la crise philosophique est alors profonde et que les querelles entre les deux camps entraînent des excès de part et d'autre. Une « anecdote » qui lui est relative offre de quoi alimenter les colonnes du très sérieux journal L'Echo du Parlement à propos de l'enquête scolaire en cours. On peut y lire : « Une ménagère de Jemeppe-sur-Sambre, l'épouse Thomas, dépose en larmes : « j'ai une petite fille qui va à l'école communale. Monsieur le curé voulait qu'elle allât deux fois par jour au catéchisme pour être admise à la première communion. Je suis allée le trouver et lui ai demandé s'il y avait quelque chose de changé dans le catéchisme. Il m'a répondu que oui, et que c'était pour ce motif qu'elle devait venir le matin et l'après-midi au catéchisme. Je lui ai répondu que ma fille n'irait pas. Il m'a alors répliqué qu'elle ne ferait pas sa première communion. Je lui ai répondu que s'il en était ainsi, elle ne la ferait pas.
Alors il m'a parlé de M. Detry, directeur de la fabrique de glaces d'Auvelais, chez qui mon mari est employé. Il m'a dit que c'était un homme qui favorise l'enseignement officiel, un homme de rien, un homme de mauvaise vie. Pauvre Madame Detry, a-t-il ajouté, elle a bien du malheur d'être mariée à un homme pareil. J'ai répété cela à mon mari, qui l'a répété à M. Detry. M. Detry a dit alors un jour à mon mari que j'avais calomnié M. le curé. Que M. le curé avait dit au contraire qu'il était un homme honorable. Mon mari est rentré tout fâché m'en faire des reproches. Je me suis immédiatement rendue chez M. le curé et je lui ai demandé si tel jour, à telle heure, il ne m'a pas dit ce que j'ai rapporté à M. Detry. A plusieurs reprises, il m'a dit « vous avez menti ». Je lui ai demandé s'il serait homme à lever le doigt en justice comme moi, qu'il ne m'avait pas dit cela. Sur quoi, il m'a dit que j'aille à la porte, que j'étais une mauvaise femme, une femme de mauvaise vie. Cependant, après cela, ma petite a fait sa première communion sans difficulté ».
En 1885, Jules Detry est consulté par le ministère des Travaux publics à propos du nettoyage des chaudières telles celles de la glacerie. Il est signalé que « le poids de soude consommé est de 960 grammes soit une dépense de o, 34 francs par cheval-vapeur et par mois. Le degré hydrotimétrique de l'eau est ramené de 25 à 6 ou 7 unités, l'évacuation des dépôts est complète et comme l'a déclaré M. Detry, directeur de la fabrique, depuis l'application du procédé mixte, les chaudières ne doivent plus être nettoyées ». Administrateur du charbonnage du Maugrétout, il est nommé en 1887 séquestre judiciaire. Toujours soucieux d'amélioration, Jules Detry est considéré comme inventeur d'une forme de polissage largement reconnue. Dans sa publication sur les verreries parue à Paris en 1903, Jules Henrivaux précise en effet « en 1888-89, M. Detry, directeur de la glacerie d'Auvelais installa des plates-formes à polir construites par M. Malevez, qui donnèrent bientôt les meilleurs résultats, et qui se répandirent rapidement en Belgique, en France, en Allemagne, en Italie, en Angleterre ». Tous ces équipements sont évidemment coûteux et c'est une augmentation de capital jusqu'à concurrence de cinq cent mille francs en vue de l'agrandissement de l'usine, qui est votée lors de l'assemblée générale extraordinaire convoquée par Jules Detry, en mai 1888. Ces projets industriels de premier plan font toutefois suite aux terribles mouvements sociaux de l'année 1886 au cours de laquelle une fusillade sur des grévistes à Roux le 29 mars cause la mort de douze personnes, et le sac de plusieurs établissements industriels. Les cousins de Jules Detry, les Lambert descendants de Marie-Valentine de Try (vers 1748-avant 1801), maîtres de verrerie ne sont alors pas épargnés.
À la suite de ces tragiques événements a lieu à Auvelais le 7 septembre 1886 la réunion de la section C de la Commission du Travail, dont les membres du bureau sont notamment le baron Ernest Fallon, député permanent de Namur, le baron Guillaume de Giey et Louis Gochet, les conseillers provinciaux pour le canton de Fosses, et Ernest Mélot, époux de Maria Capelle (voir descendances féminines), sénateur et représentant de Namur, et par ailleurs cousin par alliance de Jules Detry. Les circonstances dans lesquelles se déroule cette assemblée pourrait prêter à sourire si le sujet, social, n'était assez dramatique. En effet, la réunion débute dans un contexte où « la physionomie de la grande salle communale où siège la Commission est absolument typique », relève la presse. « Les houilleurs sont là, massés à environ 1500, debout, assis, accroupis, dans la salle, sur les fenêtres, sur le palier, l'escalier et sur la place. Tout est bondé et la Commission est emprisonnée et étouffée par la foule, qui est d'ailleurs fort calme. A peine la séance a-t-elle commencé que deux hommes se précipitent vers le bureau : descendez vite, disent-ils, le plancher s'effondre, les poutres vont céder. L'avalanche descend les escaliers, on transporte sur la place publique tables, chaises, bancs et le reste, tous s'y emploient, et bientôt, la séance recommence en plein air. Mais ce n'est pas fini, voilà que le soleil se met de la partie et vient darder ses rayons cuisants sur la Commission : nouveau déménagement et transport du mobilier à l'ombre protectrice du pignon d'une grange ». On se croirait dans un opéra-comique. Sauf que le sujet ne l'est guère.... Quarante témoins viennent déposer sur les conditions de vie des ouvriers et la situation économique du moment, et les revendications sont larges et multiples.
Témoignent alors « plusieurs patrons qui ont fait des dépositions très dignes d'intérêt » dont M. Bayot, maître de carrière à Biesmes, qui évoque les difficultés du Libre-échange avec l'Allemagne et la France et les conditions de travail dans son entreprise de vente de marbre, et Jules Detry qui signale que « les manoeuvres gagnent chez lui 2, 25 francs par jour, les ouvriers de toutes sortes, de 3 à 3, 75 francs. Le prix de vente a baissé de 5 francs au mètre, tant à cause de l'excès de production à l'intérieur que des droits prohibitifs établis à l'entrée par la Russie ». En février 1890, divers aménagements apportés par Jules à la Glacerie d'Auvelais sont inaugurés au cours d'un rassemblement dont la presse se fait l'écho : « une manifestation tout intime réunissait, samedi dernier, le personnel de la Société anonyme des glaces d'Auvelais, chez son directeur-gérant, M. Jules Detry. L'achèvement complet des magnifiques installations de cette Société, qui est placée aujourd'hui au premier rang des installations similaires de notre pays, a fourni au personnel de cet important établissement l'occasion, depuis longtemps, attendue, de prouver à son directeur, l'estime qu'il lui inspirait, en même temps que l'affection dont il était entouré.
M. Bernimolin, secrétaire de la Société, a, au nom de ses collègues, félicité M. Detry pour les brillants résultats auxquels il a su arriver si rapidement, grâce à l'initiative dont il est si généreusement doué et à l'activité qu'il a su imprimer à ces importants travaux ; un superbe bronze d'art lui a été présenté comme gage de la reconnaissance et de l'attachement de tout le personnel, en même temps que d'élégantes corbeilles de fleurs étaient offertes à Madame et Mademoiselle Detry. L'honorable directeur, très ému en même temps que très heureux de cette manifestation, a remercié, en excellents termes, ses employés de cette marque de sympathie, en reportant sur eux tous, la meilleure part des éloges qui lui étaient décernés ; il va sans dire qu'une magnifique réception s'en est suivie, que le champagne a généreusement coulé et que cette véritable fête de famille s'est terminée à la satisfaction de tous. Nous nous joignons aux organisateurs pour présenter à M. Detry, qui jouit dans notre commune d'une considération si méritée, nos plus sincères félicitations ». En été, il songe alors à prendre un peu de recul en rejoignant Ostende où il a coutume d'aller comme son frère Louis-Philippe. En juillet 1890, il est au Grand Hôtel Fontaine dont la cour d'honneur ornée de fontaine, statues à l'antique, palmiers et plantes rares offre un mobilier de jardin confortable pour y prendre le thé. Cette année-là aussi, il est repris avec son cousin Léon Detry, industriel à Gembloux, sur la liste des « Commerçants de l'arrondissement de Namur formée pour servir à l'élection des membres du Tribunal de commerce ».
En avril 1891, Jules Detry mandate le sieur Bédé, ingénieur conseil en matière de propriété intellectuelle établi rue Philippe le Bon à Bruxelles, en vue de déposer pour lui un brevet d'invention au ministère de l’Agriculture, de l'Industrie et des Travaux publics. Le dépôt se fait le 25 avril au Greffe du Gouvernement provincial du Brabant et le Mémoire descriptif déposé à l'appui et signé par Jules Detry précise qu'il s'agit de « Perfectionnements apportés au mode de chauffage des carcaisses par le gaz ». Il donne les détails suivants : « actuellement, le gaz nécessaire au chauffage de la carcaisse est introduit dans celle-ci par une ouverture unique. L'invention, objet de la présente demande de brevet consiste dans l'emploi pour cette introduction de gaz, d'une plaque perforée grâce à laquelle le gaz pénètre dans la carcaisse à l'état de division extrême et sur une grande surface, ce qui facilite la combustion et donne non seulement une chauffe plus uniforme de la carcaisse mais une consommation moindre de gaz pour une meilleure recuisson des glaces. Tout home compétent connaît les inconvénients inhérents à l'ancienne ouverture unique et est à même d'apprécier les résultats et avantages industriels provenant de la présente invention. Les dessins ci-annexés ont pour but d'illustrer à titre d'exemple une réalisation de la présente invention ». On le voit, Jules Detry n'a de cesse de se consacrer à son industrie, de souhaiter le meilleur de la technique, que ce soit pour le rendement mais aussi pour le confort de tous ceux qui participent à ces aventures industrielles.
Fin de l'année se prépare, un an et demi à l'avance, la participation de certaines sociétés belges à l'Exposition internationale de Chicago, la « Columbian World's Fair » qui se déroule du 1er mai au 30 octobre 1893. Fort des qualités qui lui sont reconnues, Jules Detry est désigné comme membre de la Commission belge créée pour l'occasion sous la présidence de M. Vercruysse, membre de la Chambre des Représentants et industriel à Gand, et aux côtés des grands industriels du moment : les Berryer, Ancion, Duesberg, Greiner, Lonhienne ou Simonis. Cet événement majeur de la fin du XIXe siècle est organisé en vue de fêter le 400e anniversaire de l'arrivée de Christophe Colomb dans le Nouveau Monde. L'exposition, par son ampleur et sa fréquentation, 27 millions de visiteurs, dépasse toutes celles qui ont précédé. 46 pays y participent dont la Belgique et notamment Jules Detry pour les Glaceries d'Auvelais. Les pavillons et constructions mis en place sont pharaoniques, et certains d'entre eux sont construits par Elias Disney et inspirent par la suite son fils, Walt Disney... L'impact de cette foire sur l'industrie, les arts, l'architecture, est colossal et c'est à cette occasion que la première grande roue de l'histoire voit le jour, clin d'oeil surdimensionné à la tour Eiffel, inaugurée, elle, pour l'Exposition universelle de Paris en 1889. Le 9 octobre 1893 la fête de clôture se déroule en plein air et attire 700.000 personnes.
Mais entre-temps, Jules Detry doit faire face à un, puis deux, événements inattendus. Le premier, tient au monde de la concurrence qui est rude, car la main d'oeuvre est de plus en plus difficile à trouver et les revendications sociales de plus en plus contraignantes. La société que dirige et dont est administrateur Jules Detry, engage des ouvriers de fabriques concurrentes à rejoindre la Glacerie d'Auvelais. Et les conséquences ne se font pas attendre... La société des Glaces d'Auvelais est condamnée pour concurrence déloyale envers la Société des Glaces nationales. Sous ce titre, ce cas fait jurisprudence : « Concurrence déloyale. Embauchage d'ouvriers. Est tenue à réparation, du chef de concurrence déloyale, la société qui, à la suite de manoeuvres exercées en son nom par ses agents et dont elle s'est sciemment approprié le bénéfice, a embauché un certain nombre des ouvriers d'une autre société rivale, en les engageant à violer les contrats qui les lient envers cette dernière et en leur promettant de les garantir des conséquences de cette violation ». Le second événement aurait pu être fatal.
C'est sous ce titre que le très mondain journal parisien « Le Gaulois » signale en effet « qu'un attentat à la dynamite a été commis hier soir, au château de M. Detry, directeur de la Glacerie d'Auvelais, à Jemeppe-sur-Sambre. M. Detry et sa famille se trouvaient dans la salle à manger quand l'explosion s'est produite ; elle a occasionné un bruit formidable que l'on a entendu a plus de dix kilomètres. La cartouche de dynamite était placée sur le rebord d'une fenêtre de cette pièce, tous les meubles ont été complètement brisés. La force de l'explosion a fait effondrer en partie le plafond. Les éclats de verre et le démantèlement des boiseries ont atteint Mme Detry et sa sœur, qui ont été assez sérieusement blessées. M. Detry n'a pas été atteint. L'auteur de cet acte criminel est entré vers huit heures du soir dans la propriété de M. Detry, pour aller placer la cartouche sur la façade du château, éclairée par la lumière électrique ; le directeur de la glacerie d'Auvelais se rappelle parfaitement avoir entendu un léger bruit près de la fenêtre, quelques minutes avant l'explosion ». C'est évidemment la stupeur qui est de mise pour tous, car on l'a vu, Jules Detry est un patron aimé, social, et rien ne laissait présager un acte de cette violence.
La « Gazette de Charleroi » qui évoque évidemment l'événement avec force détails signale de son côté : « on se perd en conjectures pour deviner l'auteur de cet attentat odieux. M. Detry est un directeur modèle et aimé de son personnel ouvrier ; il est, on ne peut mieux vu dans sa commune. Le Parquet de Namur composé de MM. Descamps, procureur du Roi et Masy, juge d'instruction, est arrivé sur les lieux, mardi, à midi. Les soupçons ne pèsent sur personne. Le lendemain de l'attentat, mardi matin, M. Detry s'est rendu à l'usine et a été salué avec une sympathie particulière par tous ses ouvriers ». Le Courrier de l'Escaut, de son côté, donne des précisions supplémentaires qui permettent de comprendre que c'est indirectement que Jules Detry est visé. Le quotidien précise en effet que « l'explosif utilisé est une de ces cartouches de dynamite que les ouvriers emploient dans les charbonnages. En 1889, la maison du chef de fabrication Lacroix avait été dynamitée. Quelques jours après ce premier attentat, M. le Directeur Detry avait reçu une lettre anonyme l'avertissant qu'il serait victime du même crime s'il refusait de congédier immédiatement son employé. Cependant la meilleure entente règne dans la glacerie entre chefs et ouvriers. Les salaires sont rémunérateurs et les commandes sont suffisantes pour permettre de continuer la fabrication sans interruption. On suppose donc que le coupable voulait satisfaire des sentiments de vengeance personnelle ». Jules vient alors de rentrer de la Bourse de Charleroi et on imagine la stupeur. La relation de l'attentat fait encore état « que l'explosion fut formidable ; sous le choc, le soubassement de la fenêtre, les persiennes, le châssis, tout vola en éclat et fut brisé (...). La nièce du directeur, une enfant de dix ans, a eu les pieds de sa chaise coupés net et a été précipitée sous la table (...) et « le chien même du château, pris de frayeur, a pris la fuite et n'a pas, jusqu'à présent, été retrouvé ».
Dans les jours qui suivent, il est précisé que le Parquet qui est descendu sur place et que des perquisitions sont faites de maison en maison « où il est remarquable de constater que dans presque chacune d'entre elles se trouve de la dynamite ». Quinze jours plus tard, force est de constater que « malgré les investigations les plus ardues, les auteurs de l'attentat commis chez M. Detry n'ont toujours pas été retrouvés par la Justice et qu'il semble que M. Detry ait reçu une lettre de menace. La fabrique de Glaces d'Auvelais offre une prime de 5.000 francs à qui aidera à les retrouver ». En mars une descente du Parquet a lieu à la suite d’une dénonciation anonyme contre un employé de la Glacerie mais la presse signale ensuite « qu'on ne croyait guère d'ailleurs à la véracité de cette dénonciation. Peut-être l'auteur de cette lâcheté veut-il égarer les recherches de la justice ?». Outre la presse belge, tant francophone que néerlandophone, qui fait écho à cet événement, et celle, française citée, plusieurs journaux autrichiens et même un journal hongrois de langue allemande relate l'événement. A notre connaissance, le mystère n'a jamais été élucidé. Sans doute, comme évoqué par la presse, la vengeance contre le collaborateur que Jules n'a pas licencié ou peut-être l'oeuvre d'un désespéré annonçant les prochaines grèves qui ont lieu en juin de cette année-là et qui ont notamment pour cause la diminution de salaires des ouvriers.
Après avoir représenté la Belgique à Chicago, Jules Detry est à l'Exposition internationale d'Anvers en 1894, où il signale « que l'Agence générale de vente est située rue de Jéricho, 7 à Bruxelles, et que les marchandises qui peuvent être fournies varient de glaces brutes de toute épaisseur pour toitures, dallages, de glaces polies en blanc pour miroiterie et vitrages, de grandes vitrines, de glaces épaisses, minces, étamées, argentées, biseautées, gravées, mais encore de plaques de portes, hublots etc ». Il est en outre précisé que la Société a obtenu des médailles aux Expositions de Paris, Londres, Amsterdam, Vienne, Philadelphie, Sydney et Melbourne. A Anvers aussi la Société est remarquée et distinguée, et à la suite de cette participation, Jules Detry est nommé chevalier de l'ordre de Léopold. Entre-temps, il doit faire face, comme le titrent les journaux « à un terrible incendie » à l'usine. En effet, « la commune d'Auvelais a été mise en émoi, hier, par un terrible incendie qui s'est déclaré, dans les établissements de la manufacture de glaces placée sous la direction de M. Detry. Le feu, qui avait pris naissance dans les locaux où se font les emballages, s'est rapidement communiqué aux magasins des verres finis. Il avait été aperçu par quelques habitants qui donnèrent aussitôt l'alarme ; mais alors déjà, il sévissait avec une telle violence qu'il semblait impossible de le circonscrire. Des secours furent organisés et les autorités communales arrivèrent sur les lieux. Les dégâts sont fort importants. D'après une estimation très sommaire, ils dépasseront de beaucoup une centaine de mille francs. Il est en tout cas certain que plusieurs centaines d'ouvriers resteront ans ouvrage durant plusieurs mois ».
Mais il en faut plus à l'ingénieur et à l'industriel actif pour se laisser abattre. Les plaies sont pansées, les commandes redémarrent et malgré ces préoccupations, Jules continue à s'intéresser de près à la politique. Le 18 janvier 1899, il est présent à l'invitation du Cercle démocratique à une conférence au salon Wartique, du député progressiste Gillard, de Namur. Ce dernier expose la politique du moment et développe dans les grandes lignes le programme progressiste. Il « flétrit la majorité cléricale à laquelle il reproche la ruine de l'enseignement officiel, le gaspillage de l'argent des contribuables par l'adoption de l'école de huit nonnettes qui grossissent tous les ans la caisse de la maison-mère de Champion ». Il préconise le système de la nation armée plutôt que de l'indigne loterie du tirage au sort, et se prononce vivement pour le suffrage universel pur et simple (...). » De longs et enthousiastes applaudissements prouvèrent à l'orateur combien ses paroles étaient l'expression des sentiments de l'auditoire. Par un brusque retour vers le passé, M. Gillard évoque en termes émus la mémoire de Marnix de Sainte-Aldegonde, le vaillant défenseur de la liberté de conscience, au pied de la statue duquel libres-penseurs, libéraux et socialistes, en un mot tous les anti-cléricaux, ont déposé dimanche à Bruxelles, des fleurs et des couronnes, à l'occasion du 300e anniversaire du Compromis des nobles (...). Au nom de « Le cléricalisme, voilà l'ennemi », célèbre à Gambetta, un tonnerre d'applaudissements retentit ».
De cette fin du XIXe siècle doit dater un grand portrait photographique au format 80/70 cm de Jules Detry le représentant à sa table de travail en intellectuel et industriel établi. Le coude posé sur des livres, il tient en main un document non identifiable, dans une attitude songeuse sur fond de décor de lambris, probablement ceux de la bibliothèque du château d'Auvelais. La chevelure romanesque de ses jeunes années a laissé place à une brosse soignée mais le regard est toujours vif et empreint d'intelligence. La Glacerie d'Auvelais dirigée par Jules poursuit son activité mais la presse relate « que le résultat financier de l'année 1898-1899 a été inférieur au précédent. La production s'est maintenue dans les limites précédentes, 135.000 à 140.000 mètres carrés, mais le prix de revient a été un peu plus élevé par suite d'une hausse des salaires et le prix de vente moyen a subi une réduction de 1 franc 17 au mètre carré.
De plus, Auvelais a souffert comme les usines similaires de l'exode des ouvriers spécialisés. Cette émigration a eu pour conséquence une moins bonne qualité des produits fabriqués. Le dividende est toutefois de 40 francs ». L'Assemblée générale de la Société des Glaces d'Auvelais a lieu le 10 septembre 1901 et il est précisé « que le Conseil s'est principalement attaché à rendre la production de la nouvelle usine plus rémunératrice ; grâce à ces efforts, le prix de revient a pu être réduit de telle sorte que la situation financière est beaucoup meilleure que précédemment. L'ancienne usine de la société a pu être remise en marche récemment ». Mais des modifications importantes sont voulues au niveau du personnel, et Jules Detry qui dirige avec succès la fabrique depuis un près d'un quart de siècle, ne les accepte pas. A l'image des siens, ce n'est point un homme de compromis. Quand il pense qu'il a raison, c'est que les autres ont tort... et la presse relate « qu'à la suite de remaniements apportés dans le personnel technique, M. Detry, administrateur-gérant, qui ne partageait pas la manière de voir du Conseil, a abandonné son poste ».
Quinze jours plus tard, un rapport précise « que la Glacerie, qui manifestait un peu de faiblesse, à la suite de la recrudescence de son exportation aux États-Unis, ne peut manquer de profiter de la hausse du prix des verres à vitres. Si la rupture du syndicat a dévoilé la faiblesse de quelques établissements, elle a servi par contre à mettre en relief la force de résistance de certains autres qui font des bénéfices marquants. On annonce que Saint-Roch d'Auvelais a fait de 11 à 12 cent mille francs de bénéfices et donnera un dividende de 45 francs, mais depuis qu'il a doublé son installation. Son ancien directeur, M. Detry, s'est intéressé dans les Glaces de Courcelles et participe à leur administration. Il a été décidé d'augmenter le capital et d'agrandir les installations pour augmenter la fabrication ». Particulièrement apprécié des siens, Jules Detry est sollicité à plusieurs reprises comme témoins de mariage notamment pour ceux de ses neveux Valère Detry en 1900 qui a entamé une carrière à la Glacerie d'Auvelais, de Paul Squilbeck [1], fils d'Elisa Detry, et de Marcel Detry, docteur en médecine, ces deux derniers en 1907. Membre de la Société des délégués des Glaceries belges, Jules Detry assiste aux réunions qui sont organisées, et où sont présents MM. Despret et Misonne pour les glaceries de Floreffe, Robert et Philippot pour celles de Moustier, Franz Houtart pour la Glacerie d'Oignies, MM Leclerc et Henin, pour celle de Charleroi, Février et Verlinden représentant les Glaces néerlandaises et Camberousse pour Saint-Gobain.
La séance du 22 janvier 1903 est particulièrement importante car il y est question du refus des Glaceries Nationales d'une fusion générale des Glaceries. Les délégués des différents conseils d'administration autour de la table, dont Jules Detry pour Auvelais en tant qu'administrateur ce qu'il était aussi et non plus directeur gérant, déclarent à l'unanimité qu'ils sont favorables au projet de fusion et prêts à se soumettre à une assemblée générale extraordinaire de leurs sociétés respectives. Toutefois eu égard à l'absence de volonté des Glaceries nationales de vouloir examiner ce projet, la convocation d'assemblées générales parait prématurée. Ils précisent que « regrettant l'attitude du Conseil des Glaces Nationales si préjudiciable à l'intérêt de tous les porteurs d'actions de glaceries, elle émet le voeu de voir la question de la fusion retenir l'attention de tous les capitalistes intéressés dans l'industrie des glaces ».
En 1905 encore, Jules Detry est un des conférenciers retenus pour la « Journée libérale du 7 mai », au salon Wartique à Auvelais. La même année, lors de l'Exposition Universelle et Internationale de Liège, la Belgique s'enorgueillit encore de posséder « sept fabriques de glaces, dont cinq dans la province de Hainaut et deux dans celle de Namur. Elles peuvent produire annuellement environ 1 1/2 million de mètres carrés. Les neuf dixièmes des glaces fabriquées sont expédiées à l'étranger, principalement en Angleterre, en Hollande, aux États-Unis, en France, en Allemagne, en Autriche, en Australie, en Suisse, dans l'Amérique latine ». Le 15 octobre 1912, lors de l'Assemblée générale ordinaire des actionnaires de la Société des Glaces d'Auvelais, le rapport établit que « la situation du marché des glaces a été moins satisfaisante et que la Convention internationale des Glaceries a été amenée à augmenter le nombre des jours de chômage, qui s'est élevé à 142 contre 109 en 1910-1911 » (...).
Les frais de main d'oeuvre et de transport ont connu une notable augmentation (...). Les résultats de l'exercice ont donc été influencés défavorablement, mais le Conseil déclare que la situation actuelle permet d'envisager l'avenir avec confiance. Le bilan présente un bénéfice brut de 1.434.690, 41 francs ». Il est encore précisé « qu'à l'unanimité, MM. Jules et Gaston Detry, respectivement administrateur et commissaire sortants, sont réélus ». Agé de soixante-six ans en 1912, on pourrait penser que Jules Detry prenne ses distances avec les affaires professionnelles. Il n'en est rien et il est toujours bien qualifié « d'industriel à Bruxelles » lorsqu'il se lance dans une nouvelle aventure en tant qu'administrateur de » L'Union Continentale Commerciale des Glaceries ». Fondée le 26 décembre devant Maître Edouard Van Halteren, notaire à Bruxelles, cette société anonyme a pour objet « le commerce, par achat et vente, directement ou à titre d'intermédiaire ou par toutes combinaisons d'ententes, d'accords ou autres, des glaces, dalles, verres de toutes sortes et produits similaires, ainsi que de tout produit ou sous-produit en dérivant, ou matières premières s'y rattachant d'une façon quelconque ». Le capital est de 2.000.000 de francs, représenté par 4000 actions de 500 francs chacune.
Elle sont souscrites entre autres par la Société Anonyme des Glaces d'Auvelais, mais aussi par les Sociétés de Glaces de Roux, Moustier-sur-Sambre, Floreffe, Saint-Gobain, Aiseau et Aniche en France, mais encore par les « Compagnies Réunies des Glaces et Verres spéciaux du Nord de la France », de la Société « Glassund Spiegel Manufactur » à Gelsenkirchen-Shalke, de la Société Anonyme « des Glaceries et Charbonnages de Bohème », de la « Nouvelle Société des Glaceries Néerlandaises », de la « Société Lambotte et Cie » à Herzogenrath, près d'Aix-la-Chapelle, et de la Société « Rheinische Spiegelglasfabriek » à Eckam, près de Ratingen. Si le conseil d'administration n'est composé que de cinq administrateurs dont Jules Detry, dix-sept commissaires sont nommés parmi lesquels Frédéric Drion et Oscar Misonne.
La période qui s'annonce, veille de la Première Guerre mondiale, anéantit bien des projets. Indiscutablement, Jules Detry a connu les belles années des verreries belges, certes marquées par des mouvements sociaux importants, mais aussi et avant tout par l'éclosion de prouesses techniques, de l'essor industriel, de la fierté nationale. Si en 1913, la Belgique exporte encore 201.561 tonnes de verre, en 1934 c'est quarante pourcents de moins. En 1921, 20.509 ouvriers assurés travaillent dans ce secteur et plus que 13.672 en 1935. La problématique des fusions reste entière jusqu'à nos jours et ne cesse de faire couler de l'encre que l'on soit pour ou que l'on soit contre. Installé à Bruxelles dès avant 1907 dans une demeure de la rue Froissart, non loin du quartier Léopold alors à la mode, il y décède en 1919 et ses funérailles civiles ont lieu, selon sa volonté, dans l'intimité. Il est inhumé dans un caveau toujours subsistant au cimetière de Bruxelles à Evere. Quinze ans après sa mort, son souvenir semble encore présent dans l'industrie verrière car lors du décès de Jules Philippot, administrateur de la Glacerie de Moustier-sur-Sambre, le journaliste qui relate les funérailles précise : « avec Jules Detry et Joseph Danly et, plus tard, Jules Henin et Arthur Limelette, il fut un des grands animateurs de l'Industrie des Glaces en Belgique ». Emma Detry survit à son époux vingt ans, entourée depuis son mariage, de l'affection et des soins attentifs de sa belle-sœur, Lydie Detry senior, célibataire, à laquelle succède sa nièce, Lydie Detry junior, elle aussi célibataire.
Jules DETRY et Emma BONEHILL ont deux enfants :
Gaston DETRY, rentier, propriétaire d'un hôtel particulier 314 avenue de Messidor à Uccle et de la Villa « Les Pingouins » sur la digue de mer au Zoute, administrateur et commissaire de la SA des Glaces d'Auvelais, °né au château de Roux le 7 septembre 1877,décédé à Uccle le 14 juin 1947, y épouse le 8 novembre 1902 Hélène-M.-HUBERTY, née à Schaerbeek le 19 janvier 1878, décédée à Ixelles le 15 septembre 1942, fille d’Eugène-J., colonel de Place, chevalier de l’Ordre de Léopold, croix militaire de 1ère classe, médaille commémorative du règne de S. M. Léopold II, et de Marie-Anne-Hélène Dupierry, dont desc. éteinte en la personne du chanoine Jules Detry (1905-1980).
Nestor Detry, rentier, propriétaire d'un hôtel particulier subsistant au 155 Avenue Longchamps devenue Avenue Churchill à Uccle, membre de l’Aero Club Royal de Belgique (1927), né au château de Roux le 7 septembre 1877, décédé à Bruxelles le 18 août 1936, époux à Saint-Gilles le 9 septembre 1905 Marie-Amélie-Célestine KIES, née à Maestricht le 15 décembre 1871, décédée à Uccle le 26 juin 1949, fille de Gilles, propriétaire à Maastricht, et d'Amélie-Anne-Célestine Knapen.
Si son portrait photographique réalisé vers 1905 dans l'atelier de Photographie d'Art de G. Hamesse installé avenue Louise, représente Nestor Detry, en parfait gentleman, à la moustache soignée, au col impeccable et au lorgnon ajusté, le cliché pris le jour de son mariage est touchant à plus d'un égard. Le couple est photographié chez Ferdinand Buyle dont les studios d'Anvers et Bruxelles sont courus par toute la bonne société, et la pose délicate, attentionnée et amoureuse de la mariée, est inhabituelle et peu conforme aux tendances strictes et distantes de l'époque. On constatera néanmoins par la suite que la vie du couple sera moins idyllique. [2] Leur mariage se fait en présence d'Isidore Vermeulen, propriétaire à Saint-Gilles, âgé de soixante ans, beau-frère de l'épouse, Jules Ingenbleek, attaché au cabinet du Prince Albert, 29 ans à Etterbeek, Jacques Boonen, bibliothécaire adjoint à la Chambre des Représentants, 29 ans, à Bruxelles et Simon-Pierre Dhavelooze, employé, 55 ans, à Saint-Gilles.
Leurs conventions matrimoniales stipulent qu'ils choisissent la communauté réduite aux acquêts. Après divers déménagements, Nestor et Célestine Detry achètent après la Première Guerre mondiale, une jolie propriété, initialement dotée d'un parc avec écuries, garages, serre et un terrain de tennis pour une superficie de près de 38 ares, située au coin de l'avenue Churchill, alors avenue Longchamp, et de la rue Edith Cavell, à Uccle ; elle est connue de la plupart pour avoir abrité bien plus tard l'EFAP, école supérieure privée. Nestor Detry acquiert cette demeure de Jean-Hubert Biermans-Lapôtre, qui fait fortune dans la fabrication de pâte à papier et lègue la somme considérable de 15 millions de francs or pour la construction à Paris, au travers d'une fondation portant son nom, d'une résidence universitaire qui abrite prioritairement des étudiants belges et luxembourgeois.
Les voitures sont une passion pour Nestor Detry qui, de Cadillac en Cadillac, rythme ses activités mondaines. En 1927 toutefois, un accident de voiture vient ternir cette joie. Il a lieu à Malines et la presse relate que « le petit Guillaume en est la malheureuse victime. Le petit garçon qui habite sur la chaussée de Tervuren, et se rend à l'école sur la chaussée de Bruxelles, sortait, vendredi après-midi de l'école avec un de ses camarades de jeu, tous deux étant grimpés à l'arrière d'un haquet qui roulait en direction de Bruxelles. A proximité du viaduc, le petit garçon doit être tombé du véhicule ou en avoir été poussé suite à un mouvement imprudent de son copain. Un malheureux hasard voulut, qu'à peine l'enfant était-il tombé, qu'arrivait, de Bruxelles, avec une certaine vitesse la voiture de Monsieur Nestor Detry. L'enfant fut touché aux jambes et immédiatement, le docteur Lambrechts a été appelé pour les premiers soins ; il ne put pas faire grand-chose et fit transporter le petit malheureux vers la clinique Sainte-Elisabeth, rue de Stassart. Ce fut avec la voiture de Monsieur Detry qui habite dans l'avenue Longchamp à Uccle que la jeune victime fut amenée à la clinique pour des soins ».
Passionné par l'automobile, il participe à des concours d'élégance et le 14 juillet 1929 c'est à Ostende qu'il est où se clôture la semaine automobile marquée par un grand corso fleuri, précédé de la remise des récompenses aux vainqueurs du concours d'élégance. La presse relate « qu'une estrade avait été dressée devant la terrasse du Kursaal sur laquelle avaient pris place le comité et quelques dames. A 3 heures 30, commença le défilé des voitures, au nombre de 143, représentant ce qu'il y a de plus beau, de plus luxueux dans le domaine de la carrosserie. A maintes reprises, le public, qui se pressait sur la digue, applaudit frénétiquement ». Les deux premiers lauréats sont MM. de Cooman, sur Minerva 32 CV et Ch. Helbig de Balzac sur Isotta 45CV et, fort honorablement classé à la 5e place, se trouve Nestor Detry sur Cadillac 42CV. Décidément voué aux accidents de son chauffeur, La « Dernière Heure » signale dans son édition du 7 septembre 1930 sous le titre « Violente collision » que : « rue de Bruxelles à Namur, le chauffeur d'auto, Modeste Pauwels, au service de M. Nestor Detry, d'Uccle, arrivait rue Saint-Jacques. En voulant dépasser un véhicule à l'arrêt, il se trouva brusquement en présence d'une autre auto avec laquelle il entra en collision. Il n'y a pas de blessés mais les dégâts matériels sont importants ».
Les vacances se passent à la mer notamment et les deux fils de Nestor et Célestine, Paul et Pierre Detry bénéficient d'une éducation soignée, avec un précepteur privé en Belgique et en Suisse, et axée sur le sport également. Très doués en tennis, tennis de table et hockey, ils participent à divers tournois régulièrement évoqués dans la presse que ce soit Paul qui bat Mathys en simple Messieurs lors du Tournoi du « Primerose Tennis Club » de Schaerbeek en 1927, ou qui se classe au « Tom Thumb's Tennis Table Club » en 1932 et 1933. La même année, les « Frères Detry, de Bruxelles » et « MM. Carton et Bribosia, de Verviers », rencontrent un succès formidable au Cercle de tennis de table Saint-Sauveur placé sous la présidence de Jean de Leu de Cécil, et ce en vue des championnats du monde de tennis de table. Mêmes performances au Cercle « La Raquette » où un tournoi américain open est organisé au Panthéon. Paul Detry y remporte trois victoires et est premier au classement final, la presse titrant « Paul Detry vainqueur à « La Raquette ».
A la même époque Pierre Detry est classé série A en tennis de table et prend part aux matchs de première division de hockey. Il joue successivement sur les terrains du Heysel puis à Schaerbeek et enfin à Boitsfort. Pierre et Paul sont aussi tous deux juges à la première rencontre internationale de tennis de table entre la Belgique et la Hollande. La Belgique en sort vainqueur par 7 victoires à 2. En 1937, Pierre et Paul sont actifs aux tournois de tennis organisés par la Ligue Belge d'Education physique, et l'année suivante à ceux du Baudouin Tennis Club à Dilbeek et de Uccle Sports sous l'arbitrage de M. Pastur. Tous deux restent sportifs et se dévouent pour des récoltes de fonds au travers d'activités diverses, notamment au profit de l'oeuvre des « Enfants de la Patrie » pour laquelle ils organisent une collecte lors de la finale de la coupe Huyoul au local des Caramboleurs B. C. d'Uccle.
Nestor décède à Bruxelles en 1936 et bien que sa vie soit faite de mondanités, ses funérailles ont lieu dans la plus stricte intimité comme le signale l'annonce parue à son décès. Son épouse poursuit une existence brillante et ses déplacements continuent à faire l'objet de relations dans la presse mondaine. Ainsi en 1938, où l'on apprend que « Madame Nestor Detry est de retour à Bruxelles, de même que le vicomte et la vicomtesse van Steghem, le consul général de Grèce et Madame Grégoire, la comtesse de Liedekerke Beaufort, le notaire et Madame Louis Ectors ou Madame Vuylsteke-Jadot ; Monsieur et Madame Paul Cousin partent pour Cannes, Monsieur et Madame de Locht pour Trooz, le baron et la baronne de Brouwer pour Villers-Pommeroeul, le lieutenant général de Callataÿ à Spa, la baronne Pauline d'Hoogvorst au château de Crassenstein en Westphalie, la comtessse Wilhemine du Monceau de Bergendal à La Haye et Monsieur et Madame de Laveleye au Zoute ».
Célestine Detry qui s'est séparée de la maison familiale de l'avenue Longchamp réside au 114 avenue Molière à Forest et c'est à cette adresse que son fils Pierre lui donne de ses nouvelles alors qu'il est en séjour en décembre à Arosa. La carte photo le représente avec un ami, et tous deux sont chaussés de patins à glace dans cette station de sports d'hiver suisse située à 1800 mètres d'altitude. Pierre signale à sa mère avoir assisté à une compétition de patinage et y avoir vu le champion d'Allemagne du moment. C'est à Arosa que Thomas Mann, écrivain allemand et lauréat du Prix Nobel de Littérature en 1929, fait un bref séjour lors de son exil en Suisse. Célestine Detry décède à Uccle en 1949 à l'âge de 77 ans après avoir été sérieusement malmenée financièrement par un « homme de confiance » qui gère ses affaires. De leur côté, ses fils, Paul et Pierre Detry mènent leur vie. Le premier tente sa chance au Congo belge et le second, reste très actif à titre de hobby sur le plan sportif. Il est arbitre de hockey sur gazon pour la plupart des clubs bruxellois et ce jusqu'au début des années 1960, transmettant ses talents dans ce domaine à sa descendance.
Nestor DETRY et Célestine KIES sont les parents de Paul (1906-1990) et de Pierre DETRY (1910-1988), dont descendance féminine et du nom.
La château de Roux occupé par M et Mme Jules Detry et où naissent leurs jumeaux Gaston et Nestor en 1877
Flirt de Martine Detry avec un Espagnol de Palma, Serge de Borchgrave et sa fille adoptive Megan dite Minka
Flirt de Minka de Borchgrave, Martine Detry et son flirt, Serge et Minka de Borchgrave, grands amis de Pierre Detry
[1] Paul Squilbeck, fils de Charles et de Elisa Detry (P.-E. Detry, La famille namuroise Detry, autrefois de Try, Namur, 2015, pp. 101-103) épouse Jane Raeymaekers, fille d'un député du Brabant appartenant à une vieille famille de Tirlemont. Les témoins, outre Jules Detry, sont Jean-Baptiste Detry, ingénieur des mines, son oncle, et les frères de la mariée, Victor Raeymaekers, échevin de Halle-Boyenhoven, et Abel Raemaekers, ingénieur agricole, professeur et bibliothécaire-conservateur à l'Institut Agricole de l'État à Gembloux, vie-président du Comité de l'Agriculture à l'Exposition Internationale et Universelle de Gand en 1913 (Catalogue de l'Exposition Internationale et Universelle de Gand en 1913, Bruxelles, 1913, p. 7). L'Indépendance belge, 10 avril 1907.
[2] Sa vie privée est bousculée et il est fort probable qu’une descendance illégitime soit représentée à Namur par la famille Defour. Cette histoire a été contée avec beaucoup de pudeur par Mathieu Defour. M. Defour, Sur l’autre rive vivait l’espoir, Paris, 2024.
La Meuse, 18 octobre, 20 décembre 1866, 20 juillet 1867, 28 juillet, 30 août 1869 ; M. V. Dwelshauvers-Dery, Referendum des ingénieurs, Enquête sur l'Enseignement de la Mécanique, Liège, 1893, p. 134 ; Mémorial du cinquantenaire de l'Association des ingénieurs sortis de l'École de Liège, Liège, 1898, p. 243 (avec photo) ; Le Journal de Charleroi, 30 août 1871 ; La Gazette de Charleroi, 20, 23 juin, 5 décembre 1878, 30 août, 3, 26 septembre 1880. L'Indépendance belge, 30 novembre 1894 ; P.-E. Detry, La famille namuroise Detry, autrefois de Try, Namur, 2015 (avec bibliographie), pp. 148-196 ; 50e anniversaire de la Belgique, Exposition nationale de 1880, catalogue officiel, Industrie, pp. 80-81 ; Congrès industriel et commercial de Liège, Liège, 1881, p. 14 ; Bulletin de la Chambre d’industrie, d’agriculture et de commerce de Charleroi, 1882, pp. XLI, XLIX ; Moniteur belge, 3 septembre 1882, p. 3442 ; Annales des travaux publics de Belgique, tome XLIII, Bruxelles, 1885, p. 286 (où Jules Detry intervient à propos du nettoyage des eaux usées et des appareils débourbeurs) ; Rapports des membres du jury international des récompenses publiés par le Commissariat général du Gouvernement, tome V, Bruxelles, 1886, pp. 104-105 ; Conseil supérieur du Travail, Volume 2, Bruxelles, 1894, p. 20 ; Répertoire du commerce et de l’industrie de la Belgique dédié aux agents diplomatiques et consulaires de Belgique à l’étranger, Bruxelles, 1890, pp. 122, 163, 164 ; Le Soir, La Gazette de Charleroi, 27 juin 1919 ; Moniteur belge, 1920, pp. 2166, 2168 (Gaston et Nestor Detry) ; 21-22 mars 1921 (Jules Detry), p. 2593 ; Le Recueil financier, Bruxelles, Paris, 1926, p. 599 ; La conquête de l’air. Aero Club Royal de Belgique, 1927, p. 437 ; Silicates industriels 1940, p. 100 (décès de Gaston Detry, fils de Jules Detry).